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Poésie

Posts Tagged ‘étincelle’

Bâtir le royaume à mains nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
Bâtir le royaume à mains nues
Sur les cailloux entrechoqués
De l’habitable étincelle

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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La lumière que tu cherches (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2017



La lumière que tu cherches
Elle n’est pas dans l’eau vive
Qui s’écoule de tes doigts

Elle n’est pas dans la flamme
Où seul ton corps se consume

Ne la cherche pas dans la nuit
Ni dans ce qui étincelle
A la surface du jour

Ce qui crépite et brasille
Meurt et s’éteint aussitôt
L’or pourrit sous les étangs
La lune habille des ombres

La lumière que tu cherches
Elle n’est pas dans tes mains
Elle est au bout du chemin

(Marcel Béalu)

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Des mots (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2017



Des mots
tu connais l’étincelle

Tu saisis les cris d’oiseaux funambules
dans les rebonds du vent

A l’orée du chant
tu ramasses des copeaux de silence
pour le brasier des voix

Tu écartes du paysage
un reflet qui doute

Et aucun jour ne passe
sans que tu aies trouvé
de chaque ombre
la lumière.

(Alain Boudet)

 

 

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POULS (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

POULS

Les larmes qui passent, devenant
notre domaine,

le conseiller bien intentionné
elles attendent, attendent !

L’opacité qui s’est glissée
sur l’oeil,

la bouche chaude, arche de désir,
asséchée par le sel,

la langue enracinée qui a imité
la libre alouette,

la névrose lasse qui
pourtant ne s’arrête,

et moi, et toi,
et tous les hommes renards,

tous les hommes pourchassés,

et seulement pour un instant,
de temps à autre,

la rencontre féroce devant
le portail brisé,

la lampe qu’on se passe en vitesse
de la main à la main,

le soupir haletant et
le contact, l’étincelle,

l’élan qui, en un battement de pouls,
laisse la main

bondir comme un poisson hors du filet
en bataille de la nuit !

***

PULSE

The tears that pass, becoming
our estate,

the well-intended counsel
wait and wait!

Opacity that crept
upon the eye,

the hot mouth, arch of want,
grown salty dry,

the rooted tongue that copied
the free lark,

the tired neurosis that
still never stops,

and I, and you,
and all foxlike men,

and all hunted men,

and only for one moment,
now and then,

the fierce encounter at
the broken gate,

the lantern quickly snatched
from hand to hand,

the gasping whisper and
the touch, the spark,

the flush that, for one pulse beat,
lets the hand

leap fishlike from the struggling
net of dark!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Il fait noir (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



Willy Verginer -art-5-640x960 [800x600]

Il fait noir

Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ,
Dors… en attendant venir toutes celles
Qui disaient : Jamais ! Qui disaient : Toujours !

Entends-tu leurs pas ?… Ils ne sont pas lourds :
Oh ! les pieds légers ! — l’Amour a des ailes…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !
Entends-tu leurs voix ?… Les caveaux sont sourds.

Dors : il pèse peu, ton faix d’immortelles;
Ils ne viendront pas, tes amis les ours,
Jeter leur pavé sur tes demoiselles…
Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles !

(Tristan Corbière)

Illustration: Willy Verginer 

 

 

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Que la joie soit étincelle (Yves Broussard)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



Que la joie soit étincelle
Nous brûlerons au feu commun

(Yves Broussard)

Illustration

 

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Quel est ton secret (Eve Saint-Prix)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



 

Quel est ton secret

Dis, quel est ton secret, belle âme, dis-moi tout
Ouvre-toi à mon coeur, écris le moi partout
Sur ma peau, sur mon âme, au fond de mes prunelles
Dis-moi donc les raisons de ton âme éternelle

Raconte-moi les pleurs, les rires, les tourments
Ce tu aimais faire quand tu étais enfant
Dis-moi donc de ta vie les ressorts compliqués
Et tous les errements où tu t’es impliqué

Je veux qu’en moi ta vie s’inscrive, qu’elle dessine
Les chemins d’un destin et d’une âme divine
Dont je chéris déjà les merveilleux contours

J’avoue, tu me ravis, j’aime cette étincelle
Que je vois tant briller au fond de ta prunelle
De ton âme adorée je voudrais faire le tour

(Eve Saint-Prix)

 

 

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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NE VIENS PAS AVEC TOUTE LA VÉRITÉ (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



NE VIENS PAS AVEC TOUTE LA VÉRITÉ

Ne viens pas avec toute la vérité,
ne viens pas avec l’océan pour ma soif,
ne viens pas avec le ciel quand
je demande une lampe,
viens avec une étincelle,
de la rosée,
un flocon,
comme les oiseaux emportent
des gouttelettes après le bain
et le vent un grain de sel.

(Olav H. Hauge)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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Les Vieux (Renée Rivet)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



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Les Vieux

Le vieux est assis dans la cuisine.
Ses yeux ont la même couleur que le vieux fauteuil.
Sa main posée sur la table est une étrangère, un gros nœud tout seul.
Le vieux creuse une idée.

Le feu et le chien se regardent.

La vieille éveille mille souris
– mille besognes surgissent dans tous les coins.

Le balancier de l’horloge va de l’un à l’autre…
D’année en année, l’ombre des arbres a envahi la pièce.
Et maintenant il y fait mi-jour même en plein été.

La vieille monte vite vite l’étroit escalier.
Où en est la provision de soleil ?
La fenêtre du grenier est si petite,
si bas contre le sol, juste pour une tête d’enfant.
Le lit craque de lavande sèche.
Des enfants ont laissé leur ombre,
des enfants font encore la ronde dans les murs.

La vieille redescend précipitamment, elle a dérobé une pomme,
elle l’enfouit au fond de sa longue poche,
comme si quelqu’un allait lui faire des reproches…

Le vieux n’a pas bougé, il tourne un peu la tête,
puis lentement il reprend le cours de son idée.
Ses joues sont un peu plus creuses que tout à l’heure.

Un calendrier suspendu par un ruban bleu très pâle
fait une tache insolite sur le mur.
Des visages montent de la profondeur de la pierre.

La vieille fait briller ses bougeoirs, et ses doigts
s’allongent s’allongent dans l’univers métallique.
Elle a donné toutes les étincelles de ses yeux à son vieux cuivre…
Elle y a enfermé toute l’eau du printemps,
tout le soleil des feuilles…

Le vieux reprend sa main posée sur la table,
comme un fardeau il la met sur son genou.
Sa tête penche, elle non plus il ne sait trop où la mettre.

Le chien s’aplatit contre le sol.
Le feu est bas, une petite frange de coquelicots surgit timidement de la souche de bois.
Dans l’œil du chien subsiste une petite, toute petite lueur.
Il essaye de maintenir la vie, mais la vie s’échappe
et le vieux a perdu son idée.

La vieille est raide sur sa chaise, solennelle pour personne.
Soudain elle n’a plus rien à faire.
Elle trouve que l’éternité met du temps à venir…

Le balancier va toujours doucement, de l’un à l’autre.
Depuis longtemps, ils ne se parlent pas autrement.

(Renée Rivet)

Illustration: Carl Kronberger

 

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