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Posts Tagged ‘esclave’

CROQUIS D’OLINDA (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



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CROQUIS D’OLINDA

Entre mer et montagne
la ville établie dans les palmiers et le plaisir de durer.
Tout un commerce amoureux de choses vraies, malgré l’inconvenance de la misère.
Pluie ou soleil, les comités de manguiers délibèrent entourés du respect de tous.
Près du marché aux esclaves
j’ai froissé de l’index la lingerie fine de ton sourire.

(Paol Keineg)

 Illustration

 

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UN CERISIER A FAIT SES FLEURS (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration: Emile Eisman-Semenowsky
    
UN CERISIER A FAIT SES FLEURS

Tu m’as attendu
Comme un précipice attend la cataracte,
Comme, les mains liées, l’esclave attend la lame
Que dans la poitrine va lui planter
Le prêtre de Montezuma,
Comme une forêt attend l’orage
Qui renversera ses arbres,
Comme une plaine l’inondation,
Comme les sarments desséchés l’étincelle,
Comme le printemps la première hirondelle
Qui sillonnera noire ses vallées bleues,
Comme une fenêtre
Attend l’éclosion rouge du géranium.

Tu étais seule,
Ta bouche était brûlante.
Quand je t’ai serrée dans mes bras,
Un cerisier a fait ses fleurs.

(Mihai Beniuc)

 

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LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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LES HISTOIRES DE TANTE SUZANNE

Tante Suzanne a la tête pleine d’histoires.
Tante Suzanne a son coeur tout plein d’histoires.
Les soirs d’été sous la véranda de la façade
Tante Suzanne serre tendrement un enfant brun sur son sein
Et lui raconte des histoires.

Des esclaves noirs
Qui travaillent à la chaleur du soleil,
Des esclaves noirs
Qui marchent dans la rosée des nuits,

Des esclaves noirs
Qui chantent des chants douloureux sur les bords d’un immense fleuve
Se mêlent sans bruit
Dans le flot continu des paroles de la vieille tante Suzanne,
Se mêlent sans bruit
Entre les ombres noires qui traversent et retraversent
Les histoires de tante Suzanne.

Et l’enfant au visage sombre qui écoute
Sait bien que les histoires de tante Suzanne sont de vraies histoires.
Il sait bien que tante Suzanne
N’a jamais tiré d’aucun livre ses histoires,
Mais qu’elles ont surgi
Tout droit de sa propre existence.

Et l’enfant au visage sombre se tient tranquille
Les soir d’été
Quand il écoute les histoires de tante Suzanne.

***

Aunt Sue’s Stories

Aunt Sue has a head full of stories.
Aunt Sue has a whole heart full of stories.
Summer nights on the front porch
Aunt Sue cuddles a brown-faced child in her bosom
And tells him stories.

Black slaves
Working in the hot sun,
And black slaves
Walking in the dewy night,
And black slaves
Singing sorrow songs on the banks of a mighty river
Mingle themselves softly
In the flow of Aunt Sue’s voice,
Mingle themselves softly
In the dark shadows that cross and recross
Aunt Sue’s stories.

And the dark-faced child, listening,
Knows that Aunt Sue’s stories are real stories.
He knows that Aunt Sue never got her stories
Out of any book at all,
But they came
Right out of her own life.

The dark-faced child is quiet
Of a summer night
Listening to Aunt Sue’s stories.

(Langston Hughes)

Illustration

 

 

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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LE DESASTRE (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



Illustration: Taras Chevtchenko
    
LE DESASTRE

Mon cher dieu, le désastre est de retour !
Tout était serein, tout était si calme ;
Nous avions commencé à briser
Nos chaînes d’esclaves.
Tout s’est arrêté ! .. Il a coulé
Le sang du peuple ! Les bandits couronnés
Comme des chiens se battant pour un os,
S’étripent à nouveau.

***

Мій Боже милий, знову лихо!..

Мій Боже милий, знову лихо!..
Було так любо, було тихо;
Ми заходились розкувать
Своїм невольникам кайдани.
Аж гульк !.. Ізнову потекла
Мужицька кров! Кати вінчані,
Мов пси голодні за маслак,
Гризуться знову.

***

O DESASTRE

Meu querido deus, o desastre está de volta!
Tudo era sereno, tudo estava tão calmo;
Nós tínhamos começado a quebrar
Nossas correntes de escravos.
Tudo parou! .. Ele afundou
O sangue do povo! Os bandidos coroados
Como cães lutando por um osso,
Eles estão lutando novamente.

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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Roi de rien (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



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Je ne suis roi de rien, je règne sur le vent,
Sur des chemins perdus, sur des sables mouvants,
Sur d’anciens châteaux-forts et sur des cathédrales
englouties.

Je suis roi d’un soleil qui se meurt comme il peut,
J’ai l’air d’un vieux volcan refroidi peu à peu,
Je crois que ma parade à grands coups de cymbales
est finie.

Je ne suis roi de rien, ma couronne est en bois,
C’est scandaleux bien-sûr, c’est de mauvais aloi,
Je ne suis rien roi de rien mais je suis roi quand même
car je t’aime.

Alors le monde entier peut s’écrouler d’un coup,
J’ai le droit d’être pauvre et le droit d’être fou.
Je suis esclave et roi, je n’ai pas de problèmes
si tu m’aimes.

Je ne suis roi de rien que de mon avenir,
Qui n’est déjà plus rien qu’un désastre à venir,
Et l’intérieur de moi n’est plus qu’un paysage
en délire,

Je ne suis roi de rien, je suis comme un enfant
Qui reconstruit le monde en écoutant le vent.
Il ne me reste plus, je crois, que le courage
de te dire
que je t’aime

Je ne suis roi de rien mais je suis roi quand même
si tu m’aimes
encore un peu …

(Bernard Dimey)

 

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LE FROMENT (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



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LE FROMENT

Las d’être faim, je devins nourriture.
Le créateur est faible de raison.
Pour se mêler à l’atome, à l’étoile,
Il se déchire aux ronces d’exister.

Il se dissout dans ses oeuvres majeures.
Voyez cet homme en ses mots transformé
Qui de vélin sublimant tous ses gestes
Va reculer devant sa vie écrite.

Que d’un seul jour j’en compose cent autres !
Que je me livre aux dents de la durée
Tel un esclave aux lions de l’arène
Pour être un pain plus pur à votre bouche.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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Et L’on N’y Peut Rien (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Et L’on N’y Peut Rien

Comme un fil entre l’autre et l’un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément

Et tout un peu tremble
Et le reste s’éteint
Juste dans nos ventres
Un nœud, une faim

Il fait roi l’esclave
Et peut damner les saints
L’honnête ou le sage
Et l’on n’y peut rien

Et l’on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux

Et tu cherches à la croiser
T’as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l’on n’y peut rien

Il s’invite quand on ne l’attend pas
Quand on y croit, il s’enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C’est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l’amour
Et l’on n’y peut rien

(Jean-Jacques Goldman)

 

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J’ai toujours aimé les êtres originaux (Paul Léautaud)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Agnès Boulloche  7 [1280x768] 

J’ai toujours aimé les êtres originaux, bizarres, chimériques, singuliers.
Ils sont pour moi le sel de la vie, autant qu’en sont l’horreur les gens qui ressemblent à tout le monde.
J’aime leur fantaisie, leur folie.
Je les suis quand je les rencontre dans la rue, je cherche à me renseigner sur eux,
je voudrais les connaître et les fréquenter, je n’ai que dégoût pour ceux qui se retournent et rient sur leur passage.
Ils ont encore pour me plaire qu’ils sont souvent très bons, bien qu’étant toujours très pauvres.
N’est-ce pas curieux, cet assemblage si fréquent de l’originalité et de la bonté,
alors que les gens qui se ressemblent par milliers sont, dans leur médiocrité, en général si égoïstes et si malfaisants ?
Je rattache encore cela à tout ce qui sépare des êtres qui sont libres d’autres qui ne sont que des esclaves.
S’habiller à sa guise, agir et vivre de même, sans souci des sots qui s’étonnent ou qui se moquent,
c’est encore, dans un petit domaine, le signe d’un esprit libre.

(Paul Léautaud)

Illustration: Agnès Boulloche

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Un billet de femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Max Gasparini -   (19) [1280x768]

Un billet de femme

Puisque c’est toi qui veux nouer encore
Notre lien,
Puisque c’est toi dont le regret m’implore,
Ecoute bien :

Les longs serments, rêves trempés de charmes,
Ecrits et lus,
Comme Dieu veut qu’ils soient payés de larmes,
N’en écris plus !

Puisque la plaine après l’ombre ou l’orage
Rit au soleil,
Séchons nos yeux et reprenons courage,
Le front vermeil.

Ta voix, c’est vrai ! Se lève encor chérie
Sur mon chemin ;
Mais ne dis plus :  » A toujours !  » je t’en prie ;
Dis :  » A demain !  »

Nos jours lointains glissés purs et suaves,
Nos jours en fleurs ;
Nos jours blessés dans l’anneau des esclaves,
Pesants de pleurs ;

De ces tableaux dont la raison soupire
Ôtons nos yeux,
Comme l’enfant qui s’oublie et respire,
La vue aux cieux !

Si c’est ainsi qu’une seconde vie
Peut se rouvrir,
Pour s’écouler sous une autre asservie,
Sans trop souffrir,

Par ce billet, parole de mon âme,
Qui va vers toi,
Ce soir, où veille et te rêve une femme,
Viens ! Et prends-moi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Max Gasparini

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