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Poésie

Posts Tagged ‘étroite’

Le Coeur a d’étroites Rives (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Le Coeur a d’étroites Rives
Qu’il mesure comme la Mer
D’une vaste – incessante Rumeur
Et Bleue monotonie

Mais que l’Ouragan le divise
Alors discernant
Son manque de Superficie
Le Coeur convulsif apprend

Que le Calme n’est qu’un Rempart
De Tulle inviolé
Qu’une brusque Poussée détruit
Qu’un Questionnement – dissout.

***

The Heart has narrow Banks
It measures like the Sea
In mighty – unremitting Bass
And Blue monotony

Till Hurricane bisect
And as itself discerns
It’s insufficient Area
The Heart convulsive learns

That Calm is but a Wall
Of Unattempted Gauze
An instant’s Push demolishes
A Questioning- dissolves.

(Emily Dickinson)

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Chambre étroite (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Chambre étroite.
Par une vitre,
la lumière ou son vide.
Diagonale sur l’obscur du fond.
Limite.
Elle vibre, sans bruit.
C’est là.
Quelque chose pourrait venir,
peut-être – commencer.

(Jacques Ancet)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Cette étroite cachette (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Cette étroite cachette sous un taillis de saules
où nous sommes dit trois mots doux,
personne, sinon la grive musicienne,
ne la saura jamais !

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration: Fabienne Contat

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Les voilà débarrassés du rêve (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Les voilà débarrassés du rêve
hommes et femmes aux hanches étroites
Ah ils respirent enfin
se mettent à leurs calculatrices
ouvrent les vannes du bruit
pour remplir leur assiette
avant de se coucher
dans leurs lits séparés

(Abdellatif Laâbi)

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TERRE SECRÈTE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



 

plume

TERRE SECRÈTE

Ne te détourne pas, mon histoire est la tienne ;
Chaque poète porte au coeur le coeur de celui qui écoute.
Comme toi, j’ai touché à cette terre ;
Et, patiente, la vie s’est cherchée en mes yeux.
Ai-je su en détenir l’image et l’innocence ?
Et dis, que nous manque-t-il pour dénouer l’unique chemin ?

Saisons, saisons, visages qui n’êtes jamais égaux !
Fleurs, nuits et merveilles sitôt englouties !
Tout se profile et il n’est pas d’issue.
L’erreur, puis la rosée. Pour toute joie, sa déroute.
Si le souffle s’affadit, d’autres feux se lèveront.

Je suis le poursuivant,
Jamais je ne délierai l’anneau.

Pourtant, des forêts entières naissent au bord du fleuve
Et meurent, sans tumulte, contre la terre retrouvée.

Les sables de la folie, soudain réconciliés,
S’abandonnent aux rives du retour.

Je suis le poursuivant ;
Je vais, telle est ma route.

Notre pays est nulle part,
Et nous, ce peu de souffle dans la main étroite du temps.

(Andrée Chedid)

 

 

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Transparence (Rafael José Diaz)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Transparence,
tu m’as accueilli là où finissent les couloirs,
dans la dernière pièce, quand
je ne croyais plus arriver. Et j’ai vu
ton visage, je l’ai pris de mes mains
tremblantes. Visage d’air,
confondu avec le visage humain
qui m’attendait, endormi
dans la veille amoureuse, dans cette pièce
étroite qui s’est ouverte comme
des eaux après le désert
pour nous deux….

(Rafael José Diaz)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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Alors, ne bougeons plus sur la terre nocturne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Alors, ne bougeons plus sur la terre nocturne,
et gardons notre souffle, et gardons notre coeur,
puisque le geste en nous glisse d’étroites lances,
et que le coeur s’essouffle un peu plus chaque jour.

Prenons message de la cire et de la pierre,
plus que de l’arbre au ciel encore mouvant,
plus que de l’eau qui dort au creux des seins,
mais qu’une voix vite réveille.

Juste un instant, laissons nos mains ensevelies,
nos corps cernés de vastes transparences
trouver mesure et force de la nuit,

car alors notre vie se joue sur des terrasses
illuminées, entre mer et brouillard,
dans la seule clarté d’une terre fugace.

(Jean Joubert)

Illustration: Sabin Balasa

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Le léger fantôme des fleurs (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



Dans ce jardin délivré de la sève,
de la naissance et de la mort,
sur l’étroite voie calcinée,

le léger fantôme des fleurs.

(Jean Joubert)

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Mes nuits sont trop étroites (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2016



Mes nuits sont trop étroites
en ton absence.
Je te respire.

(Yannis Ritsos)

 

 

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Fragile (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Fragile

Celui qui festoyait aux tables du soleil
A mordu dans la glaise étroite du tombeau,
Celui qui déchiffrait le langage de l’eau
Meurt d’une étrange soif aux plages sans sommeil,

Celui pour qui l’amour était grâce première
Alliant à la chair un parfum de lilas
Dérive lentement aux sables des deltas
Vers le partage et la fureur aux nuits de mer,

Celui qui promettait ne s’est pas retourné,
Celui qui savait vivre oubliait son destin
Et qui se croyait juste a laissé le chemin,
S’égare souriant vers les lances dressées.

L’eau des fontaines fuit une terre débile
Que fuient la feuillaison, la colombe et le cerf.
Le vent bâtit ses cathédrales de poussière,
Bras nus, dans les faubourgs fantômes d’une ville.

Et si l’amour déploie sur le lit dévasté
Son beau trésor de pluie, ses gestes de printemps,
Sa faiblesse et sa force, aux portes des amants,
La lampe basse file et les loups sont postés.

(Jean Joubert)

Illustration: Giacometti

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