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Poésie

Posts Tagged ‘escalader’

À chaque jour sa technique (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Alain Chayer
    
À chaque jour sa technique

Certains jours sont
à escalader
d’autres à descendre
comme des toboggans
Ne parlons pas
de ceux sur lesquels
il faut tenir
en équilibre

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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Echappés de ma main (Renée-Lise Jonin)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ohara Koson_

Echappés de ma main

J’ai cueilli, embrassé les mots
A travers les prés du sourire.
Des fleurs ? Non , des oiseaux.
Echappés de ma main
Ils ont planté en son creux une plume
Un concert de grelots escalade les arbres

(Renée-Lise Jonin)

Illustration: Ohara Koson

 

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La Musique (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




La Musique

La musique souvent me prend comme une mer!
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J’escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D’un vaisseau qui souffre;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l’immense gouffre
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir!

(Charles Baudelaire)

 

 

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UN NAVIRE A L’ABRI DU VENT CONTRAIRE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Hokusaï
    
UN NAVIRE A L’ABRI DU VENT CONTRAIRE
Sou-Tong-Po

Les voiles tombent lourdement le long du mât, le vent joue de la flûte avec fureur.
De tous côtés, en écumant, les vagues battent le navire ;
on dirait qu’il est posé au milieu d’une grande fleur blanche.

L’ancre, au bout de sa chaîne, descend dans l’eau et s’accroche aux rochers ;
de mille et mille lieues le vent se lance contre elle, et ils luttent ensemble.
On dirait que la mer veut escalader la montagne, pour atteindre le ciel ;
par moments le ciel et la mer paraissent se rejoindre.

Les marins, oisifs, dorment dans le navire, calmes sur l’océan furieux.
Cependant le cœur aussi a ses vents contraires et ses orages.
Lorsque le temps nous permettra de repartir,
j’écrirai ma pensée sur le flanc de la montagne.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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UNE JEUNE FILLE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Kiyoshi Nakajima
    
UNE JEUNE FILLE
Che-King

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu, ne traverse pas mon village ;
ne grimpe pas sur ce saule, cultivé par moi !…
Je ne saurais t’aimer, car je dois craindre et respecter mes parents.

Oh ! je voudrais bien te donner mon cœur, Tchon-Tseu !
Mais les réprimandes de mes parents, n’est-ce pas,
je dois les accueillir avec une crainte respectueuse ?

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu,
n’escalade pas le mur de l’enclos ;
ne fais pas tomber les feuilles du mûrier que j’ai planté.
Je ne saurais t’aimer, car je dois craindre et respecter mes frères aînés.
Il me faut bien, n’est-ce pas, écouter leurs conseils avec déférence ?

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu,
ne brise pas le treillis ;
ne renverse pas mon arbre de santal !…

Je ne saurais t’aimer,
car il faut craindre les hommes et leurs paroles nombreuses.
Oh ! que je voudrais te donner mon cœur, Tchon-Tseu !
Mais les hommes et leurs paroles nombreuses, ne faut-il pas les craindre ?…

(Livre des Vers (Che-King), chant II, section VII.)
(Chants traditionnels, de l’an 2500 à l’an 1000 avant notre ère.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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A contre-courant (Jean-Louis d’Abrigeon)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2018



chatons de saule- [1280x768]

à
contre-courant
les chatons des saules escaladent
le vent de la rivière

(Jean-Louis d’Abrigeon)

Illustration

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LE MOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
LE MOT

Glisse-toi dans les sources du mot
Escalade ses dunes
Voltige avec ses ailes
Joue avec ses pierres
Revêts ses bigarrures
Chante ses harmonies
Danse ses fièvres
Traverse ses déserts
Mange son blé.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Un poil dans l’âme (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Un poil dans l’âme

Il s’est souvent demandé
si sa fatigue

liberté ceci
volonté cela

et maladie
et patata

il n’a toujours pas
trouvé de réponse

trop fatigué

*

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

*

Son cauchemar
bien sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

*

Pour trouver
la sérénité
le fainéant ne fouille pas les poubelles
de ces philosophies
plus ou moins exotiques

Un bon canapé lui suffit
il reste ainsi des heures
vautré
dans son plus beau sourire

tandis que son esprit essaye
un un
tous les coussins de l’absolu

*

Si vraiment l’avenir
appartient à ceux
qui se lèvent tôt

le reste
appartient aux autres

Franchement
l’affaire
le fainéant la trouve
plutôt bonne

*

Des rêves de grandeur
il n’en nourrit
que pour son lit

Pour le reste
il veut bien
vivre en chien de fusil

*

Pour la beauté
c’est différent
Il n’a qu’à se laisser
transporter

*

De la fenêtre de sa chambre
des heures durant
il admire
l’élévation patiente
l’orgueil
la noblesse des arbres

Les arbres

la seule élite
respectable

*

Rien ne sert de courir

Nul besoin de fable
pour en persuader le fainéant

qui ajoute volontiers
rien ne sert de partir
rien ne sert d’arriver
ce pâté de lièvre est excellent

*

Évidemment
il grossit

rajoute chaque jour
un peu de gras

entre le monde et lui

*

Il n’est pas pour autant
pressé de mourir

Le sommeil
à de telles profondeurs
ne le tente pas encore

Nul n’est parfait

*

Faire son marché
suffit à épuiser
son besoin d’aventure

Dans le cabas
son odyssée
pèse moins que la laitue

D’ailleurs sa Pénélope
supporte mal
les attentes prolongées

*

Sa ligne de conduite
n’exige
qu’une géométrie minimale

Pourquoi perdre son temps
le long des droites
des courbes ou des brisées ?

Dormir
est le plus court chemin
d’un point au même point

*

Il s’affale
dans son fauteuil
gauloise
dans une main
verre
dans l’autre

Vingt heures
la télé
l’informe
de la santé
du monde

Écoutez
dans le whisky
le bonheur
fait craquer
les glaçons

(Jean-Michel Robert)

 

 

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Entre les deux (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    
Son cauchemar
bien-sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

(Jean-Michel Robert)

 

Recueil: Un poil dans l’âme
Editions: Table Rase

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HÉLAS ! (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



HÉLAS !

S’égarer avec toute passion jusqu’à ce que mon âme
Soit un luth et que sur ses cordes puissent jouer
Tous les vents, est-ce pour lui que j’ai délaissé
L’antique et dure sagesse, pour lui que je me pâme ?

ll me semble que la vie, la Loi dont je me réclame,
Je ne sais quels gamins en maraude y ont gribouillé
De folles chansons pour leurs pipeaux et
Leurs violes, qui nous en cachent aujourd’hui le
secret sous les gammes.

J’ai connu des heures pourtant où j’aurais
Escaladé des sommets éblouis et du haut du carnage
Su pincer la corde qu’il entendrait.

Est-ce trop tard ? Las ! Je n’ai pu qu’effleurer
De ma baguette l’ombre du mirage
— Que reste-t-il, mon âme, de ton héritage ?

***

HÉLAS !

To drift with every passion till my soul
Is a stringed lute on with all winds can play,
Is it for this that I have given away
Mine ancient wisdom, and austere control ?
Methinks my life is a twice-written scroll
Scrawled over on some boyish holiday
With idle songs for pipe and virelay,
Which do but mar the secret of the whole.
Surely there was a time I might have trod
The sunlit heights, and from life’s dissonance
Struck one clear chord to reach the ears ofGod :
Is that time dead ? to ! with a little rod
I did but touch the honey of romance—
Andmust I lose a soul’s inheritance ?

(Oscar Wilde)

Illustration: Melozzo Da Forli

 

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