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Poésie

Posts Tagged ‘éveiller’

Les herbes m’ont dit (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2019



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Les herbes m’ont dit :
« Les fleurs auront la couleur
De larmes d’ivresse
Mais jusque-là reste ainsi,
Ne t’éveille pas fillette ! »

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Le Sonneur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Le Sonneur

Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l’air pur et profond du matin
Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire
Un angélus parmi la lavande et le thym,

Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.

Je suis cet homme. Hélas! de la nuit désireuse,
J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,
De froids péchés s’ébat un plumage féal,

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !
Mais, un jour, fatigué d’avoir en vain tiré,
O Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.

(Stéphane Mallarmé)


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La pierre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

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La pierre

Devant la pierre abandonnée
Fleurie de quelques fleurs fanées,
Juste une croix qui déchire le vent,
Mes souvenirs sont les seuls survivants,
Juste une croix qui déchire le vent,
Mes souvenirs sont les seuls survivants.

Combien faudra-t-il de prières
Devant la pierre au cœur de pierre
Pour éveiller une âme qui s´est tue
Dans l´éternel silence des statues,
Pour éveiller une âme qui s´est tue
Dans l´éternel silence des statues?

Mais rien ne peut plus ranimer
Les cendres mortes et enfermées.
Dessous la pierre nue comme la mort,
Tendre d´amour, plus lourde qu´un remord,
Dessous la pierre nue comme la mort,
Tendre d´amour, plus lourde qu´un remord.

Devant la pierre…

(Georges Moustaki)

Illustration

 

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Berceuse pour chaque jour (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Berceuse pour chaque jour
jusqu’au dernier

Nombreuses fois, nombre de fois,
L’homme s’endort, son corps l’éveille ;
Puis une fois, rien qu’une fois,
L’homme s’endort et perd son corps.

(René Char)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

Illustration: William Bouguereau

 

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Yeux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2019



 

Yeux qui,
croyant inventer le jour,
avez éveillé le vent,
que puis-je pour vous?
Je suis l’oubli.

(René Char)

Illustration: Odilon Redon

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Je resterai celui que vous aimez (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Je resterai celui que vous aimez, que j’aime
Qui ne choisit jamais ce qui doit être à lui.

La clarté, chaque jour, se lève tout au fond
Des écorces nocturnes,
Eveillant des héros sans regard et sans voix,
La clavicule en feu, le givre au bord du toit.

Avec elle qui reste au niveau de la terre,
Ecarte l’aventure
Et brûle jusqu’au soir ce que je sais de moi,
Il n’est besoin de rien, que d’avoir cette fièvre
Et d’entendre en moi-même le lent travail du jour.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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La flûte (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

La flûte

A STEPHANE MALLARME

Au temps du gazouillis des feuilles, en avril,
La voix du divin Pan s’avive de folie,
Et son souffle qui siffle en la flûte polie
Eveille les désirs du renouveau viril.

Comme un appel strident de naïade en péril
L’hymne vibre en le vert de la forêt pâlie
D’où répond, note à note, écho qui se délie,
L’ironique pipeau d’un sylvain puéril.

Le fol effroi des vents avec des frous-frous frêles
Se propage en remous criblés de rayons grêles
Du smaragdin de l’herbe au plus glauque des bois :

Et de tes trous, Syrinx, jaillissent les surprises
Du grave et de l’aigu, du fifre et du hautbois,
Et le rire et le rire et le rire des brises.

(Stuart Merrill)

 

 

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Le but de l’instruction (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019



    
Le but de l’instruction est la fin de l’instruction, c’est-à-dire l’invention.
L’invention est le seul acte intellectuel vrai, la seule action d’intelligence.

Le reste ?
Copie, tricherie, reproduction, paresse, convention, bataille, sommeil.
Seule éveille la découverte.

L’invention seule prouve qu’on pense vraiment la chose qu’on pense,
quelle que soit la chose.

Je pense donc j’invente, j’invente donc je pense :
seule preuve qu’un savant travaille ou qu’un écrivain écrit.

(Michel Serres)

 

Recueil: Le Tiers-Instruit
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mon chant de ce matin (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2019



 Illustration: Josephine Wall
    
Mon chant de ce matin,
même si les hommes n’en gardent pas le souvenir,
avant de disparaître aura éveillé d’autres chants;
mêlé au cours ininterrompu des chants du monde,
son mouvement ne s’arrêtera pas.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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