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Poésie

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Le Lieu est où fut la Présence (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



À Trois heures et Demie, un unique Oiseau
Dans un Ciel silencieux
A proposé une phrase unique
De prudente mélodie –

À Quatre heures et Demie, l’Expérience
A maîtrisé l’essai
Et voici que le Principe argentin
A supplanté tout le reste –

À Sept heures et Demie, Élément
Ni Instrument, ne se voient —
Le Lieu est où fut la Présence
Entre, la Circonférence –

***

At Halfpast Three, a single Bird
Unto a silent Sky
Propounded but a single term
Of cautious melody –

At Half past Four, Experiment
Had subjugated test
And lo, Her silver Principle
Supplanted all the rest –

At Half past Seven, Element
Nor Implement, be seen –
And Place was where the Presence was
Circumference between –

(Emily Dickinson)


Illustration

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Essais et expériences (Francis Picabia)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



Illustration: Zinovy Shersher
    
Essais et expériences

Ma langue connut sa langue
et les yeux fermés
elle unit son coeur au mien.

(Francis Picabia)

 

Recueil: Anthologie
Traduction:
Editions: Seghers

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CHANSON A PART (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

CHANSON A PART

Que fais-tu? De tout.
Que vaux-tu? Ne sais,
Présages, essais,
Puissance et dégoût…
Que vaux-tu? Ne sais…
Que veux-tu? Rien, mais tout.

Que sais-tu? L’ennui.
Que peux-tu? Songer.
Songer pour changer
Chaque jour en nuit.
Que sais-tu? Songer
Pour changer d’ennui.

Que veux-tu? Mon bien.
Que dois-tu? Savoir,
Prévoir et pouvoir
Qui ne sert de rien.
Que crains-tu? Vouloir.
Qui es-tu? Mais rien!

Où vas-tu ? A mort.
Qu’y faire? Finir,
Ne plus revenir
Au coquin de sort.
Où vas-tu? Finir.
Que faire? Le mort.

(Paul Valéry)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Le possible (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Le possible п’est qu’une province de l’impossible,
une zone réservée
pour que l’infini
s’exerce à être fini.

Pourtant,
chaque exercice ou expérience
de l’infini dans le fini,
de l’impossible dans le possible,
découvre derrière un creux
et tôt ou tard se retourne,
se met à l’envers,
comme le manche ou le revers d’un habit mal coupé.

Vivre n’est possible que pour un instant
et mourir aussi n’est possible qu’un instant.
Mais dans le fond vivre est impossible
de même que mourir.

De même que penser ou aimer.

Ne demeure dès lors
qu’une voie praticable :
que l’infini s’exerce directement dans l’infini,
que l’impossible s’exerce immédiatement dans l’impossible.
Et que les habits se portent à l’envers dès le début,
que la rose transfère son parfum à la pensée,
que l’amour troque pour des roses ses mains farouches
et que la mort grimpe au mât de cocagne
et de là-haut annonce rudement
que tout ceci a été un essai maladroit
et que pauvre nouvelle maintenant commence
avec un seul personnage et plusieurs titres.
Premièrement : Le possible est copie de l’impossible.
Deuxièmement : L’impossible n’est égal qu’à lui-même.
Troisièmement : Le possible cesse de l’être.

Et que, dans l’orbite de l’être,
à l’instar de la juridiction du non-être,
soient abolies pour toujours
les zones réservées
et leurs exercices furtifs.
Alors la pièce pourra peut-être
porter un titre unique :
Seul est possible l’impossible.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Lettres (Vincent Van Gogh)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Lettre à son frère Théo

J’ai aperçu de magnifiques terrains
rouges plantés de vignes,
avec des fonds de montagnes du plus fin lilas.
Et les paysages dans la neige
avec les cimes blanches
contre un ciel aussi lumineux que la neige,
étaient bien comme les paysages d’hiver
qu’ont fait les Japonais.

Lettre à sa mère et Will

Quant à moi, je suis entièrement absorbé par cette étendue infinie,
vaste comme la mer, des champs de blé qui couvrent les collines,
par la beauté des jaunes, la beauté des verts tendres,
le bel indigo des terres sarclées et labourées,
avec cette marqueterie régulière du vert des plants de pommes de terre en fleur,
tout cela dans une belle lumière aux tons
bleus, blancs, rosés, violets.
Je suis tout à fait dans la disposition,
presque de trop grand calme,
dans la disposition qu’il faut pour peindre cela.

Lettre à Paul Gauguin

J’ai encore de là-bas un cyprès avec une étoile, un dernier essai
-un ciel de nuit avec une lune sans éclat,
à peine le croissant mince émergeant de l’ombre projetée opaque de la terre –
une étoile à éclat exagéré, si vous voulez,
éclat doux de rose et vert dans le ciel outremer où courent des nuages.
En bas une route bordée de hautes cannes jaunes,
derrière lesquelles les basses Alpines bleues,
une vieille auberge à fenêtres illuminées orangée,
et un très haut cyprès, tout droit, tout sombre.

(Vincent Van Gogh)

Illustration: Vincent Van Gogh

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HAUTE ROCHE (Chanson populaire Hongroise)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



HAUTE ROCHE

Du côté de la haute roche, s’ouvre grande
la médecine d’amour,
qui toujours et à jamais mon coeur renouvelle
ainsi que mon corps si frêle.
Celui qui n’a jamais de l’amour fait l’essai,
ne l’imagine qu’en rêve.

(Chanson populaire Hongroise)

 

 

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Feuillet d’album (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2017



Feuillet d’album

Tout à coup et comme par jeu
Mademoiselle qui voulûtes
Ouïr se révéler un peu
Le bois de mes diverses flûtes

Il me semble que cet essai
Tenté devant un paysage
A du bon quand je le cessai
Pour vous regarder au visage

Oui ce vain souffle que j’exclus
Jusqu’à la dernière limite
Selon mes quelques doigts perclus
Manque de moyens s’il imite

Votre très naturel et clair
Rire d’enfant qui charme l’air.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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Il y a ce murmure (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



Il y a ce murmure,
Il y a ces murmures

Qui un peu partout
Se cotoient, se surplombent

Et l’on sent
Que ce sont des essais de chant.

(Guillevic)

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JE NE SAIS PAS… (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2015



 

Alfred Jarry

JE NE SAIS PAS…

Je ne sais pas si mon frère m’oublie
Mais je me sens tout seul, immensément,
Avec loin la chère tête apalie
Dans les essais d’un souvenir qui ment.

J’ai son portrait devant moi sur la table,
Je ne sais pas s’il était laid ou beau.
Le Double est vide et vain comme un tombeau.
J’ai perdu sa voix, sa voix adorable,

Juste et qui semble faite fausse exprès.
Peut-être il l’ignore, trésor posthume.
Hors de la lettre elle s’évoque, très
Soudain cassée et caressante plume.

(Alfred Jarry)

 

 

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