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Posts Tagged ‘étranglé’

Si je ne suis plus vivante (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Si je ne suis plus vivante
Au retour des Rouges-Gorges,
Donne à l’Etranglé de Rouge,
Une miette au Mémorial.

Si je ne puis te dire merci,
A cause d’un sommeil profond,
Sache au moins que j’essaie
De mes lèvres de Granit!

(Emily Dickinson)


Illustration

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille desséchée qui se recroqueville,
c’était le cheval terrassé.

Du bien, je n’ai rien su, hormis le prodige
qui entrouvre la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon haut dans le ciel.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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CHANSON DE L’IMPOSSIBLE EVASION (Serafina Munoz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



CHANSON DE L’IMPOSSIBLE EVASION

La nuit pleut (visite de lunes noires)
sur mon coeur.
La longue nuit amère des fleuves
secs, des mains coupées,
des yeux aveugles…
La nuit qui me prend le sang
et la parole et l’air
que je respire et jusqu’au nom !

Ni étoiles,
ni aubes prochaines.
Un vent noir agite des cadavres
de rossignols étranglés.
Un gémissement de colombe sans maître
brûle les épaules de l’air !
Et de 1a source du rêve coulent des papillons obscurs.
(toutes les fenêtres qui ont égaré leur ciel
se promènent dans mes veines
drapeaux désespérés).
Jusques à quand parcourrai-je les chemins
du délire inconnu, des lis.
des oiseaux et des aurores certaines,
poursuivie par les ombres et les naufrages ?
Jusques à quand, oh aiguille de martyres,
me traverseras-tu les yeux ?

Je veux crier pour que m’entende l’univers,
et le cri se brise
en couteaux de feu dans ma propre gorge;
je veux ouvrir à la terre,
au ciel, à la mer, à l’homme
mes vannes de pleurs
— et mon pleur, tenacement, me pénètre davantage
et davantage croit en moi et davantage m’inonde —
(Un vent noir agite des cadavres de rossignols étranglés).
Le temps sens sphères bat son battement exact.

Un coup de fouet d’ombre
met en fuite mes dernières étoiles ;
sur mon front croise vertigineusement
la fumée de tous les incendies de la vie.
Et moi (la statue inutile),
attachée à ma propre douleur,
sans défense de bras
ni de vagues, ni d’yeux de mère,
comme une goutte lente,
je tombe dans la mort.

(Serafina Munoz)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Au Petit Jour (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



aurore boreale

Au Petit Jour

Le schiste éclairera-t-il la nuit blanche du liège ?
Nous nous perdrons dans le corridor de minuit avec la calme horreur du sanglot
qui meurt
Accourez tous lézards fameux depuis l’antiquité plantes grimpantes carnivores
digitales
Accourez lianes
Sifflet des révolte
Accourez girafes
Je vous convie à un grand festin
Tel que la lumière des verres sera pareille à l’aurore boréale
Les ongles des femmes seront des cygnes étranglés
Pas très loin une herbe sèche sur le bord du chemin.

(Robert Desnos)

Illustration

 

 

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L’INCENDIE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2015



 

Julie Heffernan  00wi [1280x768]

L’INCENDIE

Qu’allais-tu donc chercher à travers l’incendie
Derrière des vapeurs à la splendeur baroque
Par le secret d’un escalier en loques
Étranglé de lierres écarlates ?

Quel voeu te fit pousser une porte brûlante
Sainte face de feu et de cendre
A la limite d’un monde morne
Sournoiserie silence délabrement ?

Devant toi ce n’est plus maintenant
Que diamants et rubis qui jouent dans la poussière
Que plâtres retombés sur des carreaux de marbre
Avec des statues blanches des armes
Des mains de verre des vases pleins de larmes
Des nègres de velours et des roses passées
Au bas de murs caducs.

Il vient une dame éclatante et funèbre
Tôt apparue tôt disparue tôt reparue
Plus tôt encore nue
Qui est comme l’ombre d’une désolation.

Nue saignante et noire
Une flammèche en ses cheveux défaits
Rouge comme un oeillet qui crèverait la suie.

Foulant aux pieds les pierres
L’or et l’argent le fracas du cristal
Indifférente à l’opulence ou à la ruine
Dans la beauté d’une heure catastrophique.

Et tu la trouveras peut-être bonne actrice
La géante qui s’étend avec tranquillité
Sur le pavement comme sous un couteau
Tandis qu’alentour explose et se disperse
Le luxe fou de son théâtre de toujours
Que mille langues engloutissent.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration: Julie Heffernan 

 

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LES ENTONNOIRS (Christian Morgenstern)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



LES ENTONNOIRS

Deux entonnoirs nuitamment déambulent
et par l’étranglé goulot filtre
un pâle rayon de lune
qui leur éclaire
le sentier
ainsi
soit
il

***

DIE TRICHTER

Zwei Trichter wandeln durch die Nacht.
Durch ihres Rulpfs verengten Schacht
fließt weißes Mondlicht
still ihren
Waldweg
u. s.
w.

(Christian Morgenstern)


Illustration

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