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Posts Tagged ‘évanouir’

Les planètes s’arrêteront (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (50)

Les planètes s’arrêteront,
Les éléments se mêleront
En cette admirable structure
Dont le ciel nous laisse jouir.
Ce qu’on voit, ce qu’on peut ouïr,
Passera comme une peinture :
L’impuissance de la nature
Laissera tout évanouir.

Celui qui formant le soleil
Arracha d’un profond sommeil
L’air et le feu, la terre et l’onde,
Renversera d’un coup de main
La demeure du genre humain
Et la base où le ciel se fonde :
Et ce grand désordre du monde
Peut-être arrivera demain.

(Théophile de Viau)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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LA SPHÈRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration
    
LA SPHÈRE

Ô la fin heureuse, la fin heureuse
Que la fugue a promise, à quoi l’amour a cru,
Cette étoile parfaite, transfiguration fulgurante,

Où s’est-elle évanouie, à présent que la musique s’est éteinte,
La certitude de l’être, la floraison du coeur,
Nous-mêmes, enfin parfaits, confirmés en ce que nous sommes?

Le monde, le monde changeant reste immobile pendant que les amants s’étreignent,
Puis se remet en mouvement — quelle était notre joie éphémère,
L’extase de la danse, la vision, et la rose?

Il n’y a pas de fin, pas d’achèvement — gestes de la danse, p„tales de fleurs,
Phrases musicales, rayons de soleil, les heures
Se succèdent, et la parfaite sphère
Fait tourner dans nos coeurs le passé, le futur, le proche et le lointain,
Notre âme unique, atome, et univers.

***

THE SPHERE

O the happy ending, the happy ending
That the fugue promised, that love believed in,
That perfect star, that bright transfiguration,

Where has it vanished, now that the music is over,
The certainty of being, the heart in flower,
Ourselves, perfect at last, affirmed as what we are?

The world, the changing world stands still while loyers kirs,
And then moves on — what was our fugitive bliss,
The dancer’s ecstasy, the vision, and the rose?

There is no end, no ending — steps of a dance, petals of flowers,
Phrases of music, rays of the sun, the hours
Succeed each other, and the perfect sphere
Turns in our hearts the part and future, near and far,
Our single soul, atom, and universe.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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A CORPS PERDU (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



A CORPS PERDU

Hurrah! Que notre nuit toujours recommencée
Soit comme une bataille aux aveuglants éclairs
Qui fasse évanouir le jour dans mes yeux clairs!
Et tant mieux si ma mort doit en être avancée !

Redouble de caresse et de rage insensée,
Jusqu’à vider mes os, jusqu’à rompre mes nerfs !
Dans des spasmes pareils au rut fauve des cerfs,
Fais saigner largement mon corps et ma pensée !

Tu peux m’ouvrir le ventre et me casser les reins.
Frappe! Je ne crains pas la mort. Ce que je crains,
C’est que ta soif d’aimer ne soit pas assouvie ;

Et je veux t’enivrer sans fin, jusqu’au moment
Où, les yeux effarés, tu briseras ma vie
Comme un ouvrier soûl brise son instrument,

(Jean Richepin)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

 

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PRESENCE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2016



 

Fidel Garcia - (18)

PRESENCE

Je me suis étendu près de toi cette nuit,
Mais tu n’en as rien su tant j’ai fait peu de bruit.
Ton souffle caressait ma bouche impatiente
Et ton coeur était nu sous ta chair innocente.
Le sang, comme un oiseau dans son arbre blotti,
Chuchotait dans ton rêve et battait à demi.
Le silence n’était qu’une vaste prière;
Mon amour s’écoulait comme une eau sans lumière,
Et l’ombre, en dérobant l’aspect des traits chéris,
Rendait au souvenir plus qu’elle n’avait pris.
Plus subtil et plus doux que neige sur la neige,
Mon corps qui près du tien se précise et s’allège,
Dans l’eau de ton sommeil, nageur triste et discret,
Cherchait à deviner cet ondoiement secret
De ton corps sans liens qui tremble et se replie
Dans un geste d’amour et de mélancolie.

J’aurais voulu, mêlant mon souffle à tes soupirs,
Donner à ton repos la forme d’un désir,
Ou, tel un feu léger me glissant dans tes veines,
Devenir à la fois ton plaisir et ta peine;
J’aurais voulu forcer les portes de ta nuit,
M’établir dans son rêve…

Et, veilleur ébloui,
Penché sur ta beauté comme sur une eau vive,
J’épelais le seul mot dont mon espoir s’avive.

Mais rien ne réveilla ta vague profondeur,
Et le ciel qui tournait sur nous avec lenteur,
En blanchissant au seuil de la neuve journée,
Me fit évanouir ainsi qu’une fumée.

(Luc Decaunes)

Illustration: Fidel Garcia

 

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