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Poésie

Posts Tagged ‘éternelle’

L’HISTOIRE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




L’HISTOIRE

Comme l’histoire au monde
par moments apparaît triste
le dîner lourd refroidit
le tribun ne revient pas
sa maîtresse suit ses rêves
plus tard
c’est l’arrachement
la fusillade étouffée
les cloches d’un grand congrès
sur lequel la nuit tombe
alors que dans les champs
de son enfance éternelle
le poète se promène
qui ne veut rien oublier.

(Jean Follain)

 

 

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Nos regards s’aiment enfin (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


regards

Un instant nous nous regardons dans les yeux,
nos regards s’aiment enfin
dans le nid profond d’une éternelle seconde
(cette seconde, j’en suis sûr,
je la retrouverai dans l’au-delà), puis
faisant semblant de rien
elle détourne les yeux.

(Henri-Frédéric Blanc)

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LE CHANT DU DRAGON (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




LE CHANT DU DRAGON

Guêtres de cuir noir aux jambes fines
de ce garçon
ragoût amer
que laissèrent brûler, ô femme, vos mains blanches
et qu’il mange
avec une fourchette d’étain
au milieu des lueurs éternelles
et l’on voit remuer ses longs cils
l’on voit ses boutons blancs
lutter contre la nuit
puis l’on entend sa toux songeuse
qui se mêle aux abois
de grands chiens aux poils violacés
leurs gueules vers les étoiles.
C’est alors que dragon du convoi
il se lève et va vers les autres
assis sur les puits
et seul il entonne la romance qui monte
et fait sous le large ciel vert
trembler les rats dans leur royaume.

(Jean Follain)

Illustration: Ernest Meissonier

 

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Sieste éternelle (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2022



Sieste éternelle

Le blanc soleil de juin amollit les trottoirs.
Sur mon lit, seul, prostré comme en ma sépulture
(Close de rideaux blancs, oeuvre d’une main pure),
Je râle doucement aux extases des soirs.

Un relent énervant expire d’un mouchoir
Et promène sur mes lèvres sa chevelure
Et comme un piano voisin rêve en mesure,
Je tournoie au concert rythmé des encensoirs.

Tout est un songe. Oh! viens, corps soyeux que j’adore,
Fondons-nous, et sans but, plus oublieux encore;
Et tiédis longuement ainsi mes yeux fermés.

Depuis l’éternité, croyez-le bien, Madame,
L’Archet qui sur nos nerfs pince ses tristes gammes
Appelait pour ce jour nos atomes charmés.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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TRAGIQUE DU TEMPS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022




TRAGIQUE DU TEMPS

La porte si forte des prisons
le vent passe dessous quand même
parfois aussi un pâle soleil
en un vieux temps nuance les plis
d’une robe de bourreau.
Dans un bourg de vacances
commence à jouer une harmonie
tandis qu’ayant posé sa houe
assis un journalier contemple
les exécutants pacifiques
voués au massacre
dans l’année
disant croire à leurs âmes éternelles
à leurs corps ressuscitant.

(Jean Follain)

Illustration: Maurice Denis

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Lorsqu’un ramier s’envole (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

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Lorsqu’un ramier s’envole on voit la branche
Qui se redresse et quelque temps encore
Reprend sa courbe sans pouvoir
Se résoudre à quitter ce contour qui ressemble
A la courbe éternelle d’une hanche.

(Franz Hellens)

Illustration

 

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MER ÉTERNELLE (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



MER ÉTERNELLE

Nous disons que la mer n’a pas de commencement
Elle commence là où tu la rencontres pour la première fois
et vient de tous côtés à ta rencontre

***

MAR ETERNO

Digamos que no time comienzo el mar
Empieza donde to ballas por vez primera
y te sale al encuentro por todas partes

(José Emilio Pacheco)

Illustration: Thomas-Alexander Harrison

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CHÂTEAUX EN ESPAGNE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



CHÂTEAUX EN ESPAGNE

Je rêve de marcher comme un conquistador,
Haussant mon labarum triomphal de victoire,
Plein de fierté farouche et de valeur notoire,
Vers des assauts de ville aux tours de bronze et d’or.

Comme un royal oiseau, vautour, aigle ou condor,
Je rêve de planer au divin territoire,
De brûler au soleil mes deux ailes de gloire
À vouloir dérober le céleste Trésor.

Je ne suis hospodar, ni grand oiseau de proie ;
À peine si je puis dans mon coeur qui guerroie
Soutenir le combat des vieux Anges impurs ;

Et mes rêves altiers fondent comme des cierges
Devant cette Ilion éternelle aux cent murs,
La ville de l’Amour imprenable des Vierges !

(Emile Nelligan)


Illustration: Marie-Pierre Kuhn

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À LA PROVENCE (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020




À LA PROVENCE

Lorsque je m’interroge et que je cherche en moi
Et le peu que je suis et d’où me vient mon âme,
Provence, c’est à toi que je songe, et je crois
Que tu mis dans mon coeur vraiment toutes tes flammes.

Oui, quand je cherche, au fond de moi-même, d’où sort
La brise de tiédeur qui souffle dans ma tête,
Les chants dont je ne puis retenir les essors,
D’où vient le carillon des éternelles fêtes

Dont de lointains clochers sonnent en moi les jours,
D’où vient cette jeunesse et cette simple joie,
Je me dis bien souvent que c’est toi qui l’envoies,
Provence, tout cela, dans des bouffées d’amour.

(Emile Ripert)

Illustration: Christian Guinet

 

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La petite Rosalie (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



La petite Rosalie peigne ses cheveux odorants
Le vent le vent passe à travers les rideaux de tulle
La petite Rosalie n’a ni amie ni amant
Le vent le vent s’attelle à la charrue du houx

La petite Rosalie joue à la marelle
Le vent le vent gonfle la voile des navires
La petite Rosalie n’a pas de chance au jeu
Le vent le vent se met en boule et fait ron-ron

La petite Rosalie passe ainsi tous les jours
Le vent le vent s’épuise aux tôles de cheminées
La petite Rosalie chantonne une chanson pas bien gaie
Le vent le vent change de nom et de direction

Avant l’hiver c’était l’automne
Avant l’automne l’été le printemps
La petite Rosalie deviendra la vieille Rosalie
Le vent le vent soufflera sur ses engelures

La vieille Rosalie décomptera ses amours
Le vent le vent se fatiguera aux éternelles semailles
La vieille Rosalie enfin mourra
Le vent le vent soufflera sur son tombeau

Et qu’est-ce que cela peut bien nous faire.

(Robert Desnos)

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