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Poésie

Posts Tagged ‘essence’

Tu es dans ton essence (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



 

Godfrey Reggio  spiritualité [1280x768]

Tu es dans ton essence constamment poète,
constamment au zénith de ton amour,
constamment avide de vérité et de justice.
C’est dans doute un mal nécessaire
que tu ne puisses l’être assidûment
dans ta conscience.

(René Char)

Illustration: Godfrey Reggio

 

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Atys changé en pin (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



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Atys changé en pin

Un jeune pin tendu vers l’essence divine
Fait des signes au ciel avec ses longues mains.
Sa cime cherche un dieu, mais ses lentes racines
Dans mon corps ténébreux creusent de lents chemins.

(François Mauriac)

Illustration

 

 

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Les yeux d’Amaranthe (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



 

Fernand Khnopff_tête-de-femme theswedishparrot.com

Les yeux d’Amaranthe

Beaux yeux que j’aime tant, hé quelle est votre essence,
Car l’on vous pense feux à mon embrasement,
Puis l’on vous juge cieux par votre mouvement,
Mais non, vous êtes Dieux selon votre puissance.

Ces yeux n’ont que des feux toujours en influence,
Comme s’ils n’étaient faits que de cet élément :
Mais ces yeux étant dieux, leur branlant règlement
N’a que leur volonté pour toute intelligence.

Feux germains et gémeaux qui me donnez le jour,
Tandis que vous luirez dedans le ciel d’amour,
En tout temps et tout lieu je veux cueillir la rose.

Et quoi que le Démon avec ses appareils,
De rage et de noirceur à mes beaux jours oppose,
Je ne crains point l’éclipse avecque deux soleils.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Fernand Khnopff

 

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Le Poète (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


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C’était un Poète – Ce
Qui extrait un sens surprenant
De Signes ordinaires –
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte –
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée – d’abord –

D’Images, Révélateur –
Le Poète – Lui et nul autre –
Par Contraste – Nous investit –
D’une perpétuelle Pauvreté –

De la Partie – si inconscient – qu’un Vol –
Ne saurait le léser –
Lui-même – est pour Lui – un Trésor –
Au temps – étranger –

***

This was a Poet — It is That
Distills amazing sense
From ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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L’INTERHUMAIN (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
L’INTERHUMAIN

Tous les abonnés sont absents. Qu’ils disent.
Par la voix d’une indulgente aux griffes rouges, qui promet,
ça n’engage à rien, de transmettre mon message.

Non, non, pas de message ! Je voulais seulement leur dire… leur dire…

Leur dire que je suis là. Avec le vent. Avec le temps. Avec le sang. Que je suis là, battant.

Avec deux T, comme une porte ouverte ?

Va pour la porte ouverte !
O Dieu femelle en ton standard ! Peut-être ai-je mis la main sur ta cuisse, un jour, au cinéma.
Tu sens la permanente, j’entends grouiller ton ventre.

Et dire qu’il faut en passer par là. Toujours par là !
Raccrochez donc, Essence du Monde !

(Jean Rousselot)

 

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La nudité, l’appel, le corps qui cherche (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
La nudité, l’appel,
le corps qui cherche son unité à travers d’autres corps,
sa présence.

Le désir dans le crâne percé,
le sang qui cherche furieusement
à se brancher sur le nerf magique d’un destin
qui lui donnerait l’immortalité d’un sens.

Un baiser referme le monde dans sa nuit.
Un baiser plus profond que la tombe,
et le corps aimé n’est plus corps,
mais oubli, éternité.

Les corps s’aiment
parce qu’ils sont perdus,
pour se retrouver.

Nous avons tous un coeur
proche de se déchirer et prendre feu.
Un corps désiré ranime le goût blessé du vide…

Tomber dans un cri inconnu à travers le corps
qu’on sent à tel point qu’on ne le sent plus.

Le désir cherche à toucher,
mais le contact attendu
est celui de l’essence de la présence.

Aimer voudrait n’avoir pas de corps
pour aller au plus près.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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L’essence de l’Éternité (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



 

Homme, si tu veux exprimer l’essence de l’Éternité,
Il te faut d’abord renoncer au langage.

(Angelus Silesius)

 

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A MA MONTAGNE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018




    
A MA MONTAGNE

Puisque je dois aimer ton nord
d’obscurité, de froid et de douleur,
la neige, le vallon désert —
qu’il me soit donné d’en aimer l’essence,

la puissance des roches dures,
le flot assourdissant du vent
qui emporte au loin l’esprit
plus vite que le cours du sang.

La bruyère est âpre aux larmes
et les landes revêches
n’apaisent pas le visage enfoui
mais elles me font renaître :

oh, la douce odeur, et les ciels pourpres!

***

TO MY MOUNTAIN

Since I must love your north
of darkness, cold, and pain,
the show, the lonely glen,
let me love true Worth,

the strength of the hard rock,
the deafening stream of wind
that carries sense away
swifter ‘ban ‘rowing blood.

Heather is harsh to tears
and the rough moors
give the buried face no peace
but make me rise,

and oh, the sweet scent, and purple skies !

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Merci (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




    
Merci —

Merci — de n’avoir été
qu’un arbre, de l’herbe verte à son pied.
Qu’une essence vivante de chaleur
accompagnant la force de l’arbre, de l’herbe,
de l’ombre dans ton sang d’homme.

Merci — de n’avoir rien dit. De n’avoir été
qu’une senteur, comme celle du jeune sang sain,
et qu’une épaule dans l’ombre.
Qu’un arbre, de l’herbe verte à son pied
pour y poser son front brûlant.

Tu as reçu mes pleurs de cette nuit,
ne m’as trahi ni par des signes ni par des mots.
Tu les reçus cette nuit, en silence, invisible,
aussi simplement que s’ils étaient une source
et toi la terre noire.

***

Tak for det —

Tak for det — at du ingenting var
uden et Trie oggront Græs ved dets Fod.
Kun var et levende Væsen af Varme
med Træets, Græssets og Markets
Kraft i dit Menneskeblod.

Tak for det — at du ingenting sae,
kun var en Duft som af sundt, ungt Blod
og kun var en Skulder i Market.
Kun var et Træ og gront Græs ved lets Fod
til at lægge sin brændende Pande imod.

Du tog mod den Graad, som jeg græd den Nat,
forraadte mig ikke med Tegn eller Ord.
Du modtog den tavs og usynlig den Nat
saa ligetil som om den var en Kilde
og du var den sorte lord.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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Une essence passerait peut-être (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Si un ange, tournant les pages
Du livre fermé de nos vies,
Rouvrait ces jours solitaires, doux et sauvages,
Une essence passerait peut-être un chant
Frémirait dans l’harmonie des sphères,
Ultime accord de la musique remémorée qui fut la nôtre.

***

Should some angel, turning the leaves
Of the closed book of lives
Open again those days solitary and sweet and wild,
Would not some essence pass, some chord
Tremble into the harmony of the spheres,
Lingering overtone of the remembered music that was ours?

(Kathleen Raine)

Illustration: Vladimir Kush

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