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Posts Tagged ‘(Evariste de Parny)’

Naissez, mes vers (Evariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Manuel Gil Perez -  (11)

Naissez, mes vers, soulagez mes douleurs,
Et sans effort coulez avec mes pleurs.

Malgré le temps, fidèle à sa tristesse,
Le seul Amour ne se console pas,
Et ses soupirs renouvelés sans cesse
Vont te chercher dans l’ombre du trépas.
Pour te pleurer je devance l’aurore ;
L’éclat du jour augmente mes ennuis ;
Je gémis seul dans le calme des nuits ;
La nuit s’envole, et je gémis encore.

Vous n’avez point soulagé mes douleurs ;
Laissez, mes vers, laissez couler mes pleurs.

(Evariste de Parny)

Illustration: Manuel Gil Perez

 

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Billet (Evariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Otto Lohmuller 083_otolo

Billet

Apprenez, ma belle,
Qu’à minuit sonnant,
Une main fidèle,
Une main d’amant,
Ira doucement,
Se glissant dans l’ombre,
Tourner les verrous
Qui dès la nuit sombre,
Sont tirés sur vous.
Apprenez encore
Qu’un amant abhorre
Tout voile jaloux.
Pour être plus tendre,
Soyez sans atours,
Et songez à prendre
L’habit des Amours.

(Evariste de Parny)

Illustration: Otto Lohmuller

 

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Que le bonheur arrive lentement ! (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s’éloigne avec vitesse !
Durant le cours de ma triste jeunesse,
Si j’ai vécu, ce ne fut qu’un moment.
Je suis puni de ce moment d’ivresse.
L’espoir qui trompe a toujours sa douceur,
Et dans nos maux du moins il nous console ;
Mais loin de moi l’illusion s’envole,
Et l’espérance est morte dans mon cœur.
Ce cœur, hélas ! que le chagrin dévore,
Ce cœur malade et surchargé d’ennui,
Dans le passé veut ressaisir encore
De son bonheur la fugitive aurore,
Et tous les biens qu’il n’a plus aujourd’hui ;
Mais du présent l’image trop fidèle
Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,
Et sans pitié la vérité cruelle
Vient m’avertir de répandre des pleurs.
J’ai tout perdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté,
Douces erreurs, consolante espérance,
J’ai tout perdu ; l’amour seul est resté.

(Évariste de Parny)

 

 

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J’ai cherché dans l’absence (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



J’ai cherché dans l’absence un remède à mes maux ;
J’ai fui les lieux charmants qu’embellit l’infidèle,
Caché dans ces forêts dont l’ombre est éternelle,
J’ai trouvé le silence, et jamais le repos.
Par les sombres détours d’une route inconnue
J’arrive sur ces monts qui divisent la nue :
De quel étonnement tous mes sens sont frappés !
Quel calme ! quels objets ! quelle immense étendue !
La mer paraît sans borne à mes regards trompés,
Et dans l’azur des cieux est au loin confondue.
Le zéphyr en ce lieu tempère les chaleurs ;
De l’aquilon parfois on y sent les rigueurs ;
Et tandis que l’hiver habite ces montagnes,
Plus bas l’été brûlant dessèche les campagnes.

[…]

(Évariste de Parny)

Illustration: David Caspar Friedrich

 

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Voici le cabinet charmant (Évariste de Parny)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2015



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Voici le cabinet charmant
Où les Grâces font leur toilette.
Dans cette amoureuse retraite
J’éprouve un doux saisissement.
Tout m’y rappelle ma maîtresse,
Tout m’y parle de ses attraits ;
Je crois l’entendre ; et mon ivresse
Ce bouquet, dont l’éclat s’efface,
Toucha l’albâtre de son sein ;
Il se dérangea sous ma main,
Et mes lèvres prirent sa place.
Ce chapeau, ces rubans, ces fleurs,
Qui formaient hier sa parure,
De sa flottante chevelure
Conservent les douces odeurs.
Voici l’inutile baleine
Où ses charmes sont en prison.
J’aperçois le soulier mignon
Que son pied remplira sans peine.
Ce lin, ce dernier vêtement…
Il a couvert tout ce que j’aime ;
Ma bouche s’y colle ardemment,
Et croit baiser dans ce moment
Les attraits qu’il baisa lui-même.
Cet asile mystérieux
De Vénus sans doute est l’empire.
Le jour n’y blesse point mes yeux ;
Plus tendrement mon cœur soupire ;
L’air et les parfums qu’on respire
De l’amour allument les feux.
Parais, ô maîtresse adorée !
J’entends sonner l’heure sacrée
Qui nous ramène les plaisirs ;
Du temps viens connaître l’usage,
Et redoubler tous les désirs
Qu’a fait naître ta seule image.

(Évariste de Parny)

 

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