Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étage’

Les étoiles n’ont pas d’amoureux (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
Les étoiles
n’ont pas d’amoureux.
Jolies
comme elles sont!

Elles attendent un galant
qui les enlèvera
vers la Venise idéale.

Chaque soir elles paraissent
aux grilles de leur fenêtre
— ô ciel à mille étages! —
et font des signes lyriques
aux océans d’ombre
qui les environnent.

Mais attendez, mes belles :
lorsque je mourrai plus tard
je vous prendrai une à une
sur ma jument de brouillard.

(Federico Garcia Lorca)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ORAGE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018




    ORAGE

Quel orage
Un homme va mourir
Au quatrième étage
Il est beau
Il a froid
Un bouquet de draps blancs se fane entre ses doigts

La fièvre baisse
Il rit
Et ses yeux sont déjà dans la lumière épaisse

Je n’entends plus ta voix
Comme il pleut sous la lampe
Le flot noir s’est éteint
Ton bras boucle la rampe
Une cloche a roulé sous les pas de satin

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ceux qui foulèrent ce sentier (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ceux qui foulèrent ce sentier
S’en sont allés.
Les collines sont mystérieuses.
Ils ne sont pas perdus dans les bleus lointains,
Dans l’humilité anonyme
Des passants.

Très tard, aux lieux où ils disparurent,
Un espace blanc

Que veille
Une présence désespérée.

Celui qui habite le chant, l’étage que je n’atteint pas,
Qui vit de l’air,
Prend souffle où je m’exténue.
La bête étrange du poème
Se retourne dans son sommeil
Et le poème tremble où les hommes se rassemblent.
Quel est celui qui a saisi ma vie ?

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Soir (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



louis-lenfant-de-la-nuit-615

Soir

Les étoiles dorment.
Le soir a cueilli
Par tous les étages
Un bouquet de lampes.

Au ras du trottoir
Un petit enfant
Ecarte les doigts
vers tant de lumière.

La ville s’éteint
La main se referme.
A tous les étages
Grimpe le sommeil.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la main (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Elizaveta Porodina
    
Dans la main, la tête ouverte est belle
de toute sa boue ensanglantée
et la mémoire refait en vain un regard
qui n’a plus de poids, ni de cils.

Le corps poignant de désirs tourne dans la ville
se heurte aux jambes qui montent vers les femmes
jusqu’au point où la chair se partage en un sexe
et la terre à chaque étage rit à pleines dents.

Une femme entr’ouverte chevauche la ville :
pas un cri ne soulève la tuile d’un toit,
pas une main ne donne l’alarme dans les fenêtres,
pas un mur n’écarte sa bouche serrée.

C’est alors qu’au milieu de la nuit s’ouvre
un grand trou qui est peut-être la mer,
qui est peut-être une montagne
et qui cherche, pantelant, un peu de jour.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Progrès (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2017



    

Progrès

J’habite au premier étage
de la première maison
de la première rue du village.

Le village est une île.
Elle n’a qu’une rue.
La rue n’a qu’une maison.
La maison n’a qu’un étage.
J’en suis l’unique habitant.

Je vis de fruits et de poissons.
D’air marin, de soleil et de pluie.
De pensées et de rêves.
Mes amis sont dispersés à travers le monde entier.

Pour nous écrire,
nous mettons des bouteilles à la mer.
J’ignore le nom de mon île.

De temps en temps,
une bouteille accoste au rivage de l’île.
De cette façon, j’apprends ce qui se passe dans le monde,
les progrès immenses atteints en tous domaines.

Les guerres et les assassinats
sont en nombre croissant.
Chacun est fier de sa guerre,
de sa victoire
et même de sa défaite.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est toujours trop petit entre les murs (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2017




    

C’est toujours trop petit entre les murs
mais la beauté passe par la fenêtre
elle se veut en surfaces d’azurs
comme bouchon sur l’eau
l’amour veut naître
à tout étage

(Pierre Albert-Birot)

 

Recueil: Poèmes à l’autre moi précédé de La Joie des sept couleurs et suivi de Ma morte et de La Panthère noire
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ascenseur (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



[…]

Comme jadis, lorsque j’avais dix ans et que je rentrais tard.
Dans la cage d’escalier, les lampes s’éteignaient,
mais l’ascenseur où j’étais rayonnait, et l’ascenseur montait
comme une cloche de plongée dans les bas-fonds obscurs
étage par étage, alors que des visages imaginaires
se pressaient contre la grille…

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Désespérément il veut voir (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



Désespérément il veut voir
Le millième des mille étages
Et le millième des couloirs,
Et aussi de quelle nature
Est l’au-delà de la toiture.

(Charles Vildrac)

Illustration: Michael Whelan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour a commencé bien avant nous (Philippe Mac Leod)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2015



L’amour a commencé bien avant nous.
D’étage en étage,
il glisse le long des nues
scintille sur la goutte
qui lentement se forme
au bout de la branche,
puis roule au creux de nos mains.

L’amour vient d’en-haut.
Il est tout ce qui tombe,
tout ce qui plie ou descend.

Le cœur va vers le haut.
Il monte comme la flamme.
Il aspire vers le haut
pour le rejoindre à mi-chemin.

L’amour est simple.
Il dort dans les replis de nos travaux.
Entre nos gestes,
entre nos pensées hésitantes,
il emplit tous les vides
que nous laissons.

Il somnole sur les étagères.
Dans le désordre immobile
d’une après-midi silencieuse.

Plus léger, plus libre
et plus insaisissable
que les brefs éveils
qui parfois nous traversent
et font gémir nos chairs.

(Philippe Mac Leod)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :