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Posts Tagged ‘étoilée’

Je ne puis pleurer (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Je ne puis pleurer
Moi qui tournant vers toi ma pensée
Contemple un mystère si profond,
Un monde porté sur un souffle
Qui vient dans la vie et va dans la mort,
D’une branche étoilée troublant les feuilles
Sombres. Qui rêve nos vies je ne sais,
Ni en quel pays nous nous rencontrons.

***

I cannot weep
Who, when I turn to you in thought
Behold a mystery so deep,
A world upheld upon a breath
That comes in life and goes in death
Troubling dark leaves upon a starry bough.
Who dreams our lives I do not know,
Nor in what land it is we meet.

(Kathleen Raine)

Illustration: Evelyn de Morgan

 

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Entre la neige d’hier (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



 

Entre la neige d’hier
Et celle d’aujourd’hui :
La nuit étoilée.

***

Between today’s snow
And that which fell yesterday,
A night of bright stars.

(Richard Wright)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Quand j’ai peur (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Quand j’ai peur, parfois, de cesser d’être
Avant que ma main de poète n’ait glané la moisson de
mon cerveau fertile,
Avant que des volumes hautement étagés n’enserrent en
leur texte,
Comme en riches greniers, la moisson bien mûrie;
Quand je contemple sur la face étoilée de la nuit
D’énormes symboles nuageux d’une merveilleuse légende
Et songe que je ne vivrai peut-être pas assez longtemps
Pour en retracer les ombres, d’une main guidée par la
magie des hasards;
Et quand je sens, ô exquise créature d’une heure,
Que je ne poserai jamais plus les yeux sur toi,
Que jamais je ne savourerai le pouvoir ensorcelant
De l’amour insouciant — alors, sur le rivage
Du vaste monde, seul et debout, je médite
Et l’amour et la gloire s’abîment au néant.

***

When i have fears

When I have fears that I may cease to be
Before my pen has glean’d my teeming brain,
Before high piled books, in charact’ry,
Hold like rich garners the full-ripen’d grain;
When I behold, upon the night’s starr’d face,
Huge cloudy symbols of a high romance,
And think that I may never live to trace
Their shadows, with the magic hand of chance;
And when I feel, fair creature of an hour!
That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the faery power
Of unreflecting love! — then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
Till Love and Fame to nothingness do sink.

(John Keats)

Illustration: David Caspar Friedrich

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JEUNE FILLE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2016



JEUNE FILLE,

ma fille,

en fleur sous mon toit de ciel,
par la fenêtre ouverte
le grand air, le soleil
te sucrent, te dorent,
te duvètent, te veloutent,
et je sais que tes rêves
ont déjà pris leur vol…

Le jour passe à grands pas
— je sais à qui tu penses —
et la nuit étoilée
s’écoule en scintillant
sur tes seins et tes hanches…

Berceuse de mes jours,
veilleuse de mes nuits,
lorsque la femme-fruit
t’aura pris corps et âme,
au bras de ton amour
tu quitteras ma branche
et t’en iras riant
dans tes pétales de dents blanches…

Je suis le vent du soir
qui délie l’amarre
de ton bateau
et l’emporte
d’une main forte
au large
au libre cours de l’eau

Les bras de l’aulne se dénouent
et la tête du saule
roule sur mon épaule
cheveux épars
plongés parmi les fleurs
de lune
des nénuphars

Je suis le vent du soir
levant les voiles
sur les flots
déploiement d’ailes
qui s’élancent
roulis de rêves
où se balance
ton âme nue
en son berceau

(Christiane Barrillon)

Illustration: David Brayne

 

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LE COUP DE VIVRE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



 

Ernest Pignon-Ernest extases d

LE COUP DE VIVRE

un nouveau jalon
dans la course au soleil

une inquiétude
portée à la lumière

le jour
de la nuit étoilée

le temps d’un saut
le temps d’une vie

le poids du monde
qui fond soudain

une forme
de lenteur fusante

le feulement
de la présence

une science
du précipice intérieur

une salve
de silence

la source
de l’inattendu

(Zéno Bianu)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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ODE A RANAVALONA III (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




ODE A RANAVALONA III
(extraits)

[…]

Quel chérubin obscur a pu compter les gouttes
De larmes dont tes yeux ont inondé tes jours!
Peut-être que témoin insensible de tes doutes
Ton ange a-t-il prévu de si brillants retours.

Lorsque la mort, plus tard, vint délivrer ton âme,
Le souffle du désert ou quelques vieux corbeaux
Ont pu seuls écouter les plaintes de tes mânes
Parmi les myrtes verts qui veillaient ton tombeau.

[…]

Mais où sont les taureaux à la nuque étoilée
Dont le sang abondant doit arroser le sol ?
Où donc est la génisse à tes pas immolée ?
Je cherche vainement ton rouge parasol.

Dans le jardin des rois, les « sahondras » sont mortes.
Nulle conque marine avec des sanglots longs
N’ose non plus troubler le silence des Portes
Ni déchirer les flancs paisibles des vallons.

Sous le ciel éclatant d’un bleu d’apothéose,
Je ne vois point marcher des vierges des tribus
La théorie ardente en guirlandes de roses
Pour réciter en choeur les chants qui te sont dus.

*
Une foule innombrable envahit l’Acropole
Et refait vaguement les gestes rituels.
Mais l’Aigle qui défend l’accès des nécropoles
Semble ignorer ton Ombre et tes restes mortels.

Les bambous ont verdi. Les ficus centenaires,
Des ébats de ta cour témoins silencieux,
Poursuivent, nonchalants, leur songe imaginaire
Autour de la « Maison-Froide » de tes aïeux.

Mais, seul, l’arbre des rois, d’un geste symbolique,
Contemple ta dépouille avec des lents remous :
L’« Aviavy » sacré parfume ta relique
Du baume hypothétique à tes cendres si doux.

*

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes
Dont la langueur valut l’empire d’un pays,
Au milieu des rois morts dont la vertu t’assiste,
Que tu dois être heureuse en ce linceul ami !

Maintenant que tu dors sous le signe des Rites,
Qu’importe à ton destin que des peuples nouveaux
Rangent sous d’autres lois l’éclat des latérites :
Ton âme aura vécu ses rêves les plus beaux,

Reine, petite reine aux yeux charmeurs et tristes,
Maintenant que tu dors sous le signe des Rites.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration et présentation de la Reine Ranavalona III

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Tu n’auras pas semé… (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2015



 

Alice Pike Barney_-_Waterlily [1280x768]

Tu n’auras pas semé…

Tu n’auras pas semé ta couronne étoilée
Sur le miroir tari du ruisseau de tes jours.
Toute pleine de jours, toi, tu t’en es allée
Et ton frais souvenir en scintille toujours.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alice Pike Barney

 

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