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Poésie

Posts Tagged ‘évanouie’

J’ai caché mon coeur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




J’ai caché mon coeur
Au fond d’une pierre
Là-bas, dans un torrent de la montagne,
OEuf-monde en sa coquille bleue,
Invulnérable jusqu’au jour
Où ce galet s’est écrasé,
Puissance et vie évanouies :
Non où tu vis mais où tu aimes, l’âme.

***

I hid my heart
Within a certain stone
In a far mountain burn,
World-egg in its blue shell,
Invulnerable until
That pebble crushed,
Power and life were gone :
Nor where we live but where we love, the soul.

(Kathleen Raine)

 

 

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MITLA (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018


 


 

Mitla Ruins 3

MITLA

Dames du présent et de l’oubli
les fourmis parcourent
les espaces du silence
emportant des grappes de vie
vers le monde des ombres

Comme des vampires aux ailes ouvertes
à l’horizon, se profilent, nébuleux,
les seigneurs émaciés de la mort,
qui ne font pas d’ombre sur le sable,
ni le vent ni l’instant ne les touchent.

Entre les rochers brisés qu’un jour ils détruiront
sur leur cheval ancien qui un jour tombera
sans aucun souvenir des dieux éteints
ni du fleuve impassible changé en bruine
je vois le soleil couchant

Lentes, les ombres descendent
sur les chemins chauves du Mont Alban,
elles voyagent vers l’autre monde
à travers pierres et murets
tremblantes et froides

Dans le jardin délabré au bord d’une tombe
un prêtre desséché dans sa chemise grecque
jette son spectre à la poussière
et trace d’un doigt maigre
les constellations évanouies.

(Homero Aridjis)

Illustration

 

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Elégie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2017



Je t’ai cherchée

Dans tous les regards
Et dans l’absence de regards,

Dans toutes les robes dans le vent,
Dans toutes les eaux qui se sont gardées,
Dans le frôlement des mains,

Dans les couleurs des couchants,
Dans les mêmes violettes,
Dans les ombres sous tous les hêtres,

Dans mes moments qui ne servaient à rien,
Dans le temps possédé,
Dans l’horreur d’être là,

Dans l’espoir toujours
Que rien n’est sans toi,

Dans la terre qui monte
Pour le baiser définitif,

Dans un tremblement
Où ce n’est pas vrai
Que tu n’y es pas.

Je t’ai cherchée
Dans la rosée abandonnée.

Dans le noisetier qui garde un secret
Prêt à s’échapper,

Dans le ruisseau,
Il se souvient.

Dans le bêlement des chevreaux de lait,
Dans les feuilles des haies,
Presque pareilles aux nôtres,

Dans les cris du lointain coucou,
Dans les sous-bois qui vont
Où nous voulions aller.

Je t’ai cherchée dans les endroits
Où la verticale
Voudrait s’allonger.

Je t’ai cherchée là
Où rien n’interroge.
J’ai cherché ces lieux.

Je t’ai cherchée
Dans le chant du merle
Qui dit le passé parmi l’avenir,
Dans l’espace qu’il veut bâtir.

Dans la lumière et les roseaux
Près des étangs où rien ne s’oublie.

C’est dans mes joies
Que je t’ai trouvée.

Ensemble nous avons
Fait s’épaissir le soir

Et dorloté des corps
Impatients de servir.

*

J’ai appris qu’une morte
Soustraite, évanouie,
Peut devenir soleil.

(Guillevic)

Illustration: Georges Jeanclos

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Combien a-t-on fait aux fleurs d’étranges confidences (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Combien a-t-on fait aux fleurs
d’étranges confidences,
pour que cette fine balance
nous dise le poids de l’ardeur.

Les astres sont tous confus
qu’à nos chagrins ont les mêle.
Et du plus fort au plus frêle
nul ne supporte plus

notre humeur variable,
nos révoltes, nos cris -,
sauf l’infatigable table
et le lit (table évanouie).

(Rilke)

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L’invisible poison (Alain Grandbois)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




Les jours
Les jours avec une grande douceur

Glissant dans l’air et sur l’eau

Nouant les chaînes d’oubli
Tissent la tunique de l’absence
Les chansons qu’ils chantaient

Retrouvant l’enfance
Et les matins perdus
Se sont évanouies
Dans les régions foudroyées

Des premiers silences
Ah jours d’ange sournois

Dans quelle musique fatale
Avec votre patience de meurtrier

Versez-vous l’invisible poison

Au cœur le plus fidèle
Qui se réveille assassiné
Devant un trésor recommencé

(Alain Grandbois)

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

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Le temps est un affreux pillard (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2015



 

Jean Delville  047 [1280x768]

Le temps est un affreux pillard

Vos robes légères
vos robes fougère
vos robes de soyeuse écaille
souples et larges auréoles
vos robes étaient des corolles
mouvantes autour de vos tailles

Vos robes de lentes
plissures mourantes
tulipes aux minceurs qui flambent
de chaudes vapeurs indiscrètes
souffles menus d’une voilette
à la caresse de vos jambes

Je les ai tant aimées
dans les autrefois de mon temps
vos robes comme des fumées
sous les vins doux d’autres printemps

De ces candeurs dans leurs regards
que je ne vois bien qu’aujourd’hui
aujourd’hui où il est trop tard
car j’ai largement dépassé mon minuit

Blonds visages dans des foulards
pour des tendresses infinies
vous êtes tout nouveaux je pars
moi qui saurais si bien bercer vos agonies

Ô ma jeunesse évanouie
le temps est un affreux pillard

(Louis Calaferte)

Illustration: Jean Delville

 

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