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Poésie

Posts Tagged ‘étreinte’

Sapphô (Sébastien-Charles Leconte)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Illustration: John William Godward 
    
Sapphô

L’insomnie a brûlé mes douloureuses veines,
Et, dans la cruauté de ces étreintes vaines,
Tu ne devines pas, doux maître de mes sens,
Que vers toi, dans ce corps que l’amante te livre,
Quand ma forme t’enivre,
Mon immortalité fume comme un encens.

(Sébastien-Charles Leconte)

 

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Déclaration (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration: Octavio Ocampo
    
Déclaration

Non, il n’y a pas de mort.
Même cette pierre n’est morte,
Ni mort le fruit qui est tombé :
L’étreinte de mes mains leur donne vie,
Ils respirent au rythme de mon sang,
Du souffle qui les a touchés.
Un jour aussi, quand cette main séchera,
Dans la mémoire d’une autre main elle perdurera,
Comme la bouche silencieusement gardera
La saveur des bouches qu’elle a embrassées.

***

Declaração

Não, não há morte.
Nem esta pedra é morta,
Nem morto está o fruto que tombou:
Dà-lhes vida o abraço dos meus dedos,
Respiram na cadência do meu sangue,
Do bafo que os tocou.
Também um dia, quando esta mão secar,
Na memória doutra mão perdurará,
Como a boca guardará caladamente
O sabor das bocas que beijou.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Le flamboyant (Benoît Conort)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021


LeBernin

Le flamboyant sourit des caresses du ciel.
Il aspire à des étreintes plus violentes.

(Benoît Conort)

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Le rubis de l’été (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
Le rubis de l’été
flambe dans la rosée :
sur nous la majesté
du monde s’est posée.

Comme l’espace enferme
et divulgue le jour,
dans la parole germe
la gloire du retour.

Haute présence
ô clarté sainte
ô verbe enfin concilié.

Double silence
et simple étreinte,
ô monde enfin sanctifié.

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

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Vénus noire (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021



 

eau noire

Vénus noire à l’étreinte squameuse et froide…
Tous les murs se sont renversés dans l’eau, les pignons ont coulé a fond,
et les cheminées, comme des pilotis, sont fichées dans la vase.
C’est l’eau noire qui vit maintenant
pour tous ceux qui dorment un sommeil de mort entre les murs.

[…]

oh! la belle eau, noire comme une bohémienne, lisse et luisante comme l’ébène…
Pas une détresse qui ne souhaite d’y finir avec volupté.
Pas une joie qui ne rêve de s’étirer dans ce baiser…
Elle s’obscurcit de cette nuit qu’elle surpasse,
comme un amant qui prend au contact de l’autre le feu dont il le dévore.

(Franz Hellens)

 

 

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LA RESSEMBLANCE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
LA RESSEMBLANCE

Comme un sourire et un nuage,
deux figures dansent et s’effacent
réunissant le sommeil et le mouvement
dans le bref éclat presque animal de l’air.
Et riant, peut-être riant, s’agenouillant
et en étreintes disparaissant dans l’enfance
qui ne connaît qu’un seul jeu, la ressemblance,
elles soufflent une flamme dorée sur les champs
et dessinent sur eux des ombres transparentes

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’APHRODITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



Illustration: Alexandre Cabanel
    
L’APHRODITE

Infante de l’Amour enfantée par

l’écume de la mer et du vent
l’écume de la vague et du sang
l’écume des amours naissants
l’écume des désirs languissants
l’écume des émois rougissants
l’écume des gestes caressants
l’écume des corps soupirants
l’écume des bouches salivantes
l’écume des lèvres pantelantes
l’écume des étreintes haletantes
l’écume des houles langoureuses
l’écume des foules luxurieuses

l’écume du monde séducteur.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Langages (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Langages

Mots effleurés,
cristal de la pensée,
jaillissement du coeur,
encre liquide et versée
dans le calice avec douceur.
L’émotion défait les codes
et conjugue l’instant
d’écriture éphémère.

Mots blessés,
cloués sur une porte
comme un oiseau maudit
aux ailes transpercées.
Injustes jugements,
censuré dans le sang,
le poème agonise
sous un trait de rature.

Mots d’amour,
battant à crève-tambour.
Étreintes et soupirs
musiquent le poaime
où la rime frissonne
en regards pétillants.
L’écriture caresse
l’ange qu’elle amadore.

(Jean Moraisin)

 

 

 

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Ô vie, ton souffle (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Ô vie, ton souffle

Ô vie, ton souffle n’est qu’un cri à la Lumière
immortelle, d’où a jailli ton plus vif délice,
ton étreinte.

En vain tes mains saisissent toutes choses ;
de la terre faiblit la musique, cessent les notes
ou grincent.

Tu en appelles au Destin aveugle, et t’exclames:
« Écarte l’obstacle, ouvre
le portail d’or. »

Mais jamais encore n’as-tu approché la fin
de ta course, adoré, embrassé
l’indicible Visage.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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