Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘esquif’

En descendant le fleuve vers Jiang-ling (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
En descendant le fleuve vers Jiang-ling

Quitter à l’aube la cité de l’Empereur Blanc
aux nuages irisés
Descendre le fleuve jusqu’à Jiang-ling
mille li en un jour
Des deux rives, sur les hautes falaises
sans répit crient les singes
Mais d’une traite, mon esquif brise
dix mille chaînes de montagnes !

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Respiration (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration
    
Respiration

Le vent est ainsi
il ne regarde pas il emporte
Cessez vos simagrées
le vent ne regarde pas
Il ne sert à rien de s’agripper
à la rampe de la mosquée
chaque doigt cédera
ou de croire que vous pourrez rester
dans votre villa cité des Pins
éternellement
Le vent emporte
il ne distingue pas le mort du vivant
l’homme de la femme
la cravate de la semelle
petits tourbillons de poussière
ou bourrasques, tempêtes
sur les esquifs bleus et rouges
dans l’orage qui entrechoque les mondes
ou la vivacité d’un ciel clair

Le vent est magnanime
il fait place nette

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Obscurs (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Obscurs

En nous, pour nous, poète ouvre des portes,
Sois sans bagage autre que béante
Cette ouverture où nous nous engouffrons
Pour inventer nous-mêmes nos issues.

Te traduisant, tu me traduis, mon frère,
En cette langue où tout texte paraît
Celui du temps, de la nature et d’herbes
Par l’écriture adorant leurs racines.

Qui connaissait dans les maisons de l’être
Ces lieux obscurs, ces salles souterraines,
Sinon celui de la plus haute tour
Accomplissant son chemin vertical ?

Je n’étais rien que pauvre silhouette,
Vaine apparence, et je suis l’habitacle
Du monde en moi coulé comme une cire.
Amour au vent, mon esquif et ma voile !

(Robert Sabatier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le printemps à Wuling (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Le printemps à Wuling

Le vent a cessé ; jusqu’à la poussière l’air embaume ;
les arbres ont déjà perdu toutes leurs fleurs.
Le soleil décline à l’horizon ;

je suis trop lasse pour lisser ma chevelure.
Les choses sont là, immuables ;
l’homme ne fait que passer ;
ses entreprises ne sont qu’éphémère illusion.

A peine prononcées, mes paroles sont noyées de larmes.
On me dit que sur la Shuang, un charmant printemps s’éternise.
Aussi, je songe à y mener ma pauvre petite sauterelle.
Mais je crains que ce frêle esquif
ne puisse embarquer un si lourd chagrin.

(Li Qingzhao)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En regardant les esquifs à San Sabba (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



En regardant les esquifs à San Sabba

J’entendis leurs cœurs
Crier vers l’amour
Dans le vol des rames
Et les herbes des
Prairies soupirer :
Ah, ne reviens plus!

O cœurs, soupirs d’herbes,
D’amour éventés
Que vos bannerets
Vainement lamentent!
Le vent fou qui passe
Ne s’en revient plus.

***

Watching the needleboats at San Sabba

I heard their young hearts crying
Loveward above the glancing oar
And heard the prairie grasses sighing:
No more, return no more!

O hearts, O sighing grasses,
Vainly your loveblown bannerets mourn!
No more will the wild wind that passes
Return, no more return.

(James Joyce)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LA FEUILLE DU SAULE (Olga Audousset)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



LA FEUILLE DU SAULE
(IMITÉ DU CHINOIS)

I

Si je sens mon coeur battre en la voyant paraître,
La belle jeune fille assise à sa fenêtre,
Ce n’est pas que je songe à la riche maison
Qu’au bord du Fleuve Jaune elle possède… Non.

Je l’aime, moi, d’avoir cueilli sur une branche
Une feuille de saule, et puis, de sa main blanche
Effleurant le cristal où naissent les roseaux,
De l’avoir confiée à ce cristal des eaux.

II

De la brise de l’est le parfum qui s’exhale
M’apporte un souvenir de la côte natale
Où le pêcher en fleur et le vert oranger
S’étalent au soleil comme un riant verger;

Ce n’est pas le parfum que j’aime dans la brise :
Mais, sur le flot d’azur que mon aviron brise,
Elle a, durant ce jour, poussé d’un souffle vif
L’humble feuille de saule auprès de mon esquif.

III

Je n’aime pas la feuille idéale et légère
A cause du printemps dont elle est messagère,
Pour ce qu’elle promet dans sa verte couleur :
Si je l’aime, et la tiens aussi près de mon coeur,

C’est que, guidant l’effort de son adroite aiguille,
D’un labeur merveilleux, la belle jeune fille
A brodé, de cet air que je lui connais bien,
Un cher nom sur la feuille, — et ce nom, c’est le mien !

(Olga Audousset)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La grue des champs (Ch’ien Ch’i)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



La grue des champs aspire au bleu du ciel.
Elle s’élève dans l’air sans l’aide du vent.
Volant seule derrière le frêle esquif d’un nuage
Tôt ou tard elle rejoindra son compagnon.

(Ch’ien Ch’i)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA LORELEI (Heinrich Heine)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016





LA LORELEI

Je ne sais pas d’où vient cette grande tristesse
En moi, ni ce qu’elle veut dire;
Un conte d’autrefois que je ne cesse
D’entendre dans mon souvenir.

L’air fraîchit, et c’est l’heure où descend l’ombre,
Et le Rhin court paisiblement,
Le couchant fait à la montagne sombre
Un sommet d’or étincelant.

Tout en haut du rocher la fille la plus belle
Est merveilleusement assise sur le bord,
Sa parure d’or étincelle,
Elle peigne ses cheveux d’or.

Les peigne avec un peigne d’or
Et chante, ses cheveux peignant,
Une chanson, un air étrange et fort,
Mélodieux et violent.

Le marinier sur son fragile esquif,
Ça lui fait mal sauvagement,
Ses yeux ne voient pas les récifs,
Ils sont là-haut éperdument.

L’onde, je crois, finalement
Engloutit l’homme et sa nacelle
Et c’est la Lorelei, c’est elle
Qui les a perdus par son chant.

***

DIE LORELEI

Ich weiss nicht, was soil es bedeuten,
Dass ich so traurig bin;
Ein Marchen aus alten Zeiten,
Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,
Und ruhig fliesst der Rhein;
Der Gipfel des Berges funkelt
Im Abendsonnenschein.

Die schönste Jungfrau sitzet
Dort oben wunderbar;
Ihr goldnes Geschmeide blitzet,
Sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme,
Und singt ein Lied dabei;
Das hat eine wundersame,
Gewaltige Melodei.

Den Schiffer im kleinen Schiffe
Ergreift es mit wildem Weh;
Er schaut nicht die Felsenriffe,
Er schaut nur hinauf in die Höh.

Ich glaube, die Wellen verschlingen
Am Ende Schiffer und Kahn;
Und das hat mit ihrem Singen
Die Lore-Ley getan.

(Heinrich Heine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je chante et pleure, et veux faire et défaire (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2016



Je chante et pleure, et veux faire et défaire,
J’ose et je crains, et je fuis et je suis,
J’heurte et je cède, et j’ombrage et je luis,
J’arrête et cours, je suis pour et contraire,

je veille et dors, et suis grand et vulgaire,
Je brûle et gèle, et je puis et ne puis,
J’aime et je hais, je conforte et je nuis,
Je vis et meurs, j’espère et désespère ;

Puis de ce tout étreint sous le pressoir,
J’en tire un vin ores blanc, ores noir,
Et de ce vin j’enivre ma pauvre âme,

Qui chancelant d’un et d’autre côté,
Va et revient comme esquif tempêté,
Veuf de nocher, de timon et de rame.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: William Blake

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Accalmie I (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2015



Accalmie I

Lorsque sous la rafale et dans la brume dense,
Autour d’un frêle esquif sans voile et sans rameurs,
On a senti monter les flots pleins de rumeurs
Et subi des ressacs l’étourdissante danse,

Il fait bon sur le sable et le varech amer
S’endormir doucement au pied des roches creuses,
Bercé par les chansons plaintives des macreuses,
A l’heure où le soleil se couche dans la mer.

(Jean Moréas)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :