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Poésie

Posts Tagged ‘évasion’

La méditation n’est pas une évasion (Thich Nhat Hanh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



La méditation n’est pas une évasion
mais une rencontre sereine avec la réalité.

(Thich Nhat Hanh)

Illustration

 

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Complices (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2019




    
Complices

Nous sommes les complices
d’une grande et belle évasion
il y a celui qui aime
celui qui lit
celui qui écrit
celui qui rêve
celui qui refuse
celui qui plante
celui qui marche
celui qui joue
celui qui nie
celui qui apprend
celui qui doute
celui qui se moque
celui qui se saoule
celui qui dit non
nous sommes tous les complices
d’une grande et belle évasion
nous creusons des tunnels
nous tressons des cordages
nous prenons des notes
nous rusons nous savons
que les détours sont nécessaires
qu’il faut esquiver l’ordre des choses
qu’au bout il y a dehors
demain
dedans

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Ton corps dans sa nudité (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



Ton corps dans sa nudité

Ton cœur captif
Rêve d’évasion.
Impudique
Ton corps attire
La clarté nonchalante
D’une lampe qui déplace
Des taches de lumière
Et des ombres furtives
Dans une maison mystérieuse
Où règne une paix passagère
Et dont les vitres fébriles
S’ouvrent sur le mystère des eaux.

Une lumière impassible éclaire
Les contours indécis d’un tableau
Où se profilent tes traits harmonieux
Et ton regard capte des images
Venues d’ailleurs
Peut-être des limites de l’espace.

Alors que j’erre dans l’aube forestière
Tu te livres au repos
Nue dans la sérénité de ton corps.

Notre rencontre scellera
L’union du charme et de l’esprit
Du rêve et de la réalité
Et nous connaîtrons des saisons sanctifiées.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Pascal Renoux

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Evasion (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2019



Evasion

Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours

Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs

J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour

Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: ArbreaPhotos

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D’où viens-tu lumière? (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019


lumière

 

De l’évasion de la nuit
De l’envol de l’ombre qui chavire
De la blessure de la pierre oubliée
Ou de la geste du coeur retrouvé?

(Tahar Bekri)

 

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La poésie crie plus de réalité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



Illustration: René Magritte
    
La poésie crie plus de réalité,
ajoute du réel au réel,
elle est réalité.

Et le poème, qui apparaît ainsi comme une organisation
ou une structure ouverte, intentionnellement incomplète,
puisqu’elle devra se compléter chez le lecteur ou l’auditeur,
s’impose parfaitement à nous comme une présence.
Et c’est le poème comme présence qui va au-delà des affirmations et des explications,
pour configurer cette efficace plus que logique et non discursive qu’est la poésie.

Partant, le poème rompt encore la solitude de l’homme, lui sert de compagnie essentielle
et l’aide à transcender le jeu ténébreux des questions et des réponses.

Voilà pourquoi la poésie est le plus grand réalisme possible,
même si les naïfs, les ignorants et les arrogants la considèrent comme une abstraction,
une évasion ou une velléité subsidiaire de la toute-puissance politique ou idéologique.
Oui, la poésie est le plus grand réalisme possible.

Elle franchit même l’obstacle du nom des choses,
pour les nommer d’une autre façon,
loin du leurre et de l’arbitraire de l’étiquette.
Elle dé-nomme, comme l’ont souligné Roger Munier

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Naissance (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Lyne Le Grand
    
Naissance

J’adore souveraine ce grand nom qui t’éclaire et tremble
Cette ombre
Que dissipe un nuage oublié
Ces grands courants
Adorables où nagent des eaux d’or

Ta nuit te garde claire
Approfondit ta route
J’accueille l’évasion de ta voix de velours
De ta voix émue d’un avenir d’oiseaux

La nuit te garde claire
J’ai souci d’un visage, dans la douceur des pluies
De mains versant une eau aux vasques emplies de pleurs
La nuit te nomme d’abord
Regard, puis rocs, pensée

Dans la douleur première de l’enfant premier-né
Celui qui le voit chante
Celui qui chante est né.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’Âme par moments a besoin d’un Pansement (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018




L’Âme par moments a besoin d’un Pansement —
Quand trop terrifiée pour bouger —
Elle sent monter une Peur horrible
Qui s’arrête pour la regarder —

Et la salue, avec ses longs doigts —
Caresse ses cheveux qui se glacent —
Bois donc, Lutin, aux lèvres
Qu’a survolées — l’Amant —
C’est indigne, qu’une pensée si mesquine
Aborde un — si — beau Thème —

L’âme par moments s’échappe —
Quand brisant toutes les portes —
Elle danse au large, comme une Bombe,
Et se balance sur les Heures,

Comme fait l’Abeille — portée par son délire —
Longtemps Emprisonnée loin de sa Rose —
Qui touche la Liberté — puis ne sait rien de plus —
Que le Midi, et le Paradis —

Les moments où l’Âme se fait rattraper —
Quand, telle une Criminelle on l’emmène,
Des fers à ses pieds ailés,
Et des cadenas, à sa chanson,

L’Horreur l’accueille, à nouveau,
Ces choses-là, la Langue se garde de les braire —

***

The Soul has Bandaged moments —
When too appalled to stir —
She feels some ghastly Fright come up
And stop to look at her —

Salute her, with long fîngers —
Caress her freezing hair —
Sip, Goblin, from the very lips
The Lover — hovered — 0’er —
Unworthy, that a thought so mean
Accost a Theme — so — fair —

The Soul has moments of escape —
When bursting all the doors —
She dances likes a Bomb, abroad,
And swings upon the Hours,

As do the Bee — delirious borne —-
Long Dungeoned from his Rose —
Touch Liberty — then know no more —
But Noon, and Paradise —

The Soul’s retaken moments —
When, Felon led along,
With shackles on the plumed feet,
And staples, in the song,

The Horror welcomes her, again,
These, are not brayed of Tongue –

(Emily Dickinson)


Illustration: William Blake

 

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Jamais d’autre que toi (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Gabriel Bonmati  (22) [1280x768]

Jamais d’autre que toi

Jamais d’autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
En dépit des mutilations d’arbre à la tombée de la nuit
Jamais d’autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
Plus tu t’éloignes et plus ton ombre s’agrandit
Jamais d’autre que toi ne saluera la mer à l’aube quand fatigué d’errer
moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d’orties je marcherai vers l’écume
Jamais d’autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
Jamais d’autre que toi et je nie le mensonge et l’infidélité
Ce navire à l’ancre tu peux couper sa corde
Jamais d’autre que toi
L’aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
Quelle évasion !
C’est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d’un
vert tendre l’ennui des petites filles en présence d’une cage où
s’agite un serin, tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement
déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
Nous passerons d’autres lignes
Jamais jamais d’autre que toi
Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
Et toi jamais d’autre que toi.

(Robert Desnos)

Illustration: Gabriel Bonmati

 

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VERS AMOUREUX (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

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VERS AMOUREUX

Comme en un préau d’hôpital de fous
Le monde anxieux s’empresse et s’agite
Autour de mes yeux, poursuivant au gîte
Le rêve que j’ai quand je pense à vous.

Mais n’en pouvant plus, pourtant, je m’isole
En mes souvenirs. Je ferme les yeux ;
Je vous vois passer dans les lointains bleus,
Et j’entends le son de votre parole.

*

Pour moi, je m’ennuie en ces temps railleurs.
Je sais que la terre aussi vous obsède.
Voulez-vous tenter (étant deux on s’aide)
Une évasion vers des cieux meilleurs ?

(Charles Cros)

Illustration: Irene Belknap

 

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