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Poésie

Posts Tagged ‘étonnement’

L’ÉTOILE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



L’ÉTOILE

Bon, je ne suis pas revenu. Non revenir
ne me fait plus souffrir, le sable a décidé
et comme élément de la vague et du passage,
comme syllabe du sel, comme pou de l’eau,
moi, souverain, esclave de la côte, j’ai
plié le front, je me suis enchaîné à mon rocher.

I1 n’y a pas de libre choix pour nous qui sommes
parcelle de l’étonnement,
i1 n’y a pas d’issue pour ce retour
à soi, à cette pierre de soi-même,
i1 n’existe plus d’autre étoile que la mer.

(Pablo Neruda)

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Le matin tu sortais (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Le matin tu sortais
S’épuisaient les miracles
l’eau gelée du seau
les étoiles éparpillées de la vitre

Ce n’était peut-être que ton étonnement
que recomposait le paysage
ton amour qui s’ouvrait
avec les yeux de la neige.

(Christian Viguié)


Illustration: Utagawa Kuniyoshi

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L’oracle (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



L’oracle fut ce puits ou une pierre
ce peu de choses
l’étonnement de tes mains
sur la vitre.

(Christian Viguié)

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Le doux printemps est ton temps est le mien est le nôtre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Karen L’Hémeury

    

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(tous les joyeux petits oiseaux
volent dans le flottant dans les
esprits mêmes ils chantent dans
le battement d’ailes des fleurs)

les amants vont les amants viennent
vagabondant ils s’émerveillent
mais tous les deux parfaitement
seuls il n’est nul autre au monde

(un tel ciel et un tel soleil
n’ai pas connu ni toi non plus
personne jamais n’a respiré
autant de variétés de oui)

nul arbre ne sait compter ses feuilles
chacune d’elles de s’ouvrir seule
mais ces qui brillant par milliers
ne font qu’un seul étonnement

(en secret adorant timides
petits s’allant dardant flottant
et joyeux dans le fleurissant
les heureux soi toujours chantent)

« le doux printemps est ton
temps est le mien est le nôtre
car c’est le temps de l’amour
et vive le doux amour »

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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De l’autre côté du monde (Ion Deaconescu)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019




    
De l’autre côté du monde

Jamais le poète n’oubliera
Ni les racines du feu
Ni la lumière du verbe.
Ses yeux que l’étonnement élargit
Saisissent le revers du monde.
Au-delà de l’agitation de l’aube
Au bord de son cœur
S’échoue l’éternité.

***

DINCOLO DE LUME

Poetul n-o să uite niciodată
Rădăcinile focului
Și ale luminii cuvântului.
Ochii lui dilatați de uimire
Văd dincolo de lume
Și de neliniștea zorilor.
Pe țărmul inimii sale
Naufragiază eternitatea.

***

Aan gene zijde van de wereld

Nooit zal de dichter
De wortels van het vuur vergeten
Noch het licht van het woord.
Zijn door verwondering verbrede ogen
Vatten de keerzijde van de wereld
Achter de rusteloosheid van de dageraad.
Aan de oever van zijn hart
Strandt de oneindigheid.

***

Beyond the World

The poet will never forget
the roots of fire
nor the light of the word.
His eyes, widened with wonder,
see beyond the world
behind the restlessness of dawn.
At the shore of his heart,
stranded in eternity.

***

ΠΕΡΑΝ ΤΟΥ ΚΟΣΜΟΥ

Πέραν του κόσμου
ο ποιητής ποτέ δεν ξεχνά
τη σπίθα που ανάβει
τη φωτιά, ούτε
το πνεύμα του λόγου
με μάτια διάπλατα ανοιχτά
διαβλέπει την άλλη μεριά του κόσμου
πίσω απ’ τη διστακτικότητα
του λυκαυγές
στην αμμουδιά της καρδιάς του
στέκεται η αιωνειότητα

***

Al di là del mondo
Il poeta mai dimenticherà
le radici del fuoco
né la luce della parola.
I suoi occhi, spalancati di stupore
percepiscono il lato opposto del mondo
dietro l’alba senza riposo.
Sulla riva del suo cuore
riposa l’infinito.

***

DETRÁS DEL MUDO

El poeta nunca olvidará
Las raíces del fuego
Ni la luz de la palabra.
Sus ojos dilatados con el asombro
Conciben el reverso del mundo
Detrás de la inquietud del amanecer.
En la orilla de su corazón
Encalla el infinito.

***

超越世界

诗人永远不会
忘记火的根
也不会忘词语的光。
他因惊奇而睁大了眼睛
在不安的黎明背后
他感知世界的另一面。
在他心灵的滨岸
搁浅无限时空。

Chāoyuè shìjiè
shīrén yǒngyuǎn bù huì
wàngjì huǒ de gēn
yě bù huì wàng cíyǔ de guāng.
Tā yīn jīngqí ér zhēng dàle yǎnjīng
zài bù’ān dì límíng bèihòu
tā gǎnzhī shìjiè de lìng yīmiàn.
Zài tā xīnlíng de bīn àn
gēqiǎn wúxiàn shíkōng.

***

Jenseits der Welt

Nie wird der Dichter
Die Wurzeln des Feuers vergessen
Und das Licht des Wortes.
Seine vor Staunen geweiteten Augen
Erfassen die Kehrseite der Welt
Hinter der Unrast der Morgendämmerung.
Am Ufer seines Herzens
Strandet die Unendlichkeit.

(Ion Deaconescu)

 

Recueil: ITHACA 568
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Roumain  original / Néerlandais / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi  / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura / Allemand Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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AUTRES CORPS (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration
    
AUTRES CORPS

Amour que m’as-tu fait
étrange étrange objet
l’excès d’amour où tu m’as mise
s’étend à présent hors de toi

s’étend presque partout
se crispe en autres points
de presque rien
échos ou vents

aussi : sur autres corps

Ici : étonnement souffrance
— et rire :
autre que toi!
qu’est-ce que cela ?
comment se fait-il ?
je ne comprends pas  »

et pourtant si :
visage et corps
te ressemblant pour commencer
– forme d’ensemble et couleur d’oeil
perception de proximité
attirance étonnée

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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L’étonnement (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

L’étonnement

Le plus que l’homme puisse atteindre
est l’étonnement,
et si le premier phénomène l’étonne,
qu’il soit satisfait.
Pas davantage ne pourra lui être donné,
et rien de plus il n’aura à chercher.
Là est la limite.

(Goethe)

Illustration

 

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Le chat (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


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De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé pour l’avoir
Caressé une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire;
Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

(Charles Baudelaire)

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Pourquoi j’écris ? (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
Pourquoi j’écris ?
Pourquoi je sanglote au petit matin
Pourquoi soudain ce goût de chant du cygne
Cette écume verte accumulée dans la gorge

Mon coeur est absurde comme un masque dans la pluie
La frayeur l’assimile à la mer
Mon corps est une invasion de tambours dans le silence de la nuit

Pourquoi ces nuits comme une oasis pour sorcières
Pourquoi cette conjuration d’absences
Cet enlèvement de la fille du vent

Dans la nuit m’entoure une loge exterminatrice
je t’appelle et tu ne viens pas

Je t’aime et tu ne viens pas
Pourquoi tu es venu comme l’éclair
et tu m’as laissée seule dans le dévasté

Si tu écoutais mon bruit de cellule minuscule
peuplée d’agonisants
mon halètement d’asphyxiée

Si soudain tu me voyais à la lisière du réveil,
chanteuse médusée à la cime de son étonnement
Si tu me voyais attachée à ton visage

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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PRIÈRE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2018



PRIÈRE

Ne me fais pas mourir sous les glaces de l’âge,
Toi qui formas mon coeur du feu pur de l’amour ;
Rappelle ton enfant du milieu de l’orage.
Dieu! j’ai peur de la nuit. Que je m’envole au jour !

Après ce que j’aimai je ne veux pas m’éteindre ;
Je ne veux pas mourir dans le deuil de sa mort :
Que son souffle me cherche, attaché sur mon sort,
Et défende au froid de m’atteindre.

Laisse alors s’embrasser dans leur étonnement,
Et pour l’éternité, deux innocentes flammes.
Hélas ! n’en mis-tu pas le doux pressentiment
Dans le fond d’un baiser où s’attendaient nos âmes.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

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