Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étroit’

Plus de ces sens bornés… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Alexandre Cabanel
    
Plus de ces sens bornés…

Plus de ces sens bornés, étroite solitude,
Vérité ou raison, plus de frein qui jugule,
Je suis la chose enfin, je vis bien au delà
De mon corps méprisable, étriqué, ridicule;
Je suis parmi l’éther la lune qui circule,
Le ruisseau, ciel errant, que la nuit constella.

Mon âme se répand comme une onde élargie
Et ma prison s’écroule à la tendre élégie
Des ramiers amoureux perdus au bord du ciel.
O Nature, que j’ai souffert dans cette geôle,
Mon coeur, il me fallait l’espace où l’on s’envole,
La terre qui m’accueille au limon maternel.

Il me fallait l’oubli vaste que tu prodigues,
Calme fleuve étendu sans berges et sans digues;
Il me fallait pour lit la douceur des lotus
Et pour chevet l’odeur féconde et primitive
De la vase et des joncs pourrissant sur la rive
Où mes tourments muets à jamais se sont tus.

(Marie Dauguet)

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jusqu’au bout du vent (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



jusqu’au bout du vent
on est au large
peu importe le lieu dans la langue
l’endroit précis d’une terre
on reconnaît

il n’y a pas d’ailleurs
sans savoir on avance
vers ce qui serait au-delà
de l’étroit
ou du ciel
on avance
et les mots familiers comme des bêtes
sans bruit tracent la route
et vont vite

(Antoine Emaz)

Illustration: Jean-Georges Cornélius

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉLIVRANCE (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Takahiro Hara
    
DÉLIVRANCE

Après
une chaleur
lourde
sourde à tout
s’étire, lente, sous la peau

L’âme
un instant
est au repos
ne se glisse pas dehors
mais colle aux corps
s’y baigne de toi à moi
bien à l’étroit

Et je m’endors

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANT DU SOIR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Illustration: Odilon Redon
    
CHANT DU SOIR

Le soir, quand nous allons par les sentiers obscurs,
Se lèvent devant nous nos formes blêmes.

Quand la soif nous saisit,
Nous buvons les eaux pâles de l’étang,
La douceur de notre triste enfance.

Las à mourir, nous reposons sous l’arche d’un sureau,
Les yeux au vol des mouettes grises.

Des nuages de printemps montent sur la sombre ville
Qui tait les temps plus illustres des moines.

Quand j’ai pris tes mains étroites dans les miennes,
Tu ouvris doucement tes yeux immenses.
Tout est passé depuis longtemps.

Mais quand l’âme est visitée d’une harmonie obscure
Tu apparais à l’ami, toute blanche dans son paysage automnal.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au bout du jour (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



au bout du jour
il n’est pas grand-chose à quoi
peuvent s’accrocher les doigts
dans un silence de chair remuée
vive
le plus souvent on s’est tenu
à la surface des gens ou des choses
avec en dedans
un grand désir
muet

***

les êtres s’échappent

d’autres amis remplacent les morts

on est toujours là
peut-être un peu plus lourd de souvenirs
pour personne

***

hommes sans cesse
très vite disparaissant
dans la terre sans livre

tant de terre et tant d’hommes
remués
si longtemps
sans faire d’histoire
décisive

on ne crie plus guère

on veille parmi les livres
lorsque les mains sont vides

***

l’élargissement viendra
du dedans
s’il doit venir

pour l’heure
on aménage l’espace restreint
et sous les livres
on arrive à ne plus voir les murs

ainsi
à l’étroit dans ce qui est possible
on est
debout
encore

on dure

(Antoine Emaz)

Illustration: Misha Gordin

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retourne entre les murs (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Retourne entre les murs de ces chambres profondes
En fermant les yeux comme en écoutant
y sommes-nous les premiers à surprendre
cette respiration qui traverse nos membres
et les oblige à tressaillir ?
Que nous réclame-t-elle ?

Ne plus dire la pierre étroite, épaisse,
dès que tout semble se contraindre,
ne plus dire la mort

(Pierre Dhainaut)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le coeur perd lentement mémoire du soleil (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
L’herbe jaunit.
Le vent fait voler une neige tôt venue.
Juste un peu.

Dans les canaux étroits déjà l’eau se fige,
Ne coule plus.
Il ne se passe jamais rien ici,
Oh! jamais.

Le saule a déployé sur le ciel vide
Sa dentelle en éventail.
Peut-être il valait mieux que je ne sois jamais
Votre femme.

Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
Qu’y a-t-il? Le noir?
Peut-être! Une nuit va suffire pour que vienne
L’hiver.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ÎLE DU DEDANS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



    L’ÎLE DU DEDANS

où nous n’allons pas
l’infini régresse

on partage les souffles
dans la maison du corps

on tend l’oreille
pour prêter parole

qu’il vienne enfin
le sentier étroit
du jamais foulé

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour savoir vraiment ce qui chante en moi (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




Illustration: Alexander Sulimov

    
pour savoir vraiment
ce qui chante en moi
pour que passe en moi quelque chose
de plus grand que moi
un souffle qui m’imprègne
je traverse les blessures
je laisse échapper
ce que la pensée ne peut dire
la porte est étroite
infiniment étroite
mais c’est la porte du grand calme
la porte de l’abandon
où la création recommence toujours

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Chet Baker (Déploration)
Editions: Le Castor Astral

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quelle force, quel fleuve, quel profond feuillage (Jean-Claude Renard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017


Lotus_Bouddha1

Si nous ne sommes pas trop étroits pour nous-mêmes
ni pour l’extase de l’été
quelle force, quel fleuve, quel profond feuillage
nous initieront-ils au corps de la Parole?

(Jean-Claude Renard)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :