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Étincelante étoile (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



Étincelante étoile

Étincelante étoile ! Que ne suis-je aussi immuable que toi —
Non que je veuille, comme toi, en une splendide solitude
suspendu au faîte de la nuit,
Suivre du regard, les paupières éternellement ouvertes,
Tel l’Ermite de l’univers qui veille infatigablement,
Le mouvement des eaux qui, en leur tâche rituelle,
Baignent de leur pureté lustrale les rivages humains de la terre,
Ou contempler le masque léger que la neige nouvelle
A posé sur les montagnes et les landes —
Non ! — et pourtant, toujours immuable, inaltérable toujours,
La joue appuyée sur la jeune gorge blanche de la beauté que j’aime,
Que ne puis-je épouser à jamais la douce houle de sa poitrine,
A jamais demeurer éveillé en une délicieuse inquiétude,
Sans cesse, sans cesse, l’écouter reprendre tendrement son souffle,
Et ainsi vivre toujours, ou bien me pâmer et mourir.

***
Bright star

Bright star ! would I were steadfast as thou art —
Not in lone splendour hung aloft the night,
And watching, with eternal lids apart,
Like Nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors —
No — yet still steadfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.

(John Keats)

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RÉPIT EN JUILLET (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



RÉPIT EN JUILLET

Il est couché sous les grands arbres
et là-haut lui aussi. Il se répand en milliers de rameaux,
se balance d’avant en arrière,
assis sur un siège éjectable qui se déclenche dans l’instant.

Il est là-bas près des pontons, cligne des yeux lorsqu’il regarde l’eau.
Les pontons vieillissent plus vite que les hommes.
Ils ont du bois argenté et des pierres dans le ventre.
La lumière aveuglante s’y enfonce pourtant.

Il vogue tout le jour dans un bateau ouvert
sur les baies étincelantes
finit par s’endormir dans une lampe bleue
tandis que les îles rampent sur le verre, comme de grands papillons.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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