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Poésie

Posts Tagged ‘étirer’

Mon coeur (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



D’un claquement j’ai étiré la chemise
et tandis qu’elle sèche mon coeur au soleil
devient transparent de blancheur

(Tawara Machi)

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Onctueux le chat (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Onctueux le chat
se coule dans un rêve
lui impose son rythme

Liquide il abolit
la densité des os
étire son squelette

Au creux des arbres
il flaire ses origines
feuillage et pelage

Son royaume sans âge
de courbes et frémissements
et d’envols furtifs

Vigilant fainéant
s’endort attentif
au silence des oiseaux

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Parabole (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



Illustration: René Baumer
    
Parabole

Le poète imite les voix des oiseaux
il étire son long cou
et sa pomme d’adam saillante
est comme un doigt maladroit sur l’aile de la mélodie

en chantant il croit vraiment
hâter le lever du soleil
la chaleur de son chant en dépend
et la pureté de ses aigus

le poète imite le sommeil des pierres
la tête dans les épaules
il est comme un fragment de sculpture
à la respiration rare et pénible

en dormant il croit que lui seul
percera le secret de l’existence
et que sans l’aide des théologiens
il happera l’éternité de sa bouche assoiffée

que serait le monde
s’il n’était plein
de l’incessant va-et-vient du poète
parmi les pierres et les oiseaux

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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Le lichen sur la pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Le lichen sur la pierre, vrilles
de gomme verte, trame
le plus ancien des hiéroglyphes,
Il étire l’écriture
de l’océan
sur la roche ronde.
Le soleil la lit, les mollusques la mordent,
et les poissons glissent
de pierre en pierre comme des frissons.
Dans le silence l’alphabet
complète peu à peu les signes submergés
sur la hanche claire de la côte.

Le lichen tisserand avec son écheveau
va et vient et monte et monte
en tapissant la grotte d’air et d’eau
pour que la vague seule y danse,
pour que rien n’y arrive que le vent.

(Pablo Neruda)

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Ciel d’orage en août (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



orage  [800x600]

Ciel d’orage en août.
Souffles brûlants.
Nuages noirs.

A l’est pourtant,
une bande bleue, délicate,
transparente.
Impossible de la regarder.

Sa présence est une gêne
pour les yeux et pour l’âme.
C’est que la beauté est insupportable.

Elle nous désespère,
éternité d’une minute
que nous voudrions pourtant étirer
tout le long du temps.

(Albert Camus)

 

 

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Les eucalyptus (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration
    
Les eucalyptus
étirent leurs beaux bras blancs
avec volupté
leur écorce les grattait
ils se sont déshabillés

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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Le mot bleu (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

Le mot bleu fait partie de l’impossible.
Une note colorée déplace le centre.
Cela pourrait être une veste oubliée sur un portail,
Comment entrer dans ce cadre à mille lieues ?
Il n’y a pas de porte.
C’est écrit avec des signes solaires
D’une écriture phénycienne avec des taches de lichen.
Le sphynx étire ses pattes.
Un homme vient de passer.
Il y a des remous. L’air est habité.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Et puis toi si attentive (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
et puis toi
si attentive
tu le vois lui
dans ce monde clos
de ton ventre
sais qu’il ne sait
pas jusqu’où
étirer ses bras
ses jambes
ni où porter son regard
qui n’a jamais vu

(Cédric Le Penven)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Variations autour d’un geste – 2
Editions: Encres Vives

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Les voix (Christine Bonduelle)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Solidaires
les voix
à s’attendre

chercheuses
de chaque côté
du mur

remueuses
de pierres
à tâtons
perceuses
de jour
en trouées

éparses
étirant l’œil
à l’intérieur.

(Christine Bonduelle)

Illustration: Alberto Galvez

 

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L’arbre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



 

L’arbre

L’arbre semble tirer l’arbre de sa nouosité,
qu’il étire comme une essence dure et lente,
un principe de bois dont il fait du bois.

Il est l’arbre abstrait de l’arbre,
le bouquet d’un seul poing serré sur son absence.

Il est l’effort récompensé dans l’effort,
la force lâchée dans la force.

Planté comme une lave de bois
où frémit la pluie de cendre de son vert.

Car l’arbre est surtout beau et puissant
d’offrir en bout de verticalité
la légère versatilité de ses feuilles.

(Laurent Albarracin)

 

 

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