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Poésie

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Qu’attends-tu de la vie trop courte ? (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



 

Qu’attends-tu
de la vie trop courte ?

tu voudrais
simplement
être là
au cœur du monde
écouter le battement
aveugle de ton sang

trouver enfin
les mots
pour dessiner
sur les grandes plages
du silence

cet espace inconnu
qui me hante

(Bernard Mazo)

Illustration: Michael Whelan

 

 

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Beauté des instantanés qui fixent l’image de l’eau jaillissante (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Beauté des instantanés qui fixent l’image de l’eau jaillissante,
fusant hors d’elle-même, rebondissant vers le haut,
comme la gerbe d’écume d’une vague fracassée au bord d’un rocher.
La vague morte engendre ce grand fantôme blanc qui dans un instant ne sera plus.
L’espace d’un déclic, l’eau pesante monte comme une fumée, comme une vapeur, comme une âme.

(Marguerite Yourcenar)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

<a href= »http://arbreaphotos.wordpress.com »>Illustration: ArbreaPhotos</a>

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Le cerisier (Alfred Edward Housman)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



cerisier  [1280x768]

 

Le cerisier, le plus bel arbre maintenant,
Chaque rameau couvert de fleurs
Se lève dans l’allée du bois
A Pâques revêtu de blanc.

Maintenant, du compte de mes années,
Vingt ans ne me reviendront plus
Et si je les ôte à soixante-dix printemps
Il ne m’en reste que cinquante :

Puisque pour voir nature en fleurs
Cinquante années sont peu d’espace,
En direction des bois j’irai
Pour voir le cerisier en neige.

***

Loveliest of trees, the cherry now –
Is hung with bloom along the bough,
And stands about the woodland ride
Wearing white for Eastertide.

Now, of my threescore years arid ten,
Twenty will not come again,
And take from seventy springs a score,
It only Ieaves me fifty more.

And since to look at things in bloom
Fifty springs are little room, ,
About the woodlands I will go
To see the cherry hung with snow.

(Alfred Edward Housman)

Illustration

 

 

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Qui porte mon visage ? (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Qui porte mon visage ?
Est-ce moi ? Est-ce toi ?
Mémoire – tel est ton nom, visage !

Le visage est lourd, le visage est léger
des générations de silence
des gouffres traversés
des rires et des douleurs
le visage ne sait que refléter
la lumière d’un espace inconnu
oublié ou futur
le visage est tout ce qui n’est pas moi
le visage aux sept portes
ouvre sur l’inconnu du monde.

Qui invente mon visage ?
Est-ce toi ? Est-ce moi ?
Visage – tel est ton lieu, mémoire !

L’inatteignable : tel est le visage.
Et comme l’horizon, il brille
presque dénué de sens
nu, premier, natal.

(Alain Suied)

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

 

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La nuit est blanche (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration

    
La nuit est blanche de quelques cailloux
posés sur le fond d’un ruisseau
Les arbres sont soudés à l’espace
seule, une étoile les traverse

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Annie Predal
    

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII)

Adossé à l’ombre comme à un contrefort,
je vois les maisons se noyer dans les fenêtres
et la plaine recommence à faire tourner son disque
entre les bords enfin visibles de l’horizon.

Les paysages sont figés dans la verdure,
loin des villes que je ne peux quitter
parce que mes pas sont inscrits d’avance
dans toutes les rues où ma statue bouge.

Ton regard, trop grand pour l’espace,
fait de moi un être
à la recherche d’un chemin
qui ne va point au-delà de ton corps.

Tu es la seule chose
que je puisse tenir contre moi
et tes yeux d’amour sont uniques
comme le plus beau des couchants de mon enfance.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Richard Mauch
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VI)

Loin des villages caillés, loin des routes
qui courent voir le soleil se lever sur les usines,
nous descendons dans l’été
comme au fond d’une cloche sous-marine.

Avec le coeur remonté jusqu’à la mort,
nous laissons le ciel se souder à nos yeux.
Je tiens ton visage dans ma main ouverte
comme s’il était ma seule richesse.

Ton regard, lourd de cils, est si mince et si long
qu’il est facile à ma vie d’en faire son horizon.
Avec tout le poids de l’espace sur la nuque,
tu viens, d’un seul baiser, te délivrer sur ma bouche.

Il nous faudra des années
pour revoir l’oiseau de clarté
qui se jetait chaque matin dans la vitre
et qu’on retrouvait, tué, le soir en plein miroir.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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N’avilissez pas le Temps! (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Tu as étendu le Temps comme l’Espace
Et distingué Hier de Demain.
Comme un parfum tu as fui ton propre jardin;
Tu as bâti ta prison de tes propres mains.

Notre temps qui n’a ni commencement ni fin
S’épanouit dans le parterre de fleurs de notre esprit.
Connaître ses racines anime le vivant d’une vie nouvelle :
Son être est plus splendide que l’aube.

La vie participe du Temps
et le Temps participe de la Vie :
« N’avilissez pas le Temps! » :
tel est l’ordre du Prophète.

(Mohammad Iqbal)

 

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Pour mon Bien-Aimé (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration: Le Bernin
    
Pour mon Bien-Aimé je n’aurai plus d’âme
– seulement mon amour –
plus d’âme, plus de raison,
mais l’ivresse de mon seul amour.

Je dois, dans mon voyage,
traverser l’univers et franchir l’espace.
Je ne suis qu’un atome,
mais un atome échappé au Trésor.

Je vais.
Chaque pas me rapproche de lui.
Je vais.
Je cours vers lui, le Bien-Aimé.
Quand je le verrai,
quel poids pèsera l’humaine renommée ?
Je suis l’immolé de la cité d’amour.

Younous, donne ton âme en holocauste à l’Ami,
et puisses-tu, du secret,
transmettre l’évidence.

(Younous Emré)

 

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LES DIMENSIONS DU JOUR (XIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2017



 

Illustration
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (XIII)

A tourner entre ces murs gris
que sont tous les visages,
le ciel ne prend sa vraie couleur
qu’au-dessus de ton front.

L’espace se veut plante sans fruits
pour ta bouche qui tient le jour,
pour ton regard qui cherche en moi
quelque chose de plus clair que la lumière.

Les carreaux font les maisons plus larges
avec, à fleur de verre, des têtes
que rien ne peut rattacher aux corps
dont elles ne cessent de dire le nom.

Mais il reste le miracle de ta présence
au milieu des paroles que nous prononçons
pour que l’amour ait la hauteur des montagnes
qui s’ouvrent, chaque matin, sur le soleil nu.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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