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Poésie

Posts Tagged ‘esquive’

Respirer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Respirer

Être ici
Mais dans l’esquive
Des mailles

Être 1à-bas
Mais dans la pulpe
Du fruit.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Sans recours donne la source (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

sans recours donne la source
nous buvons dans le rire de nos mains jointes
elle-même n’aura pu venir
effleurer nos lèvres au goût d’herbe
blessée à mort la lumière
de toute part aussitôt ressuscite
dans l’extase des arbres et la rude
toile des champs par l’été tendue
sous ses doigts neufs jaillissent les oiseaux
ce qui l’ouvrit fendant le fruit de l’ombre
nous ne le voyons jamais

ton corps pourra-t-il furtif
bénir ce qui sera resté
sur l’autre versant du cri
la réserve du coeur encore
en amont du pouls qui déferle
et si nous nous serrons pour essayer d’entendre
n’y a-t-il pas dans ce frisson brûlé
où vibrent nos gestes hâtifs
quelque retard déjà sur ce léger
glissement d’esquive
interstellaire

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Respirer (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



 

Dennis Wojtkiewicz brl
Respirer

Être ici
Mais dans l’esquive
Des mailles

Être là-bas
Mais dans la pulpe
Du fruit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Dennis Wojtkiewicz

 

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AU REVOIR (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2016



 

Alexandre Pavlenko  (1)

AU REVOIR
A Gaby Gebbing.

Une nuit je te vois sortir de l’ombre comme un cri
Tu n’as rien dans les mains que ta petite robe
Que tu me montres avec un sourire fatigué
Ton coeur est transparent la lumière est ancienne
Quelque chose d’infiniment fragile te soutient
Et la douceur de tes gestes qui se souviennent
Lie au bord du silence ton coeur avec le mien

Tu es seule tu viens à moi tu te rassures
Le feuillage du saule tremble au lourd désir

Tu n’as rien dans tes mains et là
Sur ta figure
Une goutte de sang

Une goutte de sang pour toute la lumière
Une goutte de sang peut-être la dernière
Et la seule
Oh peut-être la seule chose
Que j’aie jamais bien vue de toi

Tu te tiens immobile et seule devant moi
Ta robe chiffonnée entre tes jeunes bras
Ta nudité pareille à du bois vert qui saigne
Ta nudité miroir de sève nid paré
Pour aveugler pour alléger
Mon remords lugubre et ma peine

Je reconnais le songe triste de tes lèvres
Les bijoux du pardon les bagues de la fièvre
« Où étais-tu qui t’a volé qui t’a repris
« Qui donne à ton regard cette esquive de nuit
e Moi qui t’aime moi qui te vois moi qui t’espère !
O simple amour
O voix secourable et si fière
Et sous les paupières brisées
Cette fraîcheur cette douceur épouvantables
Cette inexorable douceur
Où le bonheur est enfermé
Dans la claire prison des larmes

Je me souviens soudain je vois ton sang
Couler pour l’étrange vendange
Je me souviens du sang sur les premières branches
Du peu de sang que tu montras
Je vois ce sang parer mes mains
J’ai dans la bouche
Le goût de ce sang jeune et triste qui s’en va

Sur ce miroir pillé qui fermera les bras ?

Dans l’herbe neuve où le soleil bat de l’aile
Dans l’herbe rayonnante et triste comme toi
Ta tête roule au bord du jour interminable
Une poignée de sang une poignée de sable
Ta robe qu’une main inconnue chiffonna
Et ta chair désolée et tes yeux loin des larmes
Et ton amour là
Devant moi

Au revoir au revoir je n’oublierai personne

(Luc Decaunes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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ESQUIVE (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015



ESQUIVE

Nous buvions notre café dans le jardin, quand on vint nous
dire :
 » Eugénie est morte.  » Les fauteuils étaient en osier,
les verres davantage en verre.
Puis le soir tomba.
La pleine lune vint noircir les statues,
dans une inversion tranquille qui n’était en rien
une justification ou un refus, mais simplement une remarque.

(Yannis Ritsos)

 

 

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