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Poésie

Posts Tagged ‘esseulée’

Ainsi pleurent les dieux… (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018




Diane à travers les branches
Guette la venue d’Endymion,
Endymion qui jamais ne vient,
Endymion, Endymion,
Dans la forêt lointain…

Et une voix esseulée plane
Appelant de cris au travers des branches
Endymion, Endymion…

Ainsi pleurent les dieux…

(Fernando Pessoa)

Illustration: Louis-Jean-François Lagrenée

 

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J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Ligne Maginot

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents
car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

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NUIT DU CŒUR (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




NUIT DU CŒUR

Automne dans le bleu d’un mur :
sois la protection des petites mortes.
Chaque nuit, dans la durée d’un cri, arrive une ombre nouvelle.
Tout esseulée danse la mystérieuse autonome.
Je partage sa peur d’animal très jeune durant la première nuit des battues.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Gustave Courbet

 

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J’ai mal à la vie (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



 

Mihai Criste   (10)

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à la flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer

à l’amour aux rives du désert
J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes,
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Mihai Criste

 

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LA HARPE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



LA HARPE

La musique allait seule. il n’y avait plume, pelage,
lait ou fumée ou noms. Ce n’était jour ni nuit.
Seule entre les planètes, de l’éclipse naissant
la musique tremblait tout comme un vêtement.
Soudain le feu, le froid gemmèrent une goutte
et l’univers dressa son spacieux étalage,
lave, cendre hérissée et aurore glissante,
tout transmigra de dureté en dureté,
et sous l’humidité céleste fraîche éclose
le diamant instaura sa symétrie glacée.
Alors le son premier,
la musique esseulée, la musique du monde
se glaça et tomba en étoile changée,
en harpe ou en cithare, en silence ou en pierre.

Dans le froid de l’hiver, sur 1a côte chilienne,
lorsque la pluie s’abat et lave les semaines,
oyez : la solitude est à nouveau musique,
et je ne sais, mais il me semble que le vent,
la pluie, le temps, cela qui a ailes et vagues,
passe et grandit. La harpe, de l’oubli s’éveille.

(Pablo Neruda)


Illustration: Timothy Martin

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Misère (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Misère

Larme, larme importune
qui choit sans bruit, dans la nuit
Comme un rayon de lune
dans la nuit qui fuit.
Le cœur vaste comme un rêve
un rêve d’enfant
Souffrant ailleurs
Vous pleure
Serments, leurres
des heures
d’antan.

Murmures, murmures indistincts
qu’on égrène sans fin
qu’on égrène en vain
sur les longs chemins,
Sur les chemins indistincts.
Les peines,
Les petites peines,
Les grandes peines
les peines lointaines
Reviennent
Ternir
le souvenir

Plainte, plainte douce
sans cesse envolée
Que pousse
l’âme esseulée
Sur l’aile d’un rêve
Elle crève
Comme le sachet
d’un
parfum
secret.

(Birago Diop)


Illustration: Zhaoming Wu

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DEUIL (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



 

DEUIL

Dans le noir matin d’hiver
Nulle lueur ne frappe mes yeux
Quand l’horloge de l’escalier tinte
Cinq coups, l’heure de son lever.
Laisser la porte ouverte
L’horloge arrêtée
Faire mon dur lit d’esseulée —
Que tout n’est-il sous terre !

Quand l’été affirme son éclat,
Illuminant les cimes des pommiers,
Qui tire les rideaux, et qui s’écrie
Avec entrain que le matin rayonne ?

Quand je flane au marché,
Personne ne franchit le pré de Durnover
Au crépuscule, pour m’écouter
Trottinant sur le pont de Grey.

Quand la soupière fume
Et que c’est l’heure qu’annoncent ses pas,
J’attends près de l’âtre en rêvant
Dans un mortel silence.
Laisser la porte ouverte
L’horloge arrêtée
Faire mon dur lit d’esseulée —
Que tout n’est-il sous terre !

***

BEREFT

In the black winter morning
No light will be struck near my eyes
While the clock in the stairway is warning
For five, when he used to rise.
Leave the door unbarred,
The clock unwound,
Make my lone bed hard —
Would’ twere underground !

When the summer dawns clearly,
And the appletree-tops seem alight,
Who will undraw the curtain and cheerly
Call out that the morning is bright ?

When I tarry at market
No form will cross Durnover Lea
In the gathering darkness, to hark at
Grey’s Bridge for the pit pat o’ me.

When the supper crock’s steaming,
And the time is the time of his tread,
I shall sit by the fire and wait dreaming
In a silence as of the dead.
Leave the door unbarred,
The clock unwound,
Make my lone bed hard —
Would’twere underground !

(Thomas Hardy)

Illustration: Laetitia Méral

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