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Poésie

Posts Tagged ‘étincelant’

Conte russe (Boris Zakhoder)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Conte russe

Dans une plaine à l’infini
Tout était blanc absolument,
Les neiges recouvraient la plaine
Depuis l’origine des temps.
Au milieu de la blanche plaine
Se dressait un palais tout blanc:
Toiture et murs, portes de glace
Et grand perron de marbre blanc.

A l’intérieur tous les plafonds
Et le sol allait blanchissant:
Plein de chambres, de salles blanches
Et d’escaliers étincelants.

Là, dans la plus blanche des salles,
Calme et sans souci, tel un loir,
Sur le plus blanc des édredons
Dormait un chat – un chat tout noir.

Plus noir que l’aile d’un corbeau,
De la queue jusqu’au fond du coeur,
Noir par dessus, noir par dessous,
Plus noir encore que la noirceur!

(Boris Zakhoder)

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Je suis un nuage (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



Je suis un nuage, un nuage dans le ciel au dessus de la terre.
Je fus en cette matinée merveilleuse et vais bientôt être effacé.
Je suis si heureux de ne vivre que cette matinée,
que je naisse et meure avec elle
et que ce soit l’étincelant soleil qui me fasse mourir.

***

Jag är en sky, en sky i jordens himmel.
Jag blev till denna underbara morgon och skall strax
utplånas igen.
Jag är så lycklig över att jag bara lever denna morgon,
att jag föds och dör med den
och att det är den strålande solen som skall komma
mig att dö.

(Pär Lagerkvist)

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LYDIA (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



LYDIA

Lydia, sur tes roses joues,
Et sur ton col frais et plus blanc
Que le lait, coule étincelant
L’or fluide que tu dénoues.

Le jour qui luit est le meilleur :
Oublions l’éternelle tombe.
Laisse tes baisers de colombe
Chanter sur tes lèvres en fleur.

Un lys caché répand sans cesse
Une odeur divine en ton sein :
Les délices, comme un essaim,
Sortent de toi, jeune Déesse !

Je t’aime et meurs, ô mes amours !
Mon âme en baisers m’est ravie.
O Lydia, rends-moi la vie,
Que je puisse mourir toujours !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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La matière-existence (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
La matière-existence est partout,
à l’intérieur,
à l’extérieur des corps,
tramée de pensée,
de carbone et de temps.
Elle est,
et se déploie
afin que chacun
vienne y puiser son dû.
Ondulante et imaginative,
elle fourmille de protubérances,
de réseaux
et d’étincelants départs.
Les êtres vivants y puisent,
à chaque pico-seconde,
l’élan
qui fera que le processus vital
se déroulera
comme imprévu,
que les artistes tisseront là
le taffetas de leurs rêves,
en mots,
formes et couleurs,
la matière
des cauchemars de la nuit,
des espoirs du jour.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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La Réalité (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



– Je suis un homme positif, me dit mon compagnon de voyage.
Je ne rêve pas. Je ne m’intéresse qu’au réel, les mathématiques, la chimie.
Désignant le revêtement de la banquette, il continue :
– Ceci est du plastique. Il vient du pétrole. Il a une formule chimique.

Il fait chaud. Le bruit régulier du chemin de fer m’a-t-il endormi ?
Je touche l’aluminium de la poignée de porte, il devient une multitude de cristaux étincelants
géométriquement emboîtés les uns dans les autres.
Je ne m’étonne pas.
La vitre effleurée se transforme en sable brillant d’éclats de silex,
tout le compartiment est traversé par le désert, les yeux me piquent : le vent se lève,
il apporte le galop bizarre des chameaux, les cris des Bédouins.
Je m’accroche à la banquette, un instant elle est poisseuse de pétrole
qui se métamorphose en une forêt vieille de millénaires, qui ressuscite,
sent le feuillage sous le soleil,
grandit, grandit, remplit le désert où les Bédouins se sont évanouis.
– Nous sommes arrivés me dit mon compagnon de voyage.
Il ne sait pas que j’ai vu la réalité.

(Frédéric Kiesel)

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PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE

illustres galants, je vous donne un bon conseil,

Prenez garde à la jolie Anne ;
Sa figure avenante est si pleine de grâce,

Qu’elle vous attrapera le cœur.
Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,

Sa peau est comme le cygne ;
Sa taille élégante est si mince dans son corsage,

Qu’aisément elle tiendrait dans vos deux mains.

La jeunesse, la grâce et l’amour marchent à sa suite,

Et le plaisir mène l’avant-garde ;
Dans tous leurs charmes, et sous leurs larmes victorieuses,

ils accompagnent la jolie Anne.
Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,

Mais l’amour asservit l’homme ;
Beaux galants, je vous avertis tous ,

Prenez garde à la jolie Anne.

[…]

Quel homme ne doit céder à la beauté

Dans son armure d’oeillades, et de rougeurs, et de soupirs

Et quand l’esprit et l’élégance ont poli ses dards,

Ils éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs

Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l’œil étincelant
A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]

Et le cœur palpitant d’amour, quand elle me serre dans ses bras,
Oh ! Voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle !

(Robert Burns)

 

 

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LE RIRE DU ROI DU DADA (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

cimetiere

LE RIRE DU ROI DU DADA

Ordre du jour numéro 35 :
Subitement il est apparu
Que le rouge du soir
Est dangereux pour l’Etat.
C’est pourquoi on enfermera
Le rouge du soir chaque fois
Qu’il apparaîtra,
Dans la mer noire.
Sur la mosaïque dorée du cimetière
Brille un rouge du soir
Etincelant.
Un cheval solitaire se promène
Par le champ.
Magie du rouge du soir.
Le cheval est mélancolique.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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Alors je t’ai vue (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Illustration: Margot Lovinger
    
Alors je t’ai vue —
Dans toute cette lumière,
la chambre comme une fleur fermée
soudain éclose s’est mise à briller,
des rubans de lumière volaient tout autour.

J’étais immobile je ne pensais rien,
tu as levé les yeux et le vent
s’est engouffré dans ma tête,
comme il se lâche l’été
au dessus d’un vaste, vaste champ,
dans un vaste pays ouvert —
j’étais alors dans cette chambre
cette chambre rouge ponctuée d’or
que la lumière dorée traversait sur des ailes
ailes battant ailes chassant ailes ramant
dans l’air tendre
dans l’air frémissant
dans l’air qui fuit si tu insistes —
écoute écoute écoute oh j’écoute,
ta voix de gorge fragile et sèche,
qui s’élève puis se calme
tout près de moi, je sentais ta chair tendre,
ta chair qui irradiait, nature morte,
j’étouffais sous ton regard
ce regard nu étincelant
ce calme mouvement de tête
ce tremblement ce mouvement
de tes mains et ta tête et ton pied
comme aujourd’hui encore.
Oh si seulement je trouvais
la rapide déferlante rivière de mots étoilés
Pour tout dire
avant de m’effacer
de la vie où j’ai tant erré.

Mais o couleur étincelante
derrière les grandes portes lumineuses
de l’été soleil,
et toute la clarté lumineuse,
la haute messe sacrée
des jours
et la lumière dorée et le crépuscule
dans la chambre rouge
où elle se tenait alors
son corps de verre
si transparent, si léger,
ensemble pour toujours
en moi qui l’ai vue
en ce jour d’un clair rouge doré blanc.

Car il ne me reste qu’à frémir
me dissoudre
dans des mots afin qu’il ne reste rien
que sa lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Sel clair (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018




    
Sel clair

Matins étincelants
Ô l’algue des rosées

Et le large
Respire
Proche par le sel
Des corps requalifiés

On marche par marées
D’un pas
À l’autre par soif claire

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Pierres oubliées (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




… pierres oubliées et femmes condamnées
se rejoignent à travers le temps
d’astres et de monstres étincelant.

(Jean Follain)

Illustration: Giorgio de Chirico

 

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