Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘essuyer’

Le fond de l’air est brun (Jean-Luc Despax)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
Le fond de l’air est brun

«Nous rappelons à notre aimable clientèle
qu’il est interdit de penser dans le métro.»

Le devoir de réserve
Et le droit de se taire
Essuyer les quolibets
Essuyer les collabos
Suivre les consignes
Prendre de la bouteille
On finit toujours par entendre
Le bruit des bottes qu’on a léchées

Pasteur en eût inventé la rage.
Nous mettons le feu aux mèches.
Tintin reste introuvable.

(Jean-Luc Despax)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Illustration
   
Tu t’ennuies ? —

— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés.
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. — Entendre
là des voix
en deuil, tendres ?…

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



Tu t’ennuies ? —
— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume à
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés,
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien-
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. —
Entendre
là des voix
en deuil, tendres? …

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

Illustration : www.ruedulavoir.com

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE MIROIR (Pai Chu Yi)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022




    

LE MIROIR

Elle s’en est allée,
Laissant un miroir dans son coffret.
Depuis qu’il ne reflète plus le beau visage,
Il est comme une eau d’automne sans lotus.

De tout l’an je n’ai point ouvert le coffret,
La poussière a revêtu le bronze du miroir.
Je l’ai essuyé aujourd’hui
Pour y regarder mes traits las.

En le reposant, ma peine s’est accrue,
Il y a sur son dos deux dragons entrelacés.

(Pai Chu Yi)

(Traduction : Patricia GUILLERMAZ.)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHAQUE ATOME SUR TERRE… (Omar Khayyam)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Josephine Wall
    
CHAQUE ATOME SUR TERRE…

Chaque atome sur terre
Fut une joue de soleil, un front de Vénus.
La poussière qui se pose sur ce front délicat, essuie-la doucement :
Elle fut, elle aussi, visage et chevelure d’un être fragile.

(Omar Khayyam)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En voyant la pluie (Inconnu)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2022



Illustration
    
En voyant la pluie,
Sous les cerisiers en pleurs
Je me suis enfuie,
Pour que l’eau, qu’un souffle essuie,
Me mouille à travers les fleurs.

(Inconnu)

Recueil: Poëmes de la libellule
Traduction: Judith Gautier
Editions: Beaux-Arts de Paris

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Printemps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Printemps

Le soleil du printemps
Te couvre de lumière
Tu respires de nouveaux parfums
Dans le jardin ressuscité

Quand un soleil perdu
Cherche sa route
Sur des cailloux et le long des murs
Ou parmi des nuages roussis
D’un ciel incandescent
Je baise tes joues fraîches
Et caresse tes seins somptueux
Jaillis de ta robe simple
Sur la nudité de l’herbe
Ton corps exquis rôtit
Dans un bain de couleurs

Dans la mélancolie du soir
Tu essuies les traces de nos pas
Avant d’affronter la nuit
Dans ta robe de désir
Et je pose de longs baisers
Sur ton visage mouillé d’embruns

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pierre-Auguste Renoir

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Destin (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Destin

Une femme descend dans les flammes
Et un grand vent l’essuie j’ai perdu tout espoir
De revenir jamais où les loups s’entr’aimaient

Où les loups s’entr’aimaient
Au plus profond du bois

Une foule chante dans les rues
De qui donc est-ce la fête
Ou bien quel événement soudain
Fait relever toutes les têtes

Jamais je n’aurai le temps
D’aimer tout ce monde

(Robert Momeux)


Illustration: Salvador Dali


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma soeur la Pluie (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ma soeur la Pluie

Ma soeur la Pluie,
La belle et tiède pluie d’été,
Doucement vole, doucement fuit,
A travers les airs mouillés.

Tout son collier de blanches perles
Dans le ciel bleu s’est délié.
Chantez les merles,
Dansez les pies !
Parmi les branches qu’elle plie,
Dansez les fleurs, chantez les nids
Tout ce qui vient du ciel est béni.

De ma bouche elle approche
Ses lèvres humides de fraises des bois ;
Rit, et me touche,
Partout à la fois,
De ses milliers de petits doigts.

Sur des tapis de fleurs sonores,
De l’aurore jusqu’au soir,
Et du soir jusqu’à l’aurore,
Elle pleut et pleut encore,
Autant qu’elle peut pleuvoir.

Puis, vient le soleil qui essuie,
De ses cheveux d’or,
Les pieds de la Pluie.

(Charles Van Lerberghe)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :