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Posts Tagged ‘étrange’

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour… (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Au tribunal d’amour, après mon dernier jour…

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour,

À la face et aux yeux de la Céleste Cour
Où se prennent les mains innocentes ou pures ;
Il saignera sur toi, et complaignant d’injures
Il demandera justice au juge aveugle Amour :

Tu diras : C’est Vénus qui l’a fait par ses ruses,
Ou bien Amour, son fils : en vain telles excuses !
N’accuse point Vénus de ses mortels brandons,

Car tu les as fournis de mèches et flammèches,
Et pour les coups de trait qu’on donne aux Cupidons
Tes yeux en sont les arcs, et tes regards les flèches.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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Dans la chambre d’un bonze (Wang Chang-ling)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Dans la chambre d’un bonze

Une cour emplie de fleurs de palmier
Les mousses pénétrant la chambre oisive
De l’un à l’autre la parole a cessé
Dans l’air flotte un étrange parfum

(Wang Chang-ling)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Le livre de mon coeur (Fenyang Shanzhao)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022



    

Le livre de mon coeur

Mes pas ont parcouru les étangs du pays,
Telle la plante aquatique ballottée sur les eaux.
Le phénix sur un arbre se perche et se repose,
La grue sur un vieux pin s’arrête et se distrait.
L’eau de la pluie imprègne et parfume les demeures,
La mousse sur les pierres fait des dessins étranges.
La nature est le don le plus faste du ciel
Et convient tout à fait à ma bêtise têtue.

(Fenyang Shanzhao)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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D’une étrange faim (Jean-Max Tixier)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022


julien_dupre__la_faneuse

La femme serre la galette de maïs sur son ventre
La violence de la moisson s’agite dans sa chair
Elle traverse à pas lent la mémoire en quête de l’amant
Son pied s’enfonce dans les légendes chaque fois plus profond
Nulle fatigue n’alourdit ses membres
Nulle angoisse n’entame le soir épandu sur les branches
Mais d’une étrange faim ses entrailles se nouent

(Jean-Max Tixier)

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TU ME DISAIS (André Verdet)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022




    
TU ME DISAIS

l’aube Qui monte sur la mer du côté de Capri
Tu me disais : Ma femme est douce comme l’eau
Qui poudre aux yeux mi-clos de la biche dormante
Tu me disais : Ma femme est fraîche comme l’herbe
Qu’on mâche sous l’étoile au premier rendez-vous
Tu me disais : Ma femme est simple comme celle
Qui perdant sa pantoufle y gagna son bonheur
Tu me disais : Ma femme est bonne comme l’aile
Que Musset glorifia dans sa nuit du printemps

Tu me disais aussi : Ma femme est plus étrange
Que la vierge qui fuit derrière sa blancheur
Et ne livre à l’époux qu’un fantôme adorable

Tu me disais encore : Je voudrais lui écrire
Qu’il n’est pas une aurore où je n’ai salué
Son image tremblant dans le creux de mes mains

Tu me disais encore : Je voudrais la chanter,
Avec des mots volés dans le coeur des poètes
Qui sont morts en taisant la merveille entendue

Tu me disais enfin : Je voudrais revenir
Près d’elle à l’improviste une nuit où le songe
Peut-être insinuerait que je ne serais plus

Tu es mort camarade
Atrocement dans les supplices
Ta bouche souriant au fabuleux amour

(Bûchenwald, 15 mai 1944 – 17 mai 1945.)
(André Verdet)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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ÉROTIQUE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022




    
ÉROTIQUE

Toi le frelon et moi la rose,
Toi l’écume et moi le rocher;
Dans l’étrange métamorphose,
Toi le Phénix, moi le bûcher.

Toi, le Narcisse, et moi la source;
Mes yeux reflétant ton émoi;
Toi le trésor et moi la bourse;
Moi l’onde et le nageur en moi.

Et toi, la lèvre sur la lèvre,
Toi la langueur berçant la fièvre,
La vague aux vagues se mêlant.

Mais quel que soit le tendre jeu,
Toujours l’âme en feu s’envolant,
Bel oiseau d’or, en plein ciel bleu.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme revenant de la guerre (Nico Naldini)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



Comme revenant de la guerre
on se rencontre, on se tend la main
mais on ne s’interroge pas sur les derniers combats
ou sur le profil des ennemis.
Notre regard se croise
là où i1 n’y aura de caresse pour personne
ni d’yeux luisants comme des astres, ni de baisers.
Quel étrange regard, quelle divergence.

***

Come chi torna dalla guerra
ci si incontra e ci si dà la mano
ma non si chiede delle ultime battaglie
o del profilo dei nemici.
Il nostro sguardo si incontra
dove non ci saranno carezze per nessuno
né occhi lucenti come astri, né baci.
Che sguardo strano, the divergenza.

(Nico Naldini)


Illustration: Catherine Thiam-Vernanchet

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ÉROTIQUE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2022



Illustration: Joseph Matar
    

ÉROTIQUE

Toi le frelon et moi la rose,
Toi l’écume et moi le rocher;
Dans l’étrange métamorphose,
Toi le Phénix, moi le bûcher.

Toi, le Narcisse, et moi la source;
Mes yeux reflétant ton émoi;
Toi le trésor et moi la bourse;
Moi l’onde et le nageur en moi.

Et toi, la lèvre sur la lèvre,
Toi la langueur berçant la fièvre,
La vague aux vagues se mêlant.

Mais quel que soit le tendre jeu,
Toujours l’âme en feu s’envolant,
Bel oiseau d’or, en plein ciel bleu.

(Marguerite Yourcenar)

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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MATIN PAISIBLE DANS L’HIMALAYA (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2022




    
MATIN PAISIBLE DANS L’HIMALAYA

Il semble
que la nuit passée
ait assouvi chaque soif
le jour se lève plein de lumière
et de chants d’oiseaux
étranges à l’oreille
dans le lointain
le son incertain d’une flûte

une prière du matin
pour Shiva, pour Bouddha
ou tout autre divinité

ce matin semble si paisible
comme si après tant de siècles
l’humanité trouvait enfin la paix
enfin le repos.

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: En la corriente del tiempo, Meditaciones en el Himalaya
Traduction:
Editions:

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Quand on demeure étranger (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2022



    

Quand on demeure étranger
tout est si étrange.

Quand on rejoint la source,
qu’on entre en communion
que dedans et dehors s’abolissent,

l’étrange est de se découvrir
le familier de l’ineffable.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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