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Poésie

Posts Tagged ‘étendre’

LA MER (Norge)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018


 


LA MER

Il est difficile de peindre la mer,
mais il est simple de peindre des vagues.
Toutes les couleurs conviennent,
elles sont toujours justes,
car il existe des vagues de toutes les couleurs.
Voilà pourquoi l’artiste dessine beaucoup de vagues,
puis il étend des jaunes, des bleus, des verts, des gris, des bruns mêmes.
Enfin, il peint le sentiment.
C’est le plus important pour la mer.

(Norge)


Illustration: Geneviève Goulley

 

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COMMENT PEUX-TU (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



 

Adam Tan

COMMENT PEUX-TU

Comment peux-tu t’enfermer
Dans l’insignifiance
A étendre la solitude infinie
Dans une poitrine
Un coeur qui lance des étincelles

Tu as soif, tu as froid
Tu as une faim de souffrance
Qui nourrisse la tienne

Je ne puis porter aucune, ombre
Marcher nu
Parmi les fantômes

Image confuse — vaisseau perdu
Qui surprend les vents
Je cherche un soleil
Un visage effacé
Dans toutes les nuits

Je ne puis me rappeler
En portant top terrible amour
Comment un ciel antérieur
S’ouvre sur l’abîme
Des oiseaux et de la mer

Comment les anges se brisent
Au contact de l’immense liberté

(Georges Themelis)

Illustration: Adam Tan

 

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Chagrin d’enfant (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: William Blake
    
Chagrin d’enfant

Ma mère gémit, mon père pleura ;
Je sautai dans ce monde dangereux,
Désarmé, nu, pépiant à tue-tête
Comme un démon caché dans un nuage.

Me débattant dans les mains de mon père
Me démenant dans mes langes
Ficelé et las, je préférais
Bouder sur le sein de ma mère.

Quand je vis que la rage était vaine
Que bouder ne servirait de rien
Après bien des espiègleries et des ruses
Je commençai à m’apaiser et à sourire.

Je m’apaisai de jour en jour.
Le moment vint où je tins debout sur le sol
Et je souris nuit par nuit
N’ayant de but que le plaisir.

Et je vis devant moi briller
Des grappes de la vigne sauvage
Et nombreux, des arbres et des fleurs charmants
Étendirent sur moi leur floraison printanière.

Mon père alors, avec les yeux d’un saint,
Un livre saint dans les mains
Prononça des malédictions sur ma tête
Et me lia à l’ombre d’un myrte.

***

INFANT SORROW

My mother groand! my father wept.
Into the dangerous world I leapt:
Helpless, naked, piping loud;
Like a fiend hid in a cloud.

Struggling in my fathers hands:
Striving against my swadling bands:
Bound and weary I thought best
To sulk upon my mothers breast.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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La Caresse (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



La Caresse

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes… Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

 

 

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LA CARESSE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

LA CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes…. Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

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ET AUTRE CHOSE ITOU (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



Illustration: François Boucher
    
ET AUTRE CHOSE ITOU

Colin et Colinette
Au fond d’un jardinet.
Assis dessus l’herbette
Se faisaient un bouquet…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Il la prend, il la baise,
L’étend sur le gazon,
Et là tout à son aise
Lui saisit le menton…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

La bergère troublée,
Lui die d’un air malin :
« Ah ! Que je suis aimée !
Retire donc ta main…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout ! »

Mais le berger peu sage,
Ecoutant son ardeur.
Lui fit voir qu’à son âge
On a toujours du cœur…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Après mainte fleurette,
Notre couple badin
S’endormit sur l’herbette
En se tenant la main…

Et autre chose itou.
Que je nose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

(Anonyme)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Poème (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Illustration: Leslie Allen
    
Poème

Le voeu
ne pouvant suivre
l’étoile
filante
dans la couleur
de la nuit se lève
un poème
qui tandis que s’effacent
les contours
du jour
étend le silence jusqu’à
ce que ne peut atteindre
le bruit des mots.

***

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Ce souvenir que l’on cache (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Ce souvenir que l’on cache dans ses bras, à travers la fumée et les cris,
Comme une jeune femme échappée à l’incendie,
il faudra bien l’étendre dans le lit blanc de la mémoire, aux rideaux tirés,
Et le regarder avec attention.
Que personne n’entre dans la chambre!
Il y a là maintenant un grand corps absolument nu
Et une bouche qu’on croyait à jamais muette
Et qui soupire : e Amour », avec les livres mêmes de la vérité.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’églantine (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

L’églantine

Églantine ! Humble fleur, comme moi solitaire,
Ne crains pas que sur toi j’ose étendre ma main.
Sans en être arrachée orne un moment la terre,
Et comme un doux rayon console mon chemin.
Quand les tièdes zéphirs s’endorment sous l’ombrage,
Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants,
Quand l’ombre se répand et brunit le feuillage,
Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants.

Mais ton front, humecté par le froid crépuscule,
Se penche tristement pour éviter ses pleurs ;
Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule,
Et le soir a changé ta forme et tes couleurs.
Rose, console-toi ! Le jour qui va paraître,
Rouvrira ton calice à ses feux ranimé ;
Ta mourante auréole, il la fera renaître,
Et ton front reprendra son éclat embaumé.

Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l’ombre
Je me cache et je cède à l’abandon du jour ;
Mais un rayon d’espoir enchante ma nuit sombre :
Il vient de l’autre rive… et j’attends son retour.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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Grande bête dorée, Amour couleur de femme (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Grande bête dorée, Amour couleur de femme

Grande bête dorée, Amour couleur de femme
Les bras ouverts, debout au milieu du chemin
Que faites-vous de moi dans cette blanche flamme ?
Soutiendrais-je longtemps son éclat inhumain ?

Laissez donc ma sagesse étendre un peu ses ailes,
Passer ce bel oiseau sur mes livres déserts ;
Laissez aller mon chant à des amis fidèles
Et battre ce coeur dur quand je forme un beau vers.

Je retrouve partout votre force pliante
Vos longues mains, partout vos mains toutes-puissantes,
Ces délices sur moi sans que j’ouvre les yeux

Hélas ! et ce plaisir où le corps se dénoue,
– Comme un soldat fuyard s’empêtre dans la boue
Tombe parmi les morts et se perd avec eux.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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