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Poésie

Posts Tagged ‘établi’

TOI (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Marcio Melo
    
TOI

Mon livre doré sur tranches que je veux lire de bout en bout.
Mon gâteau d’anniversaire qui n’a pas besoin de bougies pour être illuminé.
Mon alcool qui enivre sans nausée ni mal de tête.
Mon établi pour une espèce immatérielle de menuiserie.
Mon bateau de plaisance toujours prêt à prendre la mer.
Mon violon qui se fait mélodie dès que ma main effleure ses cordes.
Mon arme de précision que ne salit aucune piqûre de rouille.
Mon aube sur les jardins verts et sur les tas de charbon.
Mon sentier de forêt tout jalonné de cailloux blancs.
Ma fable trop merveilleuse pour comporter le post-scriptum d’une moralité.
Mon château à multiples tourelles, évanoui alors que son pont-levis vient à peine de s’abaisser.
Mon unité, dans la présence et dans l’absence.
Mon alphabet — d’arc-en-ciel à zodiaque — aux vignettes peintes des tons les plus acides et, aussi bien, les plus doux.
Ma déchirure et ce qui la recoud.
Ma preuve par neuf.
Ma partie et mon tout.
Ma panacée.
Ma chance.
Ma raison et ma déraison.
Ma fraîcheur et ma fièvre.

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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La poésie (Pierre Peuchmaurd)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




Illustration: Wassily Kandinsky
    
La poésie,
c’est l’ordre non établi
des choses.

(Pierre Peuchmaurd)

 

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Les commencements sont nombreux (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Véronique Wibaux 
    
Les commencements sont nombreux, mais c’est toujours la même histoire,
celle d’un homme que le petit matin dans la rue saisit par le col,
alors qu’il était sorti pour acheter une baguette à la boulangerie.

Et voilà que ce qu’il croyait établi dans sa vie,
le chemin tracé, une femme avec un chat parmi les livres,
voilà que la rue humide et riante sous le premier soleil
avec son odeur de nouveau-né, flanque tout par terre,
le petit matin, le ciel, le chemin, la boulangerie,

et lui ne sait plus rien tout à coup,
ni qu’il avait faim, ni que l’amour existe
et qu’il eut dans sa vie la place du soleil, rien.

Quelque chose comme l’aile d’un ange ou d’un oiseau vient de le toucher,
et c’est comme s’il avait trébuché sur son ombre invisible à cette heure,
et la terre en le recevant ne l’a pas reconnu.

Son corps s’en va devant lui tout seul et il le regarde sans étonnement ni effroi,
longer les couloirs de la ville et se perdre,
avec une sorte de demi-sourire,
comme celui de l’ange du porche dont il ne se souvient plus.

Il pèse tout juste le poids de son silence.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE POIDS DU SILENCE (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

LE POIDS DU SILENCE

Les commencements sont nombreux, mais c’est toujours la même histoire,
celle d’un homme que le petit matin dans la rue saisit par le col,
alors qu’il était sorti pour acheter une baguette à la boulangerie.
Et voilà que ce qu’il croyait établi dans sa vie,
le chemin tracé, une femme avec un chat parmi les livres,
voilà que la rue humide et riante sous le premier
soleil avec son odeur de nouveau-né,
flanque tout par terre, le petit matin, le ciel, le chemin,la boulangerie,
et lui ne sait plus rien tout à coup,
ni qu’il avait faim, ni que l’amour existe
et qu’il eut dans sa vie la place du soleil, rien.

Quelque chose comme l’aile d’un ange ou d’un oiseau vient de le toucher,
et c’est comme s’il avait trébuché sur son ombre invisible à cette heure,
et la terre en le recevant ne l’a pas reconnu.
Son corps s’en va devant lui tout seul et il le regarde
sans étonnement ni effroi,
longer les couloirs de la ville et se perdre,
avec une sorte de demi-sourire,
comme celui de l’ange du porche dont il ne se souvient plus.

Il pèse tout juste le poids de son silence.

(Guy Goffette)

Illustration: Fan Ho

 

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EPREUVES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



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EPREUVES

Aux confins du jardin la campagne commence
sur le large établi
tremblent les lueurs de la tenaille
le malheur s’installe
au pied d’un arbre
les animaux tournent leur tête vers qui va pleurer
des mains se joignent
dans un désespoir légendaire
de la cuisine vient l’odeur des ferments
dans la boîte restée ouverte
le cirage est devenu un dur disque noir;
sèche au soleil
la glaise des greffes.

(Jean Follain)

Illustration

 

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N’essayez surtout pas (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2017



N’essayez surtout pas
De me faire sortir
De la tulipe.

Je m’y suis établi,
Son temps me convient.

Pour cette nuit,
J’y reste.

(Guillevic)


Illustration

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La chanson d’établi (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



La chanson d’établi
dans les copeaux
éclose…

(Albert Samain)

Illustration

 

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Un souffle neuf (Yves Broussard)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2015


copeau

Oubliés sur l’établi
le copeau ajouré

et l’insecte attentif
parcelles d’éternité

Dehors
un souffle neuf

pour le devenir

(Yves Broussard)

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