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Poésie

Posts Tagged ‘étude’

Helen Schjerfbeck (Hanner Bramnes)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019



Illustration: Helen Schjerfbeck
    
L’étude la plus importante
d’Helen Schjerfbeck est celle
qu’elle fit de son propre visage
à mesure qu’elle vieillissait
son regard devenait plus fixe
sa peau plus claire
son teint pastel

avec le temps
elle fit disparaître toute symbolique
de sa propre expression

***

Sin største studie
gjorde Helen Schjerfbeck
i sitt eget ansikt
etter som hun ble eldre
ble blikket fastere
huden klarere
fargen pastell
med tiden
fjernet hun all symbolikken
fra sitt eget uttrykk

(Hanner Bramnes)

 

Recueil: Le poids de la lumière
Traduction: Anne-Marie Soulier
Editions: Erès

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AUREA MEDIOCRITAS (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Papillon

AUREA MEDIOCRITAS

Heureux l’ami secret des arts et de l’étude,
Pour qui la renommée est une servitude :
Le sourire du ciel a lui sur son berceau.
La gloire fait du mal : son sublime flambeau
A des éclairs trop vifs pour une humble chaumine :
Il aveugle toujours les yeux qu’il illumine.
L’appeler sous son toit, c’est bannir le sommeil ;
C’est y vouloir, pour lampe, attacher le soleil.
Au temple des grands noms suspendons nos guirlandes ;
Mais n’ayons pas d’autels, où nous servions d’offrandes.
Ambitieux amants du commerce des fleurs,
Ne les cultivons pas pour vendre leurs couleurs.
Tandis que, spéculant sur leur grâce fertile,
Pour en faire de l’or un autre les distille,
Aimez-les seulement ; ou, leurs dons les plus doux,
Un papillon qui passe en jouit plus que vous.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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ETUDE D’AME (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Clara Lieu

ETUDE D’AME

Je suis la maison hantée, croulante
Qui se tient ici comme une plante et se penche au-delà.

Demeure pour âmes anciennes, domicile pour revenants
J’existe, je suis
Comme si j’ignorais
Que cette bâtisse
Est comme un fil
Un coup d’air froid et vide
Entre moi-même
Et la mort.

J’existe, je sens mon poids
Ma lourdeur m’effraie.

Des actes lourds, pesants, vains,
Des objets écrasants, ainsi qu’un vieux sac de pierres.

Comment viendraient-ils me soulever, me porter
Une charge pénible remplie de son essence.

(En arrière, mon Dieu, en arrière, à recommencer…)

(Georges Themelis)

Illustration: Clara Lieu

 

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Dans l’homme existent un amour (Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Dans l’homme existent un amour, une douleur, une inquiétude, un appel,
de sorte que s’il possédait les cent mille univers,
il ne pourrait trouver le calme et le repos.

Les gens exercent tous les métiers, tous les commerces,
et procèdent à toutes sortes d’études : médecine, astronomie, etc…
mais ils ne peuvent trouver le repos, car leur but n’est pas atteint.

(Rûmî)

 

Recueil: Le Livre du dedans
Traduction:
Editions: Sindbad

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Les Couleurs (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Les Couleurs

ELOIGNEZ de mes yeux les flamboiements barbares
Du Rouge, cri de sang que jettent les fanfares.

Eteignez la splendeur du Jaune, cri de l’or,
Où le soleil persiste et ressurgit encor.

Ecartez le sourire invincible du Rose,
Qui jaillit de la fleur ingénument déclose,

Et le regard serein et limpide du Bleu, —
Car mon âme est, ce soir, triste comme un adieu.

Elle adore le charme atténué du Mauve,
Pareil aux songes purs qui parfument l’alcôve,

Et la mysticité du profond Violet,
Plus grave qu’un chant d’orgue et plus doux qu’un reflet.

Versez-lui l’eau du Vert, qui calme le supplice
Des paupières, fraîcheur des yeux de Béatrice.

Entourez-la du rêve et de la paix du Gris,
Crépuscule de l’âme et des chauves-souris.

Le Brun des bois anciens, favorable à l’étude,
Sait encadrer mon silence et ma solitude.

Venez ensevelir mon ancien désespoir
Sous la neige du Blanc et dans la nuit du Noir.

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

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MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES

Les aigles des chaises curules
Dans ce royaume bordé des bois
Volaient parfois au crépuscule
Puis reprenaient leur quant-à-soi,
Leurs hiératiques attitudes
Dans les hautes salles d’études.

Les brebis des chambres des reines
Paissant sur champ de fleurdelys,
Broutant l’ombre et la solitude,
A bruit menu comme une pluie,
Soudain gagnaient d’un bond le ciel,
Brebis silence constellées.

Les feux du Bélier, du Centaure
L’étoile qui monte à regret,
Seule, au front noir d’une forêt,
Les divagations des astres,
Tournent sans bruit sur nos cadastres,
Sur nos collines désolées.

Mais le sort que tu m’as jeté,
Secret comme le coeur des roses,
Ouvre d’autres métamorphoses,
Mais le sort que tu m’as jeté
Il me semble une apothéose
Et flambe en moi comme un été.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un goliard (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration: Jean-Claude Forez
    
Un goliard

le temps est le plus agréable
et fait chanter tous les oiseaux
mais si l’averse bat les feuilles
je chante encore

l’éclair luit
mais mon oeil
aucun spectre ne l’effraie
et je vais l’âme tranquille

sur le chemin du savoir
de Mammon n’ai cure
grave je médite
je bois un coup parfois

quand je suis las de l’étude
la lune sort des nues
je fais de la musique
pour ma belle

***

Der wandernde Student

Bei dem angenehmsten Wetter
Singen aile Vögelein,
Klatscht der Regen auf die Blätter,
Sing ich so für mich allein.

Denn mein Aug kann nichts entdecken
Wenn der Blitz auch grausam glüht
Was im Wandern könnt erschrecken
Ein zufriedenes Gemüt.

Frei von Mammon will ich schreiten
Auf dem Feld der Wissenschaft,
Sinne ernst und nehm zuzeiten
Einen Mund vol Rebensaft.

Bin ich müde vom Studieren,
Wann der Mond tritt sanft herfür,
Pfleg ich Bann zu musizieren
Vor der Allerschönsten Tür

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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L’ARBRE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration:Laura Zollar
    
L’ARBRE

Enseigne-lui l’étude des arbres. (Georges Séféris)

L’arbre est un fleuve d’étoiles qui s’écoule,
L’arbre tord ses mains, s’apaise, l’arbre est inflexible, l’arbre
N’est rien que la matière qui respire, et la matière est bonne.

L’arbre est la sentinelle du temps.
Il vibre au passage amoureux du soleil, déploie
Ses feuilles, nous invite à veiller aux quatre nuits de l’an qui passe,
Et quand la terre accablée renouvelle
L’inépuisable fécondité de son ventre, il annonce
Le jour qui vient, la montée de la sève jusqu’à la gloire.

[…]

L’arbre semble dormir,
Ne dort jamais, offre aux abeilles
Un refuge au repli de ses branches,
Un trou dans sa cuirasse aux colombes.
Sans jamais divertir, ayant reçu
Nativement sagesse et jugement.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au livre de Léopardi (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Alexandr Sulimov -   (28)

Au livre de Léopardi

Il est de longs soupirs qui traversent les âges
Pour apprendre l’amour aux âmes les plus sages.
Ô sages ! De si loin que ces soupirs viendront,
Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront.

Et s’il vous faut garder parmi vos solitudes
Le calme qui préside aux sévères études,
Ne risquez pas vos yeux sur les tendres éclairs
De l’orage éternel enfermé dans ces vers,

Dans ces chants, dans ces cris, dans ces plaintes voilées,
Tocsins toujours vibrant de douleurs envolées.
Oh ! N’allez pas tenter, d’un courage hardi,
Tout cet amour qui pleure avec Léopardi !

Léopardi ! Doux Christ oublié de son père,
Altéré de la mort sans le ciel qu’elle espère,
Qu’elle ouvre d’une clé pendue à tout berceau,
Levant de l’avenir l’insoulevable sceau.

Ennemi de lui seul ! Aimer, et ne pas croire !
Sentir l’eau sur sa lèvre, et ne pas l’oser boire !
Ne pas respirer Dieu dans l’âme d’une fleur !
Ne pas consoler l’ange attristé dans son coeur !

Ce que l’ange a souffert chez l’homme aveugle et tendre,
Ce qu’ils ont dit entre eux sans venir à s’entendre,
Ce qu’ils ont l’un par l’autre enduré de combats,
Sages qui voulez vivre, oh ! Ne l’apprenez pas !

Oh ! La mort ! Ce sera le vrai réveil du songe !
Liberté ! Ce sera ton règne sans mensonge !
Le grand dévoilement des âmes et du jour !
Ce sera Dieu lui-même… oh ! Ce sera l’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

 

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Le passé fut un rêve (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Si tu passas tes jours auprès de ton amie,
Si tu fis des plaisirs ton étude suivie,
La mort viendra pourtant. Le passé fut un rêve
Que tu continuas durant toute ta vie.

(Omar Khayam)

Illustration: Paul Delvaux

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