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Poésie

Posts Tagged ‘étonnant’

FRÊLE PASSAGER (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019




    
FRÊLE PASSAGER

Fleurs, nuages, reflets de la lune,
Bourgeons engourdis dans les forêts d’avril,
Chant du coucou, aile fuyante de l’hirondelle
Me font changer.

Les visions légères et passagères du monde,
L’impermanence des jours, la danse rapide des êtres
Des papillons indécis, des pèlerins au carrefour des routes
Bougent dans ma vie.

Je bouge pour une immense, étonnante vie.
Je parle, je bouge aussi pour la mort.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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RIEN N’EST RESTE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



 

Benedetto Fellin Schwebendes Totenschädelstilleben, 1983 1ac

RIEN N’EST RESTE

Rien n’est resté
De notre avoir multiple
De tout ce qui était offert, qui nous a été donné
Dons précieux, étonnants.

Ornements sans prix de la Beauté.

Couronnes, diadèmes, sceptres,
De métal céleste et de soleil,
Pierre et lumière, la matière du monde.

Boucles d’oreilles.

Colliers.

Aucun vêtement ni toit
De la nudité éternelle.
Réverbération et bague.

Lampe de l’amour ou éclat du corps.

(Georges Themelis)

Illustration: Benedetto Fellin

 

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Etonnants voyageurs! (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Etonnants voyageurs!
Quelles nobles histoires
nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers!

(Baudelaire)

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Je suis une chose étonnante (al Harrâq)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



 

Dimo Kolibarov (3)

Je suis une chose étonnante
Pour celui qui me contemple
Je suis l’amant et l’aimé
Il n’y a là nulle dualité.

(al Harrâq)

Illustration: Dimo Kolibarov

 

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L’ÉCOLIER (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Illustration: Robert Doisneau
    
L’ÉCOLIER

J’écrirai le jeudi j’écrirai le dimanche
quand je n’irai pas à l’école
j’écrirai des nouvelles j’écrirai des romans
et même des paraboles
je parlerai de mon village je parlerai de mes parents
de mes aïeux de mes aïeules
je décrirai les prés je décrirai les champs
les broutilles et les bestioles
puis je voyagerai j’irai jusqu’en Iran
au Tibet ou bien au Népal
et ce qui est beaucoup plus intéressant
du côté de Sirius ou d’Algol
où tout me paraîtra tellement étonnant
que revenu dans mon école
je mettrai l’orthographe mélancoliquement

(Raymond Queneau)

 

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Tout perdre (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Tout perdre n’a rien d’étonnant.
C’est le fait d’avoir tout trouvé
qui est le vrai mystère.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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EMAIN LA TERRE DES FEES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



bran [800x600]

EMAIN LA TERRE DES FEES

Voici une branche pommier d’Emain
que je t’apporte, semblable aux autres ;
elle a des rameaux d’argent blanc
et des sourcils de cristal avec des fleurs.

C’est en une île lointaine,
tout autour brillent les chevaux de mer
dans leur course avec l’écume des vagues ;
quatre piliers supportent cette île,

des piliers de bronze la supportent,
brillant à travers des siècles de beauté,
jolie terre à travers les siècles du monde
où maintes fleurs jaillissent.

Parmi les fleurs est un vieil arbre
où les oiseaux chantent les heures
en grande harmonie car ils savent
chanter ensemble à chaque heure du jour.

Des splendeurs de toute couleur brillent
dans la plaine aux jolies voix,
la joie rayonne et on écoute
des musiques dans la plaine de la Nuée d’Argent.

Inconnues sont la douleur et la traîtrise,
ni chagrin, ni deuil, ni mort,
ni maladie, ni faiblesse,
voilà le signe d’Emain.

Beauté d’une terre merveilleuse
dont tous les aspects sont aimables,
en un étrange pays
où la brume est incomparable.

Il y a trois fois cinquante îles lointaines
dans l’océan vers le couchant,
plus grande qu’Erin deux fois
est chacune d’elles ou trois fois.

C’est la terre de bonté
où pleuvent les cristaux et les pierres de dragon,
la mer jette la vague contre terre,
les cheveux de cristal de sa crinière.

Des chariots d’or dans la plaine de la mer
s’élèvent avec le flot vers le soleil,
il y a des chariots d’argent dans la plaine des Jeux
et des chariots de bronze sans défaut.

Des coursiers d’or jaune sont sur la rive,
d’autres encore de couleur pourpre,
d’autres avec de la laine sur le dos,
de la couleur du ciel tout bleu.

Au lever du soleil viendra
un bel homme illuminant les plaines,
il chevauche l’étendue battue des flots,
il remue la mer jusqu’à ce qu’elle soit de sang.

Une armée viendra par la mer claire,
vers la terre elle navigue,
les rameurs s’élancent vers les rochers
d’où s’élèvent cent refrains.

C’est un jour d’éternel beau temps
qui verse de l’argent sur les terres,
une falaise blanche bordant la mer
qui reçoit la chaleur du soleil.

Là sont le bonheur et la santé
sur la terre où résonnent les rires,
en la très calme terre, en toute saison,
est la joie qui dure toujours.

Emain, étonnante en face de la mer,
qu’elle soit proche, qu’elle soit lointaine,
où sont des milliers de femmes étranges
que la mer claire entoure.

La Navigation de Bran, fils de Febal.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

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LA GRANDE INTIMITÉ (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018




    
LA GRANDE INTIMITÉ

(La danse a lieu dans une chambre invisible les autres jours)

Tu sais mon coeur ne bouge pas
Mais quand j’ai réalisé que je pourrais t’aimer de toutes les façons que tu voudrais bien
Je suis devenue comme l’eau pour qui partout c’est possible

Cette chambre est étonnante
Je te vois même par en-dessous
J’ouvre la bouche sans m’étouffer

(Ariane Dreyfus)

 

Recueil: La terre voudrait recommencer
Traduction:
Editions: Flammarion

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GLACE ROMPUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



 

Illustration: Benoit Colsenet
    
GLACE ROMPUE

Midi minuit
On ne sait pas
On ne regarde pas plus haut que soi
Les yeux dans les yeux
C’est un étonnant paysage
Dans la rue
Quelqu’un passe et dit des mots en douce
Si c’était vrai

Sur la glace
Le visage qu’on quitte sans regret
La bête noire dans l’ombre
Et la Belle
Les draps de lit défaits
Les échardes de soie qui saignent les poignets

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Sonder les profondeurs de l’esprit (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017



Illustration: Odilon Redon
    
Sonder les profondeurs de l’esprit : voilà la poésie
un chaos organisé comme
se déconstruit un esprit rationnel
… un feu de forêt qui dévaste l’âme
pas étonnant que le poète soit dangereux

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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