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Le temps n’est pas unique (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

Le temps n’est pas unique :
plusieurs rubans glissent, parallèles
souvent en sens contraire et rarement s’entrecroisent.

C’est quand se révèle la seule vérité que, dévoilée,
elle est aussitôt biffée par qui surveille engrenages et aiguillages.

Puis on replonge dans le temps unique.
Mais ce fut l’instant où les rares vivants se sont reconnus
pour se dire, non au revoir, mais adieu.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille desséchée qui se recroqueville,
c’était le cheval terrassé.

Du bien, je n’ai rien su, hormis le prodige
qui entrouvre la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon haut dans le ciel.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Souvent j’ai rencontré le mal de vivre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Souvent j’ai rencontré le mal de vivre:
c’était le ruisseau étranglé qui bouillonne,
c’était la feuille qui se recroqueville,
desséchée, c’était le cheval terrassé.

Du bien je n’ai rien su, hors le prodige
éclos de la divine Indifférence:
c’était la statue dans la somnolence
de midi, et le nuage, et le faucon très haut qui plane.

***

Spesso il male di vivere ho incontrato :
era il rivo strozzato che gorgoglia,
era l’incartocciarsi della foglia
riarsa, era il cavallo stramazzato.

Bene non seppi, fuori del prodigio
che schiude la divina Indifferenza :
era la statua nella sonnolenza
del meriggio, e la nuvola, e il falco alto levato.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Vois-tu, dans ces silences (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.

Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.

***

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

(Eugenio Montale)

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APRES-PLUIE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



APRES-PLUIE

Sur le sable mouillé apparaissent des idéogrammes,
pattes de mouche ou pattes d’oie. Je regarde en arrière
mais ne vois ni refuges ni asiles pour volatiles.
Sans doute est passé fatigué un canard, estropié peut-être.

Je ne saurais décrypter ce langage
même si j’étais chinois. Un coup de vent va suffire
à l’effacer. I1 n’est pas vrai que la Nature
soit muette. Elle parle à tort et à travers
et notre seul espoir : qu’elle s’occupe
de nous le moins possible.

(Eugenio Montale)

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Ta fièvre (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2016



Ta fièvre me fait penser
aux oiseaux de passage qui heurtent les phares
dans les soirs de tempête:
tempête aussi est ta douceur,
sans apparaître elle bouillonne,
et ses repos sont encore plus rares.
Je ne sais comment, exténuée, tu résistes
en ce lac
d’indifférence, ton coeur; peut-être
une amulette te sauve-t-elle, que tu gardes
à côté du bâton de rouge,
de la houppette, de la lime: une souris blanche,
d’ivoire; et ainsi tu existes !

***

La tua irrequietudine mi fa pensare
agli uccelli di passo che urtano ai fari
nelle sere tempestose :
è una tempesta anche la tua dolcezza,
turbina e non appare,
e i suai riposi sono anche più rari.
Non so come stremata tu resisti
in questo lago
d’indifferenza ch’è il tuo cuore; forse
ti salva un amuleto the tu tieni
vicino alla matita delle labbra,
al piumino, alla lima: un topo bianco,
d’avorio; e cost esisti!

(Eugenio Montale)


Illustration: Giovanni Boldini

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Porte-moi le tournesol (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



Porte-moi le tournesol, que je le transplante
dans mon terrain brûlé du vent salin;
qu’il montre tout le jour aux faces miroitantes
du ciel d’azur l’anxiété de son jaune visage.

A la clarté tendent les choses obscures,
les corps s’épuisent en flux
de teintes : elles en musiques. S’effacer,
la suprême aventure.

Oui, porte-moi la plante qui nous mène
où vont surgir les blondes transparences
et s’exhaler la vie, telle une essence;
apporte-moi le tournesol fou de lumière.

***

Portami Il girasole ch’io lo trapianti
nel mio terreno bruciato dal salino,
e mostri tutto il giorno agli azzurri specchianti
del cielo l’ansietà del suo volto giallino.

Tendono alla chiarità le cose oscure,
si esauriscono i corpi in un fluire
di tinte : queste in musiche. Svanire
è dunque la ventura delle venture.

Portami tu la pianta che conduce
dove sorgono bionde trasparenze
e vapora la vita quale essenza;
portami il girasole impazzito di luce.

(Eugenio Montale)


Illustration

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Bonheur rejoint (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



Bonheur rejoint, on chemine
sur toi comme au fil d’une lame.
Aux yeux tu es la lueur qui vacille,
au pied l’étendue glacée qui se fêle,
donc ne te touche pas qui le plus t’aime.

Si tu atteins les âmes envahies
de tristesse, et les éclaires, ton matin
est doux et troublant comme les nids aux cimaises.
Mais rien ne rachète les pleurs de l’enfant
dont le ballon, entre les murs, s’échappe.

***

Felicità raggiunta, si cammina
per te su fil di lama.
Agli occhi sei barlume che vacilla,
al piede, teso ghiaccio the s’incrina;
e dunque non ti tocchi chi più t’ama.

Se giungi sulle anime invase
di tristezza e le schiari, il tuo mattino
è dolce e turbatore come i nidi delle cimase.
Ma nulla paga il pianto del bambino
a cui fugge il pallone tra le case.

(Eugenio Montale)

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Je repense ton sourire (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Je repense ton sourire, i1 est pour moi une eau limpide
entrevue d’aventure dans la pierraille d’une grève,
étroit miroir auquel contemple un lierre ses corymbes;
et sur toute chose l’embrassement d’un blanc ciel paisible.

Cela, mon souvenir; je ne saurais dire, ô lointain,
si de ton visage, libre, s’exprime une âme ingénue,
ou bien si tu es de ceux qu’errants le mal du monde exténue
et qui portent avec eux, talisman, leur souffrance.

Mais ceci puis-je te dire : pensée, ton effigie
engloutit colères et caprices sous une vague de calme,
et ton aspect vient sourdre en ma mémoire grise,
droit comme la cime d’une toute jeune palme…

***

Ripenso i1 tuo sorriso, ed è per me un’acqua limpida
scorta per avventura tra le petraie d’un greto,
esiguo specchio in cui guardi un’ellera i suoi corimbi;
e su tutto l’abbraccio d’un bianco cielo quieto.

Codesto è il mio ricordo; non saprei dire, o lontano,
se dal tuo volto s’esprime libera un’anima ingenua,
o vero tu sei dei raminghi cue i1 male del rondo estenua
e recano il loro soffrire con sé come un talisman.

Ma questo posso dirti, che la tua pensata effigie
sommerge i crucci estrosi in un’ondata di calma,
e che il tuo aspetto s’insinua nella mia memoria grigia
schietto come la cima d’una giovinetta palma…

(Eugenio Montale)


Illustration: Léonard de Vinci

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Comme ce cloître de rochers (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2015



Comme ce cloître de rochers
qui nous paraît s’effilocher
en fils d’aragne de nuages,
ainsi nos âmes consumées
en qui l’illusion avive
un feu de cendres
se perdent vers l’azur serein
de la lumière, certitude.

***

Come quella chiostra di rupi
che sembra sfilaccicarsi
in ragnatele di nubi;
tali i nostri animi arsi
in cui l’illusione brucia
un fuoco pieno di cenere
si perdono nel sereno
di una certezza : la luce.

(Eugenio Montale)


Illustration

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