Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étroitesse’

J’ai apaisé (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2017



J’ai apaisé l’angoisse de mon âme
et mon coeur est rayonnant
car, dans l’État où je suis,
j’ai vu au-delà de cet État.
Comme un compagnon j’ai vu le suprême Camarade.

Vivant esclave je me suis libéré;
je me suis arraché aux griffes de toute étroitesse.

Kabîr dit : « J’ai atteint l’inaccessible et mon
coeur est coloré des couleurs de l’amour.

(Kabîr)

 

 

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Le visage du lecteur (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



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Le visage du lecteur est plus nu que l’air
et son corps est souple,
délivré de l’étroitesse d’agir.

Allongé, bras et jambes négligemment appuyés sur plusieurs continents,
il compte les étoiles dans le blanc orageux de la page.

Plus il s’approche de son rêve,
plus le silence gagne sur lui.

Cérémonie du simple,
exercice de la patience.
Lire est un chemin, parmi tant d’autres.
Croître en clarté, voilà le but.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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L’île (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



L’île

Lorsque les mastodontes se multiplièrent
et debout commencèrent à marcher
couvrant finalement l’île de narines de pierre,
et lorsqu’ils désignèrent, actifs, leurs descendants : les fils
de la lave et du vent, les petits-fils
de l’air et de la cendre, parcourant
l’île à pieds de géants :
jamais la brise avec ses mains
ni le cyclone avec son crime
ni l’Océanie en sa persistance
pareillement ne travaillèrent.

Grandes têtes pures,
hautes sur leurs cous, regards graves,
géantes mâchoires dressées
dans l’orgueil de leur solitude,
présences,
arrogantes
et soucieuses présences.

Ô graves, solitaires dignités,
qui a osé, qui ose
questionner, interroger
les statues interrogatrices?

Elles sont l’interrogation disséminée
dépassant l’exacte étroitesse,
cette menue taille insulaire,
pour s’adresser au grand océan, au fond même
de l’homme, à l’énigme de son absence.

Quelques corps n’ont pas réussi à se dresser :
leurs bras sont restés là informes, assujettis
au cratère, ces dormeurs
restent couchés dans la rose calcaire,
sans lever les yeux vers la mer,
et les grandes créatures au sommeil horizontal
sont les larves de pierre du mystère :
le vent les a laissées ici quand il a fui la terre :
quand il a cessé d’engendrer des fils de lave.

(Pablo Neruda)

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