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Posts Tagged ‘étincellement’

Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi:
et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours.

Le Royaume de Dieu est en nous.
Si tu possèdes dès cette terre un royaume en toi,
pourquoi craindre de tomber dans la pauvreté?

Je ne suis pas hors de Dieu, Dieu n’est pas hors de moi:
je suis son éclat et sa lumière, et Il est ma parure.

Je suis le vase de la Déité, où elle se répand;
elle est ma mer profonde, qui me contient en elle.

Je suis le temple de Dieu, et le tabernacle de mon coeur
est le saint des Saints, quand il est vide et pur.

Les portes de ta cité, mon Dieu, sont de perles fines:
quel étincellement dans mon esprit, ton temple!

Un coeur qui se contente de l’espace et du temps
ne connait pas, en vérité son infini.

Agrandis ton coeur, Dieu y entrera:
tu dois être son royaume, Il veut être ton roi.

(Angelus Silesius)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Mille diamants s’éparpillaient sur la rivière (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Mille diamants
s’éparpillaient sur la rivière,
en une profusion joyeuse

Et moi qui me baignais,
j’étais l’un d’eux,
je n’étais pas plus grand
et pas moins éclatant
qu’un diamant

L’eau venait vers moi
avec cette vivacité heureuse
qui la caractérise,
elle, la toujours-jeune,
la vierge éblouissante,

puis elle m’entourait
de ses bras légers
pour que je brille
avec plus d’éclat encore

N’étais-je pas son enfant
qui voulait grandir sans frein,
parmi l’étincellement de ses frères,

et ne m’aidait-elle pas à croître,
grâce à l’huile du consentement
dont elle imprégnait mon âme
autrefois déchirée
par les cailloux du remords
et maintenant pacifiée,

baignant dans une lumière
sans lacunes ?

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Paul Sérusier

 

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La merveille (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



La merveille

La merveille
les feuilles trempées de ciel
les fleurs les pierres noires
l’étincellement des collines
et les voix de ces quatre jeunes filles
comme des hirondelles
qui se croisent

au-delà
l’immensité délectable
au-delà au-delà du délectable
la percée
immobile

le consentement
à l’infime
à l’immense

la gaieté lumineuse des cimes

le silence en nous qui s’ouvre
et qui consent

maintenant
que tout commence

et le oui de l’âme
qui apprend à n’être

à naître.

(Jean Mambrino)

Illustration: Bo Bartlett

 

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Le Jardin de la Présence (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016




Le Jardin de la Présence

La Présence est lente
Elle a besoin du moment infini
Pour abolir les contours du temps
Les prisons de l’espace.
Elle a besoin de creuser la seconde
Pour entrer dans une action simple:
Arroser la plante assoiffée,
Cirer longuement la table, et la polir
Jusqu’à son ultime étincellement.
La Présence est comme une voleuse
Qui se glisse par effraction
Dans le geste le plus humble,
Dans la vision la plus modeste
D’un regard quotidien.
Elle habite pourtant
Depuis l’aube du monde
Chaque cellule vivante
Et se nourrit à chaque instant
De l’existence ordinaire.
Elle brille secrètement
D’une lumière si intense
Que nul ne pourrait s’en saisir
Et en faire une croyance.
Comme un vol d’oiseau
Qui s’enivre de liberté
Elle échappe à la forme
Et la contient toute entière
Elle dissout les vérités
Lorsqu’elles se figent
Et n’est jamais prisonnière.
Mais si le coeur a fleuri
Au soleil de la Présence
Plus rien ne peut l’atteindre
Si ce n’est la joie
Transparente et nue
Qui jaillit de la source
Et danse pour le rien ou le rire
Ou même pour l’illusion
Qui fait croire à la vie.

(Marianne Dubois)

son site ici

Illustration: Josephine Wall

 

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NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2015



NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT

Tant d’obscure parole dissoute dans la lumière –
Graniteuse présence, si sombre son creusement
Dans les cavernes de l’oeil!

(Lorand Gaspar)

Illustration: Tina Palmer

 

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L’identité obscure (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2015



L’identité obscure

C’est comme un feu mais sans feu, sans futur ni passé,
le corps est si léger qu’il semble flotter sur les
heures arrêtées, dans l’étincellement du matin,
je l’appelle le présent, ce feu, il est partout,
il est insaisissable, la main se tend, ne touche
qu’un vide qui lui ressemble, une sorte d’ombre claire,
l’envers des choses qui s’effacent et qui jaillissent,
dessinent sur les yeux le leurre de leur présence,
je sais qu’elles ne sont pas et pourtant je prononce
leur nom, ce souffle d’air qui les fait durer un peu
le temps de croire que plus que moi elles demeurent
peuplant l’espace que je traverse et que je laisse,
table, dis-je, voilier, pins, genoux, eucalyptus …

(Jacques Ancet)


Illustration

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