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Poésie

Posts Tagged ‘étreinte’

LA RESSEMBLANCE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
LA RESSEMBLANCE

Comme un sourire et un nuage,
deux figures dansent et s’effacent
réunissant le sommeil et le mouvement
dans le bref éclat presque animal de l’air.
Et riant, peut-être riant, s’agenouillant
et en étreintes disparaissant dans l’enfance
qui ne connaît qu’un seul jeu, la ressemblance,
elles soufflent une flamme dorée sur les champs
et dessinent sur eux des ombres transparentes

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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L’APHRODITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



Illustration: Alexandre Cabanel
    
L’APHRODITE

Infante de l’Amour enfantée par

l’écume de la mer et du vent
l’écume de la vague et du sang
l’écume des amours naissants
l’écume des désirs languissants
l’écume des émois rougissants
l’écume des gestes caressants
l’écume des corps soupirants
l’écume des bouches salivantes
l’écume des lèvres pantelantes
l’écume des étreintes haletantes
l’écume des houles langoureuses
l’écume des foules luxurieuses

l’écume du monde séducteur.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Langages (Jean Moraisin)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Langages

Mots effleurés,
cristal de la pensée,
jaillissement du coeur,
encre liquide et versée
dans le calice avec douceur.
L’émotion défait les codes
et conjugue l’instant
d’écriture éphémère.

Mots blessés,
cloués sur une porte
comme un oiseau maudit
aux ailes transpercées.
Injustes jugements,
censuré dans le sang,
le poème agonise
sous un trait de rature.

Mots d’amour,
battant à crève-tambour.
Étreintes et soupirs
musiquent le poaime
où la rime frissonne
en regards pétillants.
L’écriture caresse
l’ange qu’elle amadore.

(Jean Moraisin)

 

 

 

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Ô vie, ton souffle (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Ô vie, ton souffle

Ô vie, ton souffle n’est qu’un cri à la Lumière
immortelle, d’où a jailli ton plus vif délice,
ton étreinte.

En vain tes mains saisissent toutes choses ;
de la terre faiblit la musique, cessent les notes
ou grincent.

Tu en appelles au Destin aveugle, et t’exclames:
« Écarte l’obstacle, ouvre
le portail d’or. »

Mais jamais encore n’as-tu approché la fin
de ta course, adoré, embrassé
l’indicible Visage.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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ILS SE CROISENT, LES TRAINS (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    

ILS SE CROISENT, LES TRAINS
à mon frère Mikhaïl

Tout est comme avant
peu après la moitié de la vie.
Nous achetons trois sortes de pommes
au marché de la gare,
un kilo de maïs pour les semis de papa
et trois racines de pétunias pour maman.
Ce quart d’heure contient les quelques samedis
que nous avons partagés
sur des quais différents.

Alors que nous touillons le silence
au fond du café dans des gobelets en plastique
les fleurs de pétunias grandissent
aussi hautes que le clocher du village
et retentissent d’un son long et lent
deux fois pour maman, trois fois pour papa
le maïs pousse long et dru jusqu’au ciel
là, où une barque essaie de rompre
la chaîne des nuages.

Dans l’étreinte d’adieu
dans le bleu de tes yeux qui fane
je ne décrypte
plus rien
sauf notre sang
qui est tout comme avant.

[…]

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ainsi, dans l’étreinte de la nature et du corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




    
Ainsi, dans l’étreinte de la nature et du corps, nous devenons tempête
nous nous apaisons

pas de décision pas de stratégie. Nous suivons nos organes nous finissons nous commençons.

Nos corps un seul astre
nous échangeons nos tristesses échangeons nos membres nos corps un même sang.

Nous revenons chaque jour à nos corps nous les feuilletons
dans leur livre

un seul fruit
mais la moisson est pays sans frontières.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

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VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2020



Camille Claudel
    

VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL

Mettre le cap près du soleil…
Ian Curtis

Tu tournes sans relâche
jusqu’à enlacer l’univers
tu cherches

infiniment
cette seconde avant le contact
celle qui nous mène

à l’essentiel vertige
tu tournes et t’en retournes
en suspens continu

en volutes instables
toute une vie en bascule
pour ce seul tourbillon

qui te prend maintenant
ce lent tourbillon de langueur
cette ronde enfantine

qui fait vaciller les siècles
en drapé de nuit
douce et profonde

l’enroulement
l’étreinte
l’ardent abandon

jamais
tu n’interromps
le souffle du vivant

par effleurements
par torsades
par souvenirs renversés

tu avances
petite châtelaine de l’intensité
spontanément universelle

tu avances et tournes
promesse
des plus savants déséquilibres

par sinuosités
par accès de véhémence
par étourdissements

voici le temps
d’offrir toute ta lumière
fol amour

qui tout emporte
tu sombres
et prends les poissons du ciel

dans un flot d’onyx
tu écoutes
ce qui tournoie en toi

pour jaillir
hors de tous les sillons
labourer les nuages

pénétrer la parole
éclairer les atomes
nue

si sauvage et si nue
te laissant submerger
par l’impossible

sous l’emprise d’un amour
qui se déverse
sans fin dans l’amour

bienheureuse
par l’étendue
de ta seule consumation

sous l’emprise d’un tourment
de haute haleine
tu sens

palpiter l’invisible
possédée dépossédée
tu ramasses

les comètes errantes
pour en faire des fagots
allez

allez
entre dans la ronde
jusqu’à son point de rupture

allez
entre dans la ronde
pour recueillir la vie

jusque dans la mort
allez
trois petits tours encore

et puis t’en vas vers le silence

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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ADIEU SOLITAIRE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2020



Illustration: Giacomo Manzù
Poem in Dutch, Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla
    
Poem of the Week Ithaca 645
Lonely Goodbye / Hope by Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

***

ADIEU SOLITAIRE

pour ceux qui, où que ce soit, doivent mourir seuls

Froide la chambre
les murs blancs
On entend seulement
l’écho de la solitude
Plus de mot tendre
plus d’étreinte chaleureuse
Seul le temps
robinet qui fuit
donne un petit coup
Et personne ne frappe à la porte
personne ne vous attend
personne, sauf la mort.

***

ESPOIR

Pas de pluie depuis déjà des mois

ils souffrent

mais se tiennent debout verts quand même
car sans espoir
ils ne peuvent pas vivre non plus
─ les arbres.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

EENZAAM AFSCHEID

voor hen die, waar ook, eenzaam moeten sterven

Kil de kamer
de witte muren
Hoorbaar alleen
de echo van eenzaamheid
Geen teder woord meer
geen warme omhelzing
Alleen de tijd
een lekke kraan
die aftikt

En niemand die aanklopt
niemand die je verwacht
niemand, behalve de dood.

***

HOOP

Reeds maanden geen regen

ze lijden

maar toch staan ze groen
want zonder hoop
kunnen ook zij niet leven
─ de bomen.

***

DESPEDIDA SOLITARIA

para aquellos que, sea donde sea, han de morir solos

Fría la estancia
las paredes blancas
Sólo audible
el eco de la soledad
Ni una palabra cariñosa
ni un cálido abrazo
Sólo el tiempo
un grifo en el que gotea
la cuenta atrás
Y nadie llama a la puerta
nadie que esperes
nadie, salvo la muerte.

***

ESPERANZA

Tantos meses sin lluvia

sufren

pero todavía están verdes
porque sin esperanza
tampoco pueden vivir
─ los árboles.

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

LONELY GOODBYE

for those who, wherever, have to die lonely

Chilly the room
the white walls
audible only
the echo of loneliness.
Not a tender word anymore
no warm embrace
just the time,
a leaking tap,
ticking.
None knocking at the door
nobody you expect,
no one, except death.

***

HOPE

Since many months no rain

they suffer

but still they are green
because without hope
neither they can live
─ the trees.

Translation into English by Stanley Barkan

***

SOLITARIO ADDIO

Per coloro che, ovunque si trovino, devono morire soli

Fredda la stanza
le mura bianche
Udibile solo
l’eco della solitudine.
Nemmeno una parole di conforto
non un caldo abbraccio
Solo il tempo,
un rubinetto che perde,
il suo ticchettio.
Nessuno che bussi alla porta
nessuno da attendere,
nessuno, se non la morte.

***

SPERANZA

Dopo molti mesi senza pioggia
soffrono
eppure sono ancora verdi
perché senza speranza
non possono vivere
─ gli alberi.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

EINSAMER ABSCHIED

für diejenigen die, wo auch immer, einsam sterben müssen

Kühl der Raum
die weißen Wände
Hörbar nur
das Echo der Einsamkeit
Kein zärtliches Wort mehr
keine warme Umarmung
Nur die Zeit
wie ein undichter Wasserhahn
die verrinnt
Und niemand der anklopft
niemand, den du erwartest
niemand, außer dem Tod.

***

HOFFNUNG

Schon Monate kein Regen
sie leiden
aber trotzdem sind sie grün
denn ohne Hoffnung
können auch sie nicht leben
─ die Bäume.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

DESPEDIDA SOLITÁRIA

para aqueles que, seja onde estiverem, morrerão sozinhos

O quarto é frio
as paredes brancas
Só se escuta
o eco da solidão
Nem uma palavra de carinho
nenhum abraço caloroso
Só o tempo
um grifo em que goteja
o que já passou
Ninguém bate nessa porta
ninguém que esperas
ninguém, somente a morte.

***

ESPERANÇA

Tantos meses sem chuva
sofrem
mas ainda permanecem verdes
porque sem esperança
não podem viver também
– as árvores.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Porguese by José Eduardo Degrazia

***

ADDIU SULITARIU

Pi chiddi ca morunu suli ntô munnu
La sala fridda,
li mura bianchi
Si senti sulu
L’ecu di la sulità
Nenti palori duci
Nenti abbrazzi amurusi
Sulu lu tempu,
un lentu
ticchi toc
Nuddu veni a battiri a la porta
Nuddu s’aspetta,
Nuddu, tranni la morti.

***

SPIRANZA

Sunnu misi ca non chiovi
Soffrunu
Ma sunnu ancora virdi
Pirchì senza spiranza
Non ponnu mancu viviri.
─ L’arburi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

RĂMAS BUN ÎN SINGURĂTATE

acelora care, oriunde s-ar afla, sunt nevoiți să moară izolați

Cameră rece
pereți albi
se-aude doar ecoul
singurătății
s-au isprăvit cuvintele mângâietoare
și tandrele îmbrățișări
doar timpul, robinet defect,
picură neîncetat
scurgându-se
și nimeni nu-ți mai bate la ușă,
nu mai e om pe care să-l aștepți,
nu vine nimeni, decât moartea.
***
SPERANȚĂ

Luni fără ploaie
suferă
dar tot sunt verzi
căci fără de speranță
nu pot trăi nici ei
─ copacii.

Traducere: și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian bu Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SAMOTNE POŻEGNANIE

Dla tych, którzy muszą umierać samotnie, gdziekolwiek są.

Jakże chłodny ten pokój
białe ściany
jedynie słyszalne
echo samotności.
Już ani jednego czułego słowa
żadnego ciepłego uścisku
tylko czas,
cieknący kran,
tykanie.
Nikt nie puka do drzwi
nikogo się nie spodziewasz
nikogo, prócz śmierci.

***

NADZIEJA

Od miesięcy brak deszczu
choć cierpią
nadal są zielone
przecież bez nadziei
też nie potrafią żyć
─ drzewa.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΜΟΝΑΧΙΚΟ ΑΝΤΙΟ

Κρύο δωμάτιο
τοίχοι λευκοί
όπου αντηχεί τη μοναξιά
και λείπει η τρυφερότητα
η ζεστή αγκαλιά
μόνο ο χρόνος απομένει
κι η βρύση που τρέχει.
Κανείς δεν χτυπά την πόρτα του
κανένα δεν περιμένεις
παρά το θάνατο.

***

ΕΛΠΙΔΑ

Δίχως βροχή μήνες πολλούς
υποφέρουν
κι ακόμα είναι πράσινα
γιατί δίχως ελπίδα πια
τα δέντρα
δεν ζουν.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

孤独的告别

给那些无论哪里都得孤独死去的人

寒冷这房间
这白墙
只听见
孤独的回声。
一个温柔词也没有了
没有温暖的拥抱
只是时间,
一个漏水龙头,
在滴答。
没有人敲这门
你没人期待,
没人,只有死亡。

***

希 望
好几月以来没下雨
它们受苦了
但它们仍是绿的
因为没有希望
它们没法活
——这些树。

汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وداع وحيد

لأجل أولئك الذين كتب عليهم الموت وحيدين في أي مكان.

ها هم يقبعون في غرفة باردة
ذات جدران بيض
لا يسمعون سوى صدى الوحدة
فبعد الآن لن تبلغ مسامعهم كلمة حنون
ولن يأويهم حضن دافئ
لم يتبق لهم سوى الزمن
صوت دقات ساعاته
مثل قطرات تتسرب من صنبور الماء
فلا طرق على الباب
ولا زائر يتوقعون قدومه
لا أحد، سوى الموت

***

الأمل

لم تمطر منذ شهور طويلة
فصارت الأشجار تتألم
ومع ذلك، مازالت خضراء
فمن دون أن أمل
لن تقدر على الحياة.

جيرمان دروغنبرودت
ترجمة: سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Selim

***

अकेला अलविदा

(उन लोगों के लिए, जो भी, जहां भी हों, अकेला मरना होगा)

ठंडा कक्ष
सफेद दीवार
केवल श्रव्य
अकेलेपन की गूंज।
अब मुलायम शब्द नहीं
कोई गर्म आलिंगन नहीं
बस समय,
चूता नल
टिक टिक
किसी ने दरवाजा नहीं खटखटाया
कोई भी आपकी अपेक्षा नहीं करता है,
मौत के सिवाय कोई नहीं।

*******************
आशा

कई महीनों से बारिश नहीं हुई
वे पीड़ित है
लेकिन फिर भी वे हरे हैं
आशा के बिना
न तो वे रह सकते हैं
─ पेड़।

Translation into Hindi by JYOTIRMAYA THAKUR अकेला

***

孤独なさよなら

どこかで淋しく死んでいく人のために

寒い部屋の白い壁
孤独のひびきが聞こえるのみ
もはや優しい言葉もなく
あたたかな抱擁もない
時のみが
水が漏れるように
音を立てている
戸を叩く人はなく
訪ねてきてほしい者もいない
死を除いては

***

希望

もう何ヶ月も雨が降らず
苦しんでいるのに
緑色
それは、
希望がなければ
生きることができないから
緑の樹々

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

خداحافظی در عزلت

برای آنانکه محکوم به مرگ در تنهاییند.

در اتاق سرد
دیوارها سفید
تنها شنیدنی
طنین تنهایی
ای مهربان نه دیگر کلمه
نه آغوشی گرم
تنها زمان،
شیر آبی نشت دار،
چوب خط میزند.
هیچ کس در را نمی کوبد
نه آنکه تنتظارش را داری،
هیچ کس ،جز مرگ.

***

امید

ماههای بی شماری
از خشکسالی رنج بردند
اما هنوز سبزند
چه بدون امید
هیچ درختی
زنده نمی ماند.

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi bySepideh Zamani

***

САМОТНО СБОГУВАНЕ

на тези, които, където и да е, трябва да умрат сами

Студена е стаята
белите стени
долавят само
ехото на самотата.
Няма вече нежна дума
нито топла прегръдка
само времето,
капещ кран,
който тиктака.
Никой не почуква по вратата,
няма кого да очакваш,
никого, освен смъртта.

***

НАДЕЖДА

От много месеци без дъжд
те страдат
но все още са зелени
защото без надежда
и те не могат да живеят
– дърветата.

ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

KVEÐJA Í EINSEMD

handa þeim sem, hvar sem þeir eru, verða að deyja einir

Hrollkalt herbergi
hvítir veggir
aðeins heyrist
ómur af einsemd.
Ekkert blíðlegt orð framar
ekkert hlýlegt faðmlag
bara tími,
lekur krani,
sem tifar.
Enginn ber að dyrum
ekki er von á neinum,
engum, nema dauðanum.

***

VON

Mánuðum saman rignir ekki
þau þjást
en þau eru samt græn
því að án vonar
geta þau ekki heldur lifað
─ trén.

Þór Stefánsson þýddi
Translation into Icelandic Þór Stefánsson

***

ОДИНОКОЕ «ПРОЩАЙ»

тем, кто умирает в одиночестве, где бы они ни были
Холодно в комнате,
белые стены.
Слышится лишь
одинокое эхо.
Нет нежных слов,
нет теплых объятий.
Лишь время
по каплям течет,
словно сломанный кран.
Нет стука в дверь
от тех, кого ждешь,
никого нет, кроме смерти.

***
НАДЕЖДА

Уже месяцы нет дождя,
они страдают,
но не сдаются,
потому что без надежды
и им не выжить
– деревьям.

Перевод Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

SELAMAT TINGGAL KESEPIAN

Kepada sesiapa, yang mati dalam sepi di mana-mana

Dingin kamar
putih dindingnya
Hanya gema sepi
kedengaran.
Tiada kata-kata yang lembut
tiada dakapan hangat
hanya waktu berdetik
laksana paip bocor
Tiada sesiapa mengetuk pintu
Tidak mengharapkan sesiapa
melainkan maut.

***
HARAPAN

Berbulan-bulan tiada hujan
menanggung penderitaan
tetapi tetap hijau
sebab tanpa harapan
tidak boleh meneruskan kehidupan
─ pepohon.

PENTERJEMAH: DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN
Translation into Malay by DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN

***

MALUNGKOT NA PAMAMAALAM

Para sa kanila, nasaam man sila, na kinailangang mamatay ng malungkot

Malamig na silid
mga puting dingding
tanging nag naririnig
ay ang alingangaw ng kalungkutan.
Wala ni sang malamyos na salita
wala ng ang mainit na yakap

tanging orasan,
nagleleak na tuktok
tumutunog,

Walang kumakatok sa pinto
wala kang hinihintay
ni isa, kundi ang kamatayan.

***

PAG-ASA

ilang buwan ng hindi umuulan
sila’y nagdurusa
nanatili parin silang luntian

kapagka walang pag-asa
hindi rin sila mabubuhay
– ang mga puno.

Translation into Filipino Eden Soriana Trinidad

***

פרידה גלמודה

לאלו, בכל מקום שהוא, שנאלצו למות לבדם

צוֹנֵן הַחֶדֶר
צוֹנְנִים הַקִּירוֹת הַלְּבָנִים

נִשְׁמָע רַק
הֵד הַבְּדִידוּת.

לֹא עוֹד מִלָּה רַכָּה
לֹא חִבּוּק חַם

רַק הַזְּמַן,
בֶּרֶז דּוֹלֵף,
מְתַקְתֵּק.

אִישׁ אֵינוֹ דּוֹפֵק בַּדֶּלֶת
לֹא מִישֶׁהוּ שֶׁאַתְּ מְצַפָּה לוֹ,
אַף אֶחָד, חוּץ מִמָּוֶת.

***

תקווה

כְּבָר חֳדָשִׁים שֶׁהֵם סוֹבְלִים
מֵעֲצִירַת גְּשָׁמִים
אַךְ הֵם עֲדַיִן יְרֻקִּים

מִשּׁוּם שֶׁלְּלֹא תִּקְוָה
גַּם הֵם אֵינָם יְכוֹלִים לִחְיוֹת –
הָעֵצִים

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***
தனியான விடைகொடுத்தல்

எங்கிருந்தாலும் தனியாக இறப்பவர்களுக்கு
அறையில் குளிர்
வெள்ளைச் சுவர்கள்
தனிமையின் எதிரொலியைக்
கேட்க மட்டுமே முடியும்
மீண்டும் கனிவான சொற்கள் இல்லை
வெது வெதுப்பான தழுவல் இல்லை
நேரம் மாத்திரம்,
கசியும் குழாய்
டிக் என ஒலிக்கிறது
யாரும் வீட்டுக் கதவைத் தட்டவில்லை
யாரையும் நீங்கள் எதிர்பார்க்க வில்லை
யாரும் இல்லை சாவைத்தவிற!

***

நம்பிக்கை

பல மாதங்களாக மழை இல்லை
அவைகள் வருந்துகின்றன

இருப்பினும் அவை பச்சையாக உள்ளன
ஏனெனில் நம்பிக்கை இன்றி
வாழவும் முடியாது.
─ மரங்கள்..

Translation into Tamil by Dr. N V SUBBARAMAN

***

VERÊKIRINA TENYAYÎ

Bo ew kesên dimirin û kes li dor wan tune ne

Cih sar e
dîwarên sipî

Tenê vedenga
tenyayiyê tê bihîstin

Nema peyva dilînî
nema hemêzkirin bigermî

Her dem
mîna bilbiloka nerind badayîavê
dilopdike

Û kes nema li derî de
kes nema ewê tu li bendê bê
kes nema ji bilî mirinê

***

HÊVÎ

Va ji miheyan ve baran nabare
ew dêşin
lê tevî wê jî hîn hişîn in
lema jî bê hêviyê
ew jî nikanin bijîn
– darûber

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

নিঃসঙ্গ বিদায়

যারা নিঃসঙ্গতায় মৃত্যুবরণ করেছেন তাদের জন্য উৎসর্গকৃত

শীতল ঘর
সাদা দেওয়াল
শুধু শোনা যায়
নিঃসঙ্গতার প্রতিধ্বনি।
একটিও কোমল শব্দ নেই আর
নেই কোন উষ্ণ আলিঙ্গন
শুধুই মাত্র সময়,
একটি ফুটো ছিপি,
টিক টক টিক টক।
কেউতো ঠোকা দেয় না দরজায়
কেউ নেই আর যার প্রত্যাশায় রয়েছো তুমি,
কেউ না শুধু মৃত্যু ছাড়া।
গ্রেভ ড্রভেনব্রড

Translation into Bangla by Tabasssum Tahmina Shagufata husssein

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 645
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Amours clandestines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Amours clandestines

L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année
Et refleurissent les buissons
Qui embaumaient nos étreintes

Je perçais les secrets de ton regard
Distant et énigmatique
Je posais des baisers ardents
Sur tes lèvres de glace
Et caressais ta chair
Avec des gestes d’amour.

(Jean-Baptiste Besnard)

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