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Poésie

Posts Tagged ‘espèce’

La tendresse des poètes (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Non-assistance à poètes en danger

La tendresse des poètes voyage
en baleine bleue autour du monde :
aidez-nous à sauver cette espèce
en voie de disparition.

(René Depestre)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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L’ESPÈCE HUMAINE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    

L’ESPÈCE HUMAINE

L’espèce humaine m’a donné
le droit d’être mortel
le devoir d’être civilisé
la conscience humaine
deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien
le nez au milieu du visage
deux pieds deux mains
le langage
l’espèce humaine m’a donné
mon père et ma mère
peut-être des frères on ne sait
des cousins à pelletées
et des arrière-grands-pères
l’espèce humaine m’a donné
ses trois facultés
le sentiment l’intelligence et la volonté
chaque chose de façon modérée
l’espèce humaine m’a donné
trente-deux dents un coeur un foie
d’autres viscères et dix doigts
l’espèce humaine m’a donné
de quoi se dire satisfait

(Raymond Queneau)

 

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Tu es donc Je suis (Satish Kumar)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017


 



    
Être, c’est appartenir
à un immense réseau de relations.
Et ce réseau ne se limite pas à l’espèce humaine:
il englobe toutes les formes de vie.

Tu es
donc
Je suis

(Satish Kumar)

 

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La Nature (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Amaury Duval
    
La Nature n’a peut-être créé la Beauté,
que pour nous asservir davantage
à la reproduction de l’espèce ?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Un jour certainement viendra (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Titien
    

Un jour certainement viendra
où l’homme ne voudra plus procréer son espèce.

A quoi bon?
Pour prolonger la durée de cette infernale comédie,
pour perpétuellement refaire ce travail de Sisyphe,
remuer toujours cette boue et ce néant?

Jadis on avait Dieu,
et l’espérance de la lumière,
de la vie lumineuse au delà de la mort.

Nous ne sommes plus, d’après la science moderne,
que des animaux parmi les animaux ;
nos passions ne sont que les passions de la brute,
parées de brillants mensonges;
nos éclairs de génie ne sont que des névroses ;
nos prophètes, des hallucinés, et nos religions,
des fantômes créés par nos tristes cerveaux.

L’antique voile est tombé :
pour fin de tout,
c’est la tombe ignoble, la mort sans phrases…

Et il est encore des gens
qui mangent, boivent, dorment,
et engendrent tranquillement !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Visages (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



forme-nuage-visage-femme-2

Visages

Visages
changeants secrets
paysages de chair et de nuages
dont le soleil n’est jamais vu

brusquement
illuminés
ou plongés dans l’ombre

que les yeux sans fin parcourent
ou les lèvres ou les mains
en s’y perdant toujours

et même quand l’être entier s’y abîme
paysages tourmentés cruels
saturés de douceur et de larmes
que traversent des chants des cris
des appels

paysages déserts
couleur d’absence et de nuages
où traînent des reflets
d’une lumière inconnue

lointaine
d’une autre espèce que le visage
juste posée sur cet amer paysage
vraiment venue d’ailleurs

et qui pourtant lui ressemble.

(Jean Mambrino)

 Illustration

 

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Au fond, tout ce que j’écris (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2016



Au fond, tout ce que j’écris,
c’est dans le but de n’avoir, un jour,
plus rien à écrire.
Ne plus être embarrassé par le souci,
l’inquiétude d’avoir à écrire
et me reposer dans le calme,
ou une espèce de joie

(Jean Tortel)

 

 

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Les mots (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Les mots que j’ai élevés
nourris, vêtus, soignés
et lancés dans la langue
ne me reconnaissent plus
Je les soupçonne de nourrir à mon égard
de noirs desseins
Qu’ils aillent au diable !
Je n’aurai qu’à rendre mon tablier
remiser mes outils
me glisser dans la peau de l’animal
le plus proche de ma sensibilité
puis apprendre le cri qui va me distinguer
et me faire comprendre
au sein de ma nouvelle espèce

(Abdellatif Laâbi)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Il n’y avait que des contrefaçons (Christophe Bregaint)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



Il n’y avait que des contrefaçons
Au marché
Des espoirs
De la pire espèce
Certains étaient impropres
A la consolation
Au terme du jour
Tu as croisé l’inespérance
Un luxe
Que tu pouvais te permettre

(Christophe Bregaint)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Il s’agit de retourner en ces lieux (Franco Marcoaldi)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2016



Il s’agit de retourner en ces lieux
où nous ne sommes jamais parvenus. De penser
des pensées si longtemps assoupies
qu’elles sont désormais perdues.
Il s’agit de cueillir avec étonnement
et gratitude les minuscules fleurs des champs,
d’extraire les essences infinies
des espèces communes laissées
sottement languir devant
notre porte. De commencer à vivre,
voilà de quoi il s’agit.

*

Si tratta di tornare da luoghi
dove mai siamo arrivati. Di pensare
pensieri così a lungo sopiti
da essersi ormai inabissati.
Si tratta di cogliere con grata
sorpresa minuscoli fiori di campo,
di estrarre essenze infinite
da specie ordinarie lasciate
stupidamente a languire davanti
alla porta. Di cominciare a vivere,
ecco di cosa si tratta.

(Franco Marcoaldi)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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