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Poésie

Posts Tagged ‘étreindre’

LE PASSE AVEC L’AVENIR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



LE PASSE AVEC L’AVENIR

Il y a bien sûr l’accident
à quoi pensent ceux qui sont frêles et tristes
quand au-dessus des clochers et des dômes
un jour se lève
alors les étreint le Temps
empli de tous les uniformes du passé
des blouses d’anciens ouvriers raisonneurs
mais aussi l’impénétrable splendeur
d’un corps féminin de l’avenir
que détient en puissance une fillette penchée
sur le bassin ovale
d’un jardin muré
aux parterres encore froids.

(Jean Follain)

Illustration: Charles Augustin Lhermitte

 

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Je suis le sable du sablier (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



    
Je suis le sable
du sablier
et je m’écoule
dans la vallée du temps
qui m’étreint

***

Ich bin der Sand
im Stundenglas
und rinne
ins Tal der Zeit
die mich umarmt

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Rester entière (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Rester entière

Étreindre le jardin
Sous une pluie de marrons tombant

Parcourir les bruits du temps
De voix en voix

Aimer
Des lettres chaleureuses

Se heurter à tous les coins
A s’en ouvrir des plaies
Et rester entière

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Quelle langue peut traduire l’émoi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Quelle langue peut traduire l’émoi
Qui m’étreignait quand, dans l’exil lointain,
Sur une crête isolée m’agenouillant
J’y voyais croître la fauve bruyère.

Éparse et rabougrie, elle me disait
Que bientôt même cela ne serait plus
«Les cruels murs m’enserrent, murmurait-elle ;
J’ai fleuri au soleil de mon dernier été»

Mais il n’est point dans la musique aimée
Dont l’éveil fait se pâmer l’âme des Suisses
De charme plus déchirant et plus adoré
Que dans ses clochettes à demi flétries —

L’Esprit qui ployait sous son empire
Comme il désirait, brûlait d’être libre !
Si j’avais pu pleurer à cette heure
Ces larmes auraient été paradis —

Allons, les moments tristes sont touchants
Quoique chargés de tourment et de peine —
Viendra le jour où aimés et amants
Se retrouveront sur les collines —

***

What language can utter the feeling
That rose when, in exile afar,
On the brow of a lonely hill kneeling
I saw the brown heath growing there.

It was scattered and stunted, and told me
That soon even that would be gone
It whispered ; « The grim walls enfold me ;
I have bloomed in my last summer’s sun »

But not the loved music whose waking
Makes the soul of the Swiss die away
Has a spell more adored and heart-breaking
Than in its half-blighted-bells lay —

The Spirit that bent ‘neath its power
How it longed, how it burned to be free !
If I could have wept in that hour
Those tears had been heaven to me —

Well, well the sad minutes are moving
Though loaded with trouble and pain —
And sometime the loved and the loving
Shall meet on the mountains again —

(Emily Brontë)

 

 

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Alors que la faux sculpte le champ (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017




Alors que la faux sculpte le champ
J’entends le cri rouge d’un coquelicot
Le moissonneur étreint sa gerbe
Et danse avec elle
De longues chevelures blondes
Pendent des charrettes
Dans le chemin qui se creuse.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Joseph Matar

 

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Les jours tombent du ciel (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Les jours tombent du ciel goutte à goutte et aucune lueur ne dévore mon front du rêve qu’on voit, au tournant de la route avec mille bulles d’or danser en rond.

Les jours se sont assis au creux de leurs fauteuils et, en riant, cassent leurs doigts secs, près du feu.

Et mon âme lourde s’affaisse sur mon œil gémit, dehors, au froid, sur l’épine d’un aveu, les étoiles si douces ont la fuite des passantes qu’on charge d’un poids trop
lourd d’amour.

Mes efforts s’abattent à gravir leurs sentes d’éclairs et je suis comme une eau qui court étreindre une herbe marchant sur son désir.

Les cieux sont tombés sur moi comme de grands oiseaux et les catafalques creusent leurs pleurs de cire.

Et pourtant une main illumine, là-haut, le ciel et sur sa peau fine coule un sourire qui désarme le bras glacé du désespoir.

(Lucien Becker)

Illustration: Oleg Korolev

 

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J’ai tracé un dessin sur la terre (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



J’ai tracé un dessin sur la terre :
il donnait la mesure des étoiles du ciel.
Du corps de mon aimée j’ai étreint la douceur
sans rien élucider, du fond de sa pensée …

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration

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Pavots (Ana Mafalda Leite)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



 

Illustration
    

Pavots

Je suis opiacée de toi
et tu parcours tous mes nerfs
avec des pavots des papillons rouges

mon corps est entrelacé de rêves
et il les sent qui cheminent par-dedans

je t’aspire
comme si l’air me manquait
et les parfums dansent en moi

quelque chose comme une drogue bien forte
corps et âme
récitent de petites prières
gestes rythmés en t’étreignant comme qui étreint
des rêves

chose étrange

opiacée je dois être ou seulement vêtue de pavots et
de beaucoup de soleil avec des lunes par-dedans

pour pouvoir mâcher ces rêves
réels comme des mandragores

(Ana Mafalda Leite)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Marie-Claire Vromans
Editions: Action Poétique

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Ecrire (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



 

Ecrire: étreindre et jamais.
Remuer librement à l’intérieur.

Poésie: t’écrire c’est le jour.

(Ariane Dreyfus)

 

 

 

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Le Nil étreint (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Le Nil étreint les barques et navires
comme s’ils étaient les lits de ses enfants.

(Adonis)

 

 

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