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Poésie

Posts Tagged ‘esquisser’

LE MOUVEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



 

Jeanie Tomanek  . _500

LE MOUVEMENT

Forge le contraire de ce monde
Où l’âme perd rumeurs
Où le temps nous tarit

L’homme périt de son propre venin
Mais s’élève dans la lueur qu’il esquisse

Enfante-toi
Enjambe-toi

Dénoue le mouvement
Attise cette parole
qui ne se détourne pas des hommes
mais s’ébauche vers eux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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ТU ES VRAIMENT FOFOLLE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Toulouse Lautrec
    
ТU ES VRAIMENT FOFOLLE,
Tu cours
Comme le vent du matin,
Tu finiras par te faire écraser : gare aux voitures !
Pourtant j’ai récuré ma petite table,
Et déjà
Le faible éclat du pain est une lumière plus pure.
Reviens donc, si tu veux bien,
J’achèterai une couverture pour mon lit de fer :
Cela va bien
Avec ma pauvreté qui t’aime,
Et que le Seigneur aime aussi.
Et le Seigneur m’aime aussi.
Il ne vient jamais ici dans toute sa clarté
Car il ne veut pas abîmer
Mes yeux pris d’un tel désir de le voir.
Et ils te regarderont avec tant de douceur.
Quand tu seras revenue !
Je t’embrasserai avec précaution,
Je n’arracherai pas ton manteau,
Mais je te dirai toutes les friponneries
Que j’ai inventées depuis ton départ
Pour que tu ries à ton tour.
Tu rougiras,
Tu baisseras les yeux et nous rirons comme des fous.
Les voisins nous entendront,
Les journaliers graves et taciturnes nous entendront,
Et dans leur sommeil las et brisé, ils esquisseront un sourire.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Pelle – mail (Eric Mercier)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018


coeur-a-deux-mains

Premier instant, premier regard
Première lueur, regard d’espoir
de ton village, poussière hagard
des millénaires, je rentre tard
de ton sourcier, espoir tari
de ton sorcier, sortilège banni,
de ton seul puits coule l’oubli
et si dieu n’était pas lui ?

Ouvre la classe, ouvre les rires
chasse la dass, ouvre les livres
de son enfance bien mal de vivre
de la décence pour t’en nourrir.

Quand tu respires, l’eau qui s’endort
quand au creuset l’eau comme de l’or
dans tes yeux, un sémaphore
humanité comme un accord.

De l’homme tu en esquisses les maux
de demain, tu en allèges le destin
de ton Afrique tu cherches l’eau
prends en mon cœur, voici mes mains.

(Eric Mercier)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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Offrir et ne jamais finir (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

buee

Offrir et ne jamais finir

… offrir sur la vitre
la première buée. Tu rêverais
uniquement d’être ici en avril,
tu n’esquisserais que les initiales
des prénoms que tu aimes, et toujours
ce serait, venant vers toi,
le vent pur, les nuages, l’écume…

… offrir un peu d’eau
qui croupit au bas des trottoirs.
A peine entre les mains
tu ne dirais plus qu’elle est sale,
tu t’en laverais le visage,
tu écouterais à l’instant
ce bruit de source où le ciel se découvre…

… offrir un papier
froissé, jeté. L’origine perdue, les lettres
devenues grises, l’encre et la pluie
mélangées à la terre, chaque ligne,
chaque tache, tu les déchiffrerais,
tu les rendrais arborescentes,
tu en ferais le début d’un poème…

… offrir une graine
tombée de l’érable, écrasée.
Tu la tiendrais au bout des doigts,
il te viendrait un souffle
déjà pour disjoindre tes lèvres
en épelant le mot « samare »
et partir, partir très loin avec elle…

… offrir un fragment
d’écorce, quel que soit l’arbre,
mais de préférence un bouleau,
la plus fragile. Sans cesse,
en le pressant, tu ranimerais le regard,
tu sentirais en plein essor
le tronc clair qui frémit…

… offrir un caillou
que tu ne prends que pour le reposer
dans le lit du torrent. Tu saurais bien
quelle est ta place à genoux sur la rive,
la sienne aussi entre tant d’autres
au milieu des remous, toi silencieux,
lui lumineux ensemble…

… offrir dans le sable
ces empreintes d’oiseaux
que la brise interprète en effaçant.
Tu ne pèserais plus,
sans savoir où, te saisirait
le claquement d’une aile,
tu ruissellerais sous la vague…

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici
 

 

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Fantasme de Mambo (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Francis Picabia

 

Fantasme de Mambo

Esquisser de ma langue
Autour de ton nombril
Un vêvê pour Erzulie et
Dans un nuage d’encens brut
Chevaucher nue
Ton enchanteur poto-mitan
Au gré du lascif yanvalou
De ma croupe
Jusqu’à l’arc-en-ciel
De la transe

(Elsie Suréna)

Illustration: Francis Picabia

 

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Bouche à bouche esquissé (Michel Gay)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2016



Bouche à bouche esquissé
dans le concert des langues
quand le mot se suspend
sous le baîllon des lèvres

(Michel Gay)

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Tu t’ouvres à l’inconnu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2016




Des oiseaux gazouillent
A la pointe de tes seins
Et sur tes lèvres
Un être s’appuie à ton épaule
Et d’un geste esquisse une caresse
Qui cambre tes reins
Un rythme coule le long de tes flancs
Et tu t’ouvres à l’inconnu
Aux spasmes d’une danse
Que tu ignorais
Et qui te révèle à toi-même

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Pascal Renoux

 

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La route (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



 

Jane Whiting Chrzanoska 1948 - American painter -  (14)

La route

Une route est près d’ici,
J’entends le bruit des voitures,
Le vent, les pas indécis
D’une lourde créature
Qui va, qui vient, qui soupire,
Trébuche sur les cailloux,
Implore, mendie, expire.
Est-ce un dieu? Est-ce un voyou?

Lourdement sa main se dresse
Sur la prairie des cheveux.
Elle esquisse une caresse
Et crispe ses doigts nerveux.
Enfin le restant du corps
Surgit droit jusqu’aux nuages
Et le soleil couvre d’or
Le géant des marécages.

Est-ce Hercule? Ou est-ce Atlas?
Il marche à travers la plaine.
De son long sans un hélas
Il tombe et perd son haleine.
Il recouvre de sa masse
Le paysage en entier
Et puis plus rien, plus de trace,
Ni colline, ni sentier.

Moins réel que les mirages
Ainsi disparaît celui
Qui voulait dicter aux âges,
Aux vents, aux jours et aux nuits.

(Robert Desnos)

Illustration: Jane Whiting Chrzanoska

 

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Tu dors (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2015



 

Alexey Steele floating-dreams1 [1280x768]

Tu dors
douce comme une icône
dehors
le jeune hiver braconne

Tu dors
ma fantasmagorie
dehors
est une allégorie

Tu dors
ta joue à des fossettes
dehors
des brumes s’époussettent

Tu dors
ton sein nu se soulève
dehors
s’esquisse comme un rêve

Tu dors
tes lèvres entrouvertes
dehors
et ses terres désertes

Tu dors
où suis-je dans tes songes
dehors
la nuit chauve s’allonge

Il se peut que déjà tout ne soit que décombres

(Louis Calaferte)

Illustration: Alexey Steele

 

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