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Poésie

Posts Tagged ‘étreindre’

Cinématographique (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



 Illustration: Edouard Boubat
    
Cinématographique

Il l’a rencontrée
entre des regards
jetables
et des sourires brisés..
Elle l’a suivi
dans des gestes fugitifs
et des sensations fragmentaires.
Ensemble ils ont marché
là où la lueur de la lune
se multipliait
sur leurs visages
et la courbe de la nuit
étreignait le jasmin penché
odorant.
Un jour ils se sont aimés…

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé
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LE PASSÉ AVEC L’AVENIR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Gilles Demarteau
    
LE PASSÉ AVEC L’AVENIR

Il y a bien sûr l’accident
à quoi pensent ceux qui sont frêles et tristes
quand au-dessus des clochers et des dômes
un jour se lève
alors les étreint le Temps
empli de tous les uniformes du passé
des blouses d’anciens ouvriers raisonneurs
mais aussi l’impénétrable splendeur
d’un corps féminin de l’avenir
que détient en puissance une fillette penchée
sur le bassin ovale
d’un jardin muré
aux parterres encore froids.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Érable vermoulu (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    
Érable vermoulu, et tout couvert de givre
pourquoi faire le gros dos sous la tourmente blanche ?

Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu entendu ?
Ainsi, loin du village tu voulus faire un tour

et sorti sur la route, comme un vigile ivre
tu plonges dans une congère, et souffres de gelures.

— Bon, voilà-t’y pas encore une chose qui cloche !
je n’arriverai jamais, après notre bamboche.

J’ai croisé une saulaie… la sapinière m’a séduit…
Dans la tourmente je leur ai fredonné mes arias de l’été.

Cet érable, me disais-je, il est tout comme moi, sauf que
je suis plein de verdeur et nullement vermoulu.

Lors perdant la boule, et toute honte bue,
j’étreignis le bouleau comme la femme d’autrui.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LE PRISONNIER (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



    

LE PRISONNIER

Terre mal étreinte, terre aride,
Je partage avec toi l’eau glacée de la jarre,
L’air de la grille et le grabat.
Seul le chant insurgé
S’alourdit encore de tes gerbes,
Le chant qui est à soi-même sa faux.

Par une brèche dans le mur,
La rosée d’une seule branche
Nous rendra tout l’espace vivant,

Étoiles,
Si vous tirez à l’autre bout.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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ADIEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




ADIEU

Je m’enhardis une dernière fois
à caresser en esprit ton image,
usant toute ma force à raviver un songe,
me complaisant, non sans chagrin ni craintes,
à évoquer ce qui fut notre amour.

Nos années fuient, nos années vont changeant
et changent tout, et nous changent nous-mêmes.
Pour moi qui te chantais hier encore,
tu es voilée d’une ombre sépulcrale,
pour toi l’ami d’hier n’est plus qu’un feu éteint.

Accueille, ô ma compagne pour toujours distante,
ces adieux que t’adresse mon coeur,
comme ferait une épouse endeuillée
ou un ami qui étreint son ami
sans dire un mot au seuil d’une prison.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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ET TOI NUE MAINTENANT (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration: Camille Claudel
    
ET TOI NUE MAINTENANT

Et toi nue maintenant sur qui mes lèvres filent
La lente métaphore d’un baiser, de l’épaule à tes seins.
Les mouettes de nos mains
À l’assaut du vertige. Puis
Étreignant l’aviron d’une dextérité
Pour appuyer la force des marées,
Les courants fous qui se déchaînent.

Ô mon amour, un seul navire tour à tour
Élevé sur le haut de la vague et plongeant
Tout à coup dans l’abîme nous hisse,
Nous unit, nous entraîne. Et laisse pantelants.

Naufragés sur la rive,
Coeurs à nu, follement ivres,
En un seul deux s’incarnent.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quel poignant sentiment de solitude (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: Patrick Mahieu

    

Quel poignant sentiment de solitude
étreint le passant
quand il entend tinter au fond d’un patio
les accords aigrelets
pincés sur une guitare
qu’une voix sombre souligne
d’un murmure essoufflé

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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SECRET (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



    


    
SECRET

Plusieurs vies se sont partagé ma vie
Pendant que je ceinturais la terre.
Il ne sert à rien de rêver :
Je croyais étreindre les astres,
Sonder l’intensité de l’ombre.

Ciel où l’être perdure. Mer couleur de papier
D’emballage et le môle. Épervier d’une grue,
Drague épileptique avec son bruit de rouille
Dans le chenal. Mais le navire à quai
Pour l’aventure. Rien sans exil ni solitude.

Je ne chercherai plus dehors ce qui est au-dedans
Le convoi lent de la sagesse et les images.
Sur cette terre aux masques blancs
D’Hécate, aux sauvagines
Sur les marais que troue le groin des barques,
Je craignais de me perdre : loin de toi
Le monde est mort, halliers déserts.

Souris-moi, parle de ta voix
Grave et douce et légère, joyeuse,
Des profondeurs et de ce temps.
Tes pas traversent doucement
La neige du silence et l’ombre sous les arbres.
Ô fée vêtue de fleurs.
Ta main au feu des bagues.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE

Tes longs cheveux, tes yeux et ton sourire.
Car pour mieux consumer ma bouche sèche, tu souris
Arrête-toi, je me baigne, je meurs
Dans ce sourire. Et tes yeux rient. Tu me relèves,
Tu me fais naître enfin, tu fortifies
Mes forces. Je retourne à ces jours.

Errant alors avec la vanité des livres, le sortilège
Des pensées qui s’entortillent, les mots sans rémission
Une Sorbonne grise et gravitant
Au-dessus de la mort et des gloses, le désespoir
Au terme des tombeaux. Perdu
Parmi tant de concepts. Je n’avais pas vécu,
Je ne connaissais rien : inemployé, vide et de coeur étroit.
Ignorant l’art des mots, titubant de détresse. Tu m’inventais

Pour renaître à l’état de chant, comme la source,
Filant de sa quenouille tresse de jour
Et note pure, maintient la mélodie.
Je tiens de toi notes et mots, ce que je dois savoir.

Ô fruits ensoleillés des premières paroles
Pour nourrir en chemin nos bouches qui se cherchent.
Nos mains mêlées et nos coeurs assourdis,
Même pensée en même temps, et la lumière —
Mais d’où venue cette lumière ?
Pour nous creuser et nous étreindre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE BLEU (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Illustration: Sudarshan Pattnaik
    
LE BLEU

Lorsqu’on renverse la tête sur le sable,
Soudain les yeux s’entrouvrent : c’est le bleu
Du ciel immense, l’espace transparent du ciel, pays
De la lumière vive au-dessus de la joie.
Dense, impavide, absolu bleu.

Nous oublions les tristesses d’un coeur et la distance.
Le bleu traverse l’air impalpable, visite la branche fine qui salue.
Se laisse étreindre par les yeux qui le pénètrent.
Dans ce vitrail, la fanfare du jour
Infuse un doux acquiescement de la lumière.

Même un nuage infime et haut fait concevoir
Au pli de la tenture une aiguille suivie
D’un fil qui s’effiloche. Une invisible main
Tente de coudre à l’aube le crépuscule.
Le soleil emporté par son poids déchire la mandorle
Où le temps le suspend. Le bleu pâlit à l’horizon.
La mer répand sur ses genoux qui tremblent
Le drap où flambent ses ciseaux, berçant nos coeurs
Qui se désolent, qui s’enchantent,
D’être mortels encore sous l’éphémère azur.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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