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Poésie

Posts Tagged ‘étreinte’

ÉTREINTES (Mâgha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023



Maria Amaral
    
ÉTREINTES

Embrassée par son bien-aimé,
on eût dit qu’elle eût envie d’entrer chez lui
jusqu’au milieu du coeur : peut-être, en vérité !
Ne savait-elle pas qu’en lui-même
il lui réservait une demeure perpétuelle.

Rempli des eaux de l’amour,
le corps de la femme portait sans doute en soi une source,
car dans les bras de son amant qui l’étreignait avec vigueur,
l’eau, ayant d’abord mouillé sa robe, en tombait comme une pluie.

(Mâgha) (VIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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La terre les porte (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


L’abrupt des consciences
tout le jeu des atomes
les yeux du pain
ceux de la pierre face au silence
l’étreinte des mains de chair et d’os
les aréoles de seins
d’une fille qui s’isole au bord de la mer
la terre les porte.

(Jean Follain)

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Matin vert (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Matin vert

Qui vive parmi les écureuils de l’automne?
Vif-argent du corps, oriflamme ou feuillage,
Le souvenir de l’amour à l’avenir se confond.
Qui cherchez-vous? Quel être ou quel espace apaisé
De paysage en pays, de regards en étreintes?
Est-ce le fleuve ou les années à l’horizon?
Le monde est vieux mais sa lumière vient de naître
Comme naît dans la chair, dans le souffle et l’image
Un désir où l’aimée ressemble au matin vert.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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LE CANTIQUE DES CANTIQUES (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022




LE CANTIQUE DES CANTIQUES

I

Nos destins vont franchir les termes des promesses.
Ils s’en iront, parmi les rondes des amours,
Annoncer le lever de nos astres qui naissent,
Fêter l’aurore unique et chanter tour à tour
et ta grâce et ta tresse.

Ma Bien-aimée, à toi ma vie, à toi mon coeur !
Par quel signe, quel mot te traduire ma flamme.
Pas un seul verbe humain, pas même tous mes pleurs
Ne sauraient exprimer les élans de mon âme
et toutes ses langueurs.

II

Nous voici parvenus au tournant de la voie.
Et, la main dans la main, vers un monde nouveau,
Nous allons parsemer la route de nos joies
Et dénouer du Sort l’énigme et l’écheveau
fait d’ardeur et de soie.

Sur la pente du ciel où l’Amour nous sourit,
L’Avenir, fraternel, escorte l’Espérance.
D’un geste tu m’auras de mes peines guéri ;
Et nous glorifierons, tous deux, d’un même cri,
l’heureuse délivrance.

Quel charme à notre ivresse ajoutera l’azur ?
La nuit multipliera l’éclat de ses étoiles.
Mais j’attends le signal où l’instant le plus pur
M’attachera captif à l’ombre de ton voile :
Tout est prêt ! Tout est mûr !

II

O Bien-Aimée, à nous la coupe des délices !
Nos voeux ont prospéré. Nos désirs sont comblés.
Pour consacrer l’aveu le temps se fait complice
Et je sens tout le ciel à mes genoux trembler
d’émois sans artifice…

L’étreinte de tes bras formera l’horizon.
Tout l’Univers, ce soir, d’un bout à l’autre pôle,
Viendra nous accueillir au seuil de la maison.
Le poids de mon bonheur chargera ton épaule
de jours en floraison.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration: Marc Chagall

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Démunie (Claire Goll)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022



Illustration: Grégoire Mathieu
    

Démunie

Pourquoi n’ai-je pas conservé
Tes sourires précieux
Et préservé l’ombre
Que tu jetais sur nos routes ?

Pourquoi n’ai-je pas mis de côté
Tes regards d’ambre et d’or,
Fortune fabuleuse pour plus tard
Quand je serai à court de tendresse ?

J’ai gaspillé tes caresses
Je n’ai aucun disque de tes pas
L’orage a éparpillé tes étreintes
Et détruit les silos remplis de baisers.
Le dernier son de ta voix
S’est perdu dans le sable
Et je dessine en vain ton profil
Dans le givre de ma fenêtre.

(Claire Goll)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Sapphô (Sébastien-Charles Leconte)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



Illustration: John William Godward 
    
Sapphô

L’insomnie a brûlé mes douloureuses veines,
Et, dans la cruauté de ces étreintes vaines,
Tu ne devines pas, doux maître de mes sens,
Que vers toi, dans ce corps que l’amante te livre,
Quand ma forme t’enivre,
Mon immortalité fume comme un encens.

(Sébastien-Charles Leconte)

 

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Déclaration (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration: Octavio Ocampo
    
Déclaration

Non, il n’y a pas de mort.
Même cette pierre n’est morte,
Ni mort le fruit qui est tombé :
L’étreinte de mes mains leur donne vie,
Ils respirent au rythme de mon sang,
Du souffle qui les a touchés.
Un jour aussi, quand cette main séchera,
Dans la mémoire d’une autre main elle perdurera,
Comme la bouche silencieusement gardera
La saveur des bouches qu’elle a embrassées.

***

Declaração

Não, não há morte.
Nem esta pedra é morta,
Nem morto está o fruto que tombou:
Dà-lhes vida o abraço dos meus dedos,
Respiram na cadência do meu sangue,
Do bafo que os tocou.
Também um dia, quando esta mão secar,
Na memória doutra mão perdurará,
Como a boca guardará caladamente
O sabor das bocas que beijou.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Le flamboyant (Benoît Conort)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021


LeBernin

Le flamboyant sourit des caresses du ciel.
Il aspire à des étreintes plus violentes.

(Benoît Conort)

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Le rubis de l’été (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
Le rubis de l’été
flambe dans la rosée :
sur nous la majesté
du monde s’est posée.

Comme l’espace enferme
et divulgue le jour,
dans la parole germe
la gloire du retour.

Haute présence
ô clarté sainte
ô verbe enfin concilié.

Double silence
et simple étreinte,
ô monde enfin sanctifié.

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

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Vénus noire (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021



 

eau noire

Vénus noire à l’étreinte squameuse et froide…
Tous les murs se sont renversés dans l’eau, les pignons ont coulé a fond,
et les cheminées, comme des pilotis, sont fichées dans la vase.
C’est l’eau noire qui vit maintenant
pour tous ceux qui dorment un sommeil de mort entre les murs.

[…]

oh! la belle eau, noire comme une bohémienne, lisse et luisante comme l’ébène…
Pas une détresse qui ne souhaite d’y finir avec volupté.
Pas une joie qui ne rêve de s’étirer dans ce baiser…
Elle s’obscurcit de cette nuit qu’elle surpasse,
comme un amant qui prend au contact de l’autre le feu dont il le dévore.

(Franz Hellens)

 

 

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