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Poésie

Posts Tagged ‘étain’

Sous le corset d’étain des rivières surprises (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Sous le corset d’étain des rivières surprises
Sur nos corps ennemis la nuit que nous faisons
Dans le secret du vent éclaté sur nos têtes
La Parole bienvenue retourne à sa naissance.

(Jean Rousselot)

Illustration: Salvador Dali

 

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Les pas (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018


 

Les pas entendus
le corps, les visages, les mains
se fondent au village
à grands arbres sculptés.
Il n’y a plus de temps à perdre
répète une voix.
Ce sont pourtant les mêmes pas
que dans la glaise des matins
où brillaient le cuivre et l’étain.
L’avenir se cache dans les plis
des rideaux figés
le pain fait la chair.

(Jean Follain)

Illustration

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MATIN (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



MATIN

Ce matin l’herbe est noire et nue
Le vent s’allume, s’éteint
L’air s’ouvre à la pluie d’étain
Les pierres, la terre s’habituent

Ce matin le talus jaunit
Les corbeaux luisent sur le pré
L’agneau saigne à la boucherie
La terre s’y fait

Ce matin la neige est tombée
Le troupeau tousse dans la buée
Un triste coq crie au vent blanc
La terre s’y tait comme avant

Matin de cendre et de bitume
Le gel a mordu dans nos plaies
Des larmes coulent dans la haie
La grasse terre s’accoutume

Matin de ciel et de jais
Si le soleil revenait
L’air a son odeur nocturne
L’aube rougeoie derrière l’averse
La lumière est une herse
Entre maintenant et jamais
Un merle rit du chant qu’il tresse
La terre s’y fait

(Jacques Chessex)

 

 

 

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SOLEIL DES TRISTESSES (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Illustration: Edvard Munch
SOLEIL DES TRISTESSES
    
Celui qui chante son chemin
s’en va du même pas que le jour
un sac de ciment sur l’épaule

La chaleur est si forte
et tous nos gestes sans défense
comme un oiseau sorti des laîches

Des portes closes la clé brille
à quel rebord d’une fontaine
perdant toujours son eau rouillée

Enfant qui tousse au ciel de mai
amour trop seul en son langage
un peu de vent sur les fougères

Amour jamais ô neige sale
couleur d’étain qui monte en vrille
et le protège de sa faute

Au thé lampé dans les soucoupes
aux pas qui mâchent le gravier
la vie se froisse dans l’obscur

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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PAROLES D’UN MIROIR A UNE BELLE DAME (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
PAROLES D’UN MIROIR A UNE BELLE DAME

Belle, belle, belle, belle!
Que voulez-vous que je dise
A votre frimousse exquise?
Riez, rose, sans cervelle.

Je suis un petit miroir,
Je suis de glace et d’étain;
Mais vos yeux et votre teint
S’illuminent à vous voir.

Les douleurs, les ennuis pires,
Je chasse tout penser triste;
Je ne veux (un tic d’artiste)
Refléter que vos sourires.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce qui était grand (Czeslaw Milosz)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2016




Ce qui était si grand est devenu petit.
Les royaumes comme l’étain se sont ternis.

Ce qui m’écrasait ne m’écrase plus.
Les terres du ciel étincellent dans leur cours.

Au bord du fleuve, allongé dans l’herbe,
Enfant d’autrefois, je lance des bateaux d’écorce.

(Czeslaw Milosz)

Illustration

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Moyen Age (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016


sorciere

 

On voit une fleur
lentement s’épanouir
les étains et les clous
épuiser la clarté
un grain de chair à la roue
du supplice rester
et la fille nue
du treizième siècle
de ses seins et de ses bras
lutte contre le temps
près d’une rose de pierre.

(Jean Follain)

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Il est terrible le petit bruit de l’oeuf dur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Il est terrible
le petit bruit de l’oeuf dur
cassé sur un comptoir d’étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire
de l’homme qui a faim.

(Jacques Prévert)


Illustration

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Au pied du mur vivre (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2015


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on ne sait pas pourquoi
on est venu là

peut-être seulement
se retrouver
seul

au pied du mur
vivre

laver la crasse des rêves
dans les premières vagues
et le beige sale du sable

on se relève

la lumière baisse

tout est d’étain

on avale un grand coup de vent
on est reparti

(Antoine Emaz)

 

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Nocturne (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2015



Nocturne

Notre Père qui es aux cieux,
pourquoi m’as-tu donc oubliée ?
Tu t’es souvenu du fruit de l’été
quand tu as blessé sa chair de rubis.
Moi je porte aussi blessure à mon flanc,
mais tu ne veux pas regarder vers moi !

Tu t’es souvenu de la grappe noire
et tu l’as donnée au pressoir carmin ;
du peuplier as dispersé les feuilles
avec ton haleine, dans l’air subtil.
Mais dans le vaste pressoir de la mort
tu ne veux encor fouler ma poitrine !

En marchant, j’ai vu s’ouvrir les violettes
mes lèvres ont bu du vent le falerne
et j’ai abaissé, jaunes, mes paupières,
ne voulant plus voir Janvier ni Avril.
J’ai crispé la bouche et j’ai refoulé
la strophe et son flux qui ne doit couler.
Tu as blessé le nuage de l’Automne,
mais tu ne veux pas te tourner vers moi !

Celui qui baisa ma joue m’a trahie ;
i1 m’a reniée pour ma robe de pauvre.
Mon visage en sang lui avais offert
dans ma poésie, comme Toi au linge.
Pour ma nuit au Jardin des Oliviers
Jean a été lâche et l’Ange, ennemi.

L’infinie fatigue est venue enfin,
jusque dans mes yeux elle s’est fichée :
fatigue du jour en train de mourir
et de l’aube qui doit lui succéder ;
fatigue du ciel quand il est étain
et fatigue aussi du ciel indigo !

Je délace ma sandale martyre
et, tresses dénouées, demande à dormir.
Perdue dans la nuit, j’élève vers Toi
cette clameur-1à que tu m’as apprise :
Notre Père qui es aux cieux,
pourquoi m’as-tu donc oubliée !

(Gabriela Mistral)

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