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Poésie

Posts Tagged ‘éveiller’

Tremblement de l’être (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020




    
Tremblement de l’être quand l’amour nous tient ;
Ravissement de l’être quand l’amour nous porte.
L’éclat du jour est un visage qui éveille,
Et la flamme de la nuit un regard qui veille.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au fils du nomade (Hawad)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

Au fils du nomade

Chausse tes sandales
et foule le sable
qu’aucun esclave n’a piétiné

Éveille ton âme
et goûte les sources
qu’aucun papillon n’a frôlées

Déploie tes pensées
vers les voies lactées
dont aucun fou n’a osé rêver

Respire le parfum des fleurs
qu’aucune abeille n’a courtisées

Écarte-toi des écoles et des dogmes
Les mystères du silence
que le vent démêle dans tes oreilles
te suffisent

Éloigne-toi des marchés et des hommes
et imagine la foire des étoiles
où Orion tend son épée
où sourient les Pléiades
autour des flammes de la Lune
où pas un Phénicien n’a laissé ses traces

Plante ta tente dans les horizons
où aucune autruche n’a songé à cacher ses oeufs

Si tu veux te retrouver libre
comme un faucon qui plane dans les cieux
l’existence et le néant suspendus
à ses ailes
la vie la mort

(Hawad)

Caravane de la soif, traduit de la tamajadht des Touaregs par l’auteur et Hélène Claudot-Hawad, Édisud, 1985.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Des roses sur le toit (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



des roses sur le toit

je reviendrai ici
après cieux et silence
tout entourer d’un bleu de mémoire

y aura-t-il encore de quoi
éveiller un feu

une voix de pluie naît aux branches
mais il n’y a personne
pour effacer les étoiles
avec des paupières

(Jean-François Mathé)


Illustration

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Qui pour prétendre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Qui pour
Prétendre avoir un jour
Fait l’amour
S’il ne sent pas
Le vent dans l’herbe
Qui respire
L’azur
Comme un plongeur
Livré
A l’ivresse des hauts
Fonds

L’eau de pluie
A cloche-pied dans
La marelle d’une flaque
La source
Qui éveille la montagne
Où dort le magma
Paresseux
Sous
La moustiquaire légère
Des galaxies

Qui pour prétendre
A l’amour s’il n’est pas
Le dernier arbre

Avant la porte du désert

(Werner Lambersy)

Illustration: Mathieu Levis

 

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UNE FEE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
UNE FEE

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi.

C’est elle dont le luth d’ivoire
Me redit, sur un mâle accord,
Vos contes, qu’on n’oserait croire,
Bons paladins, si votre histoire
N’était plus merveilleuse encor.

C’est elle, aux choses qu’on révère
Qui m’ordonne de m’allier,
Et qui veut que ma main sévère
Joigne la harpe du trouvère
Au gantelet du chevalier.

Dans le désert qui me réclame,
Cachée en tout ce que je vois,
C’est elle qui fait, pour mon âme,
De chaque rayon une flamme,
Et de chaque bruit une voix ;

Elle, – qui dans l’onde agitée
Murmure en sortant du rocher,
Et, de me plaire tourmentée,
Suspend la cigogne argentée
Au faîte aigu du noir clocher ;

Quand, l’hiver, mon foyer pétille,
C’est elle qui vient s’y tapir,
Et me montre, au ciel qui scintille,
L’étoile qui s’éteint et brille,
Comme un œil prêt a s’assoupir ;

Qui, lorsqu’en des manoirs sauvages
J’erre, cherchant nos vieux berceaux,
M’environnant de mille images,
Comme un bruit du torrent des âges,
Fait mugir l’air sous les arceaux ;

Elle, – qui, la nuit, quand je veille,
M’apporte de confus abois,
Et, pour endormir mon oreille,
Dans le calme du soir, éveille
Un cor lointain au fond des bois.

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi !

(Victor Hugo)

 

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La Belle endormie (Georges de Scudéry)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Alphonse Mucha Art 397 [1280x768]

La Belle endormie

Vous faites trop de bruit, Zéphire, taisez-vous,
Pour ne pas éveiller la belle qui repose ;
Ruisseau qui murmurez, évitez les cailloux,
Et si le vent se tait, faites la même chose.

Mon coeur, sans respirer, regardons à genoux
Sa bouche de corail, qui n’est qu’à demi close,
Dont l’haleine innocente est un parfum plus doux
Que l’esprit de Jasmin, de Musc, d’Ambre et de Rose

Ah que ces yeux fermés ont encor d’agrément !
Que ce sein demi-nu s’élève doucement !
Que ce bras négligé nous découvre de charmes !

Ô Dieux elle s’éveille, et l’Amour irrité
Qui dormait auprès d’elle, a déjà pris ses armes,
Pour punir mon audace et ma témérité.

(Georges de Scudéry)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi (Liu Chang-qing)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



 

    
Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi

Le long du chemin, en maints lieux traversés :
Traces de sabots sur le tapis de mousse…

De blancs nuages entourent l’îlot paisible
Derrière les herbes folles, une porte oisive

Contempler, après la pluie, la couleur des pins
Puis atteindre, au-delà du mont, la source

Une fleur dans l’eau éveille l’esprit du Chan
Face à face : déjà hors de la parole

(Liu Chang-qing)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Eveille les bois (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



Eveille les bois
Du pays voisin

Est-ce le printemps
Qui cherche son nid
Sur la haute branche
Où niche la pie ?

C’est mon coeur marqué
Par d’anciennes pluies
Et ce lent cortège
D’aubes qui le suit.

(René-Guy Cadou)


Illustration: Olga Guyot

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Qui (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Qui

Dans le bleu du ciel, dans le vert des forêts,
quelle main a peint ces rayons de lumière ?
Quand les vents dormaient encore au sein du firmament,
qui les éveilla et leur ordonna de souffler ?

Perdu dans le coeur, dans la caverne de la Nature,
retrouvé dans le cerveau, Il bâtit la pensée ;
tissé dans le dessin et dans l’éclat des fleurs,
saisi dans le réseau lumineux des astres,

Il est la force d’un homme, la beauté d’une femme,
le rire d’un garçon, l’émoi d’une fille ;
et Sa main qui fit tournoyer Jupiter dans le ciel
met tout son art à façonner une boucle.

Tels sont Ses oeuvres et Ses voiles et Ses ombres ;
mais Lui, où est-Il donc ? Par quel nom Le connaître ?
Est-il Brahma ou Vishnu ? Homme ou femme ?
Avec ou sans corps ? Double ou unique ?

Nous aimons un jeune garçon au teint sombre et radieux,
une femme, redoutable et nue, est notre souveraine.
Nous L’avons vu méditer sur la neige des montagnes,
nous L’avons vu à l’oeuvre au coeur des sphères.

Au monde entier nous dirons Ses voies et Son art ;
Il sent l’extase de la torture, de la passion, de la douleur ;
Il jouit de notre chagrin et fait couler nos larmes,
puis à nouveau nous séduit par Sa joie et Sa beauté.

Toute musique n’est que le son de Son rire,
toute beauté le sourire de Sa béatitude passionnée ;
nos vies sont les battements de Son coeur, notre extase les noces
de Râdhâ et Krishna, et notre amour leur baiser.

Sa force retentit dans la sonnerie des trompettes,
c’est Lui qui roule dans le char, qui frappe dans le combat ;
Il tue sans compter et Il est plein de compassion ;
Il combat pour le monde jusqu’à la fin des temps.

Dans la ruée des mondes, dans la houle des âges,
ineffable, puissant, majestueux et pur,
par-delà le dernier pinacle atteint par le penseur
Il trône en Ses royaumes qui demeurent à jamais.

Maître de l’homme et son éternel Bien-Aimé,
Il est proche de nos coeurs, si seulement nous savions Le voir ;
mais notre orgueil nous aveugle et le faste de nos passions,
nous sommes prisonniers de nos pensées, et nous nous croyons libres.

C’est Lui dans le Soleil qui est sans âge et sans mort,
et dans la minuit Son ombre est étendue ;
quand les Ténèbres étaient aveugles et englouties par les Ténèbres,
Il se tenait en elles, immense et solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Carillon à l’aube! (Frederico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020


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Le soleil de ses cent cornes
soulève le ciel bas.

Les taureaux dans la campagne
répètent le même geste.

La grêle frissonnante
qui tombe des vieux clochers

éveille et met en chemin
l’immense troupeau du vent.

Dans la rivière commencent
les batailles de poissons.

Mon âme, fille et garçon.
Silence!!!

(Frederico Garcia Lorca)

Illustration

 

 

 

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