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Posts Tagged ‘étau’

PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
PRÈS D’UNE TOUR SARRASINE, POUR MON FRÈRE DISPARU

J’habitais un clair
coquillage de mer
et dans le lointain j’entendais croître les coeurs
de mon âge battant
avec le mien. Coeurs de dieux ou de bêtes, craintives
ou diaboliques : fables contraires à
l’esprit. Les étaux attentifs
des pièges obscurs
pour renards loups et hyènes,
sous la lune au voile lacéré
se déclenchèrent peut-être pour nous,
coeurs de violettes délicates, coeurs
de fleurs hérissées. Oh ! nous ne devions pas naître
et descendre du son : le sombre tonnerre
dans l’arc-en-ciel d’air et de pierre
grondait à l’oreille de la mer une
enfance erronée, héritage de songes
à rebours, à la terre de mesures
abstraites, où chaque chose
est plus forte que l’homme.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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L’étau (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Illustration: Edvard Munch
    
L’étau

L’un contre l’autre
réduisant nos silences
en miettes

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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La moelle des villes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



La moelle des villes

S’enfoncer dans l’étau d’une ville
Longer les parois de sa nuit
Marcher sur sa membrane d’asphalte
Avancer sous la dalle de son ciel
Arpenter ses méandres
Tressaillir de son cri

Forer l’os des solitudes
Se heurter au mutisme des seuils
Frôler l’arbre aux aguets

Se glisser dans la texture
Des pierres
Pénétrer la trame
Des murailles
S’imprégner des noces
Du fleuve et des pavés

Débusquer ses lueurs
Puiser sources sous son gravier
Faire émerger la Ville
De ses suaires

S’infiltrer dans sa moelle

Lui faire jour
Se faire jour !

(Andrée Chedid)


Illustration: Gottfried Salzmann

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On n’a jamais dit la haute blessure (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

(Zéno Bianu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Où se trouve l’eau claire de ses yeux (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Illustration

    
Où se trouve l’eau claire de ses yeux —
Mes mains sont si chaudes et si sèches —
et l’eau claire de sa voix —
ma gorge dans un étau.
Ça ne peut pas durer toujours
ces heures brûlantes —
ma voix est rauque,
mes yeux éteints.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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MALGRÉ TOUT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018




    

MALGRÉ TOUT

Traîne-moi avec des chaînes sur les pierres
Enfonce les torrents et les mers dans ma gorge
Comme un coquelicot mets ton fer sur ma gorge
Fais chanter mes genoux dans l’étau des murailles
Blanchis mes os comme un chien du désert
Porte mon crâne à deux mains lampe brisée
Allume-moi torche vivante aux carrefours
Crucifie-moi à la voilure des navires
Aux fenêtres des maisons en partance
O flamme lèche-moi comme une poutre basse
Ecrase-moi de tout ton poids triste saison
Recouvre-moi de feuilles mortes
Je ne parlerai pas
Je ne sais pas ce que tu veux me faire dire
Je suis innocent de tous mes crimes
Je suis fermé à la parole
Je suis un grand silence qui bouge
Je n’ai pas à te rendre compte de mon amour.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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L’AIR FERMÉ (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



L’AIR FERMÉ

étau de tête

la force limite
nette
de plus en plus vite
la tête va heurte
dans la force qui serre

dans la cage
de plus en plus vite
le coeur bat

coeur serré
tête fermée

double tour

***

on patiente

et le poids s’en va
on ne sait pas pourquoi
il s’éloigne
un peu

reste une douleur
comme un remous
une agitation trouble
et quelques mots
reviennent

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

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DANS LA NUIT DES DONJONS JE NE PUIS PAS CHANTER ARTHUR EXIMA Á MARCIUS (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
DANS LA NUIT DES DONJONS JE NE PUIS PAS CHANTER ARTHUR EXIMA Á MARCIUS

Dans la nuit des donjons je ne puis pas chanter;
Dans l’étau de la peine il est dur de sourire :
Quel oiseau prendrait son essor l’aile brisée?
Quel coeur ensanglanté pourrait se réjouir?

***

IN DUNGEONS DARK I CANNOT SING ARTHUR EXIMA TO MARCIUS

In dungeons dark I cannot sing,
In sorrow’s thrall ’tis hard to smile:
What bird can soar with broken wing?
What heart can bleed and joy the while?

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Haute Blessure (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



on n’a jamais dit la haute blessure

le besoin de pleurer jusqu’au sang
et la gorge prise
dans l’étau de lune

la plaie si douce
et les ténèbres renversées

on n’a jamais dit

tous les mots du monde
écorchant d’un coup les nerfs

et le chemin qui se perd
au plus noir d’aimer

(Zéno Bianu)

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L’Infini (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2016



L’Infini

Peut-être
Etait-ce cela
Un destin
Souffrir
Dans l’étau
Le vertige des silences
Leurs lacs de mort
Puis ouvrir son cœur
Si pur
Si droit dans l’Infini
Et sentir la douceur du monde
Ce souffle
Où palpite la chair du cœur
Où palpite
La saveur des choses
Monde du passage
Et du combat
Ce monde où la vie est creuset
D’un Amour
Or
De l’Âme immortelle
Tout entière Son Infini

(Kristel Saint-Cyr)

Découvert ici: https://kristelsaintcyr.com//

Illustration: William Blake

 

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