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Poésie

Posts Tagged ‘éventail’

Chaleur (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Chaleur

Dans une éclaircie du ciel
La lumière déploie un éventail
Le soleil donne libre cours à sa colère
Il fait vraiment très chaud
Et nous avons l’impression
Que l’univers entier
Pivote sur lui-même

Ton rire de cristal
Est sur le point de se briser
Tant il éclate
Devant ma mine

Tes seins se soulèvent
Et pointent vers un ailleurs
Dans une clarté trop vive
Qui dilue les formes
Et broie les contours
Nous nous baignons
Dans l’écume du torrent
Pour nous rafraîchir

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Jan Van Beers

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Je l’ai écrit sur une ardoise (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



 Illustration: Marc Chagall
    
Je l’ai écrit sur une ardoise,
Sur les papiers des éventails
Et sur les rives, et sur les berges,
Patins sur glace, anneau sur verre,

Sur des troncs d’arbres centenaires,
Afin que sache le monde entier,
Je l’ai signé en arc-en-ciel,
Oui, que je t’aime, je t’aime, je t’aime !

Comme j’ai voulu que tous fleurissent
Des siècles, en moi et sous mes doigts.
Puis j’ai barré, biffé, rayé,
Front dans les mains — des noms — combien ?

Gravé dans l’or de mon alliance,
Serré au coeur, brûlant le sein :
Ton nom, toi seul, à l’intérieur,
— Table de Moïse — tu demeures.

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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COMMENCEMENT DE L’AUTOMNE (Liu Han)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



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COMMENCEMENT DE L’AUTOMNE

Dans les croassements les corneilles se dispersent
Le paravent de jade plonge dans le silence
L’oreiller neuf offre une fraîcheur
tout comme l’air d’un éventail
A mon réveil après un sommeil je cherche
d’où vient le bruit d’automne
Au clair de lune le perron
est couvert de feuilles de platane

(Liu Han)

Illustration

 

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UNE JOURNÉE D’ÉTÉ DANS LA MONTAGNE (Li Bai)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



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UNE JOURNÉE D’ÉTÉ DANS LA MONTAGNE

Las d’agiter mon éventail à plumes blanches
Tout nu dans les arbres verdoyants
J’enlève mon foulard et l’accroche à un rocher
Le vent circulant entre les pins rafraîchit mon crâne découvert

(Li Bai)

Illustration

 

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Sonnet pour éventail (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Sonnet pour éventail

Stupeur! Derrière moi, sans que j’aie existé,
Semant par l’infini les sphères vagabondes
En les renouvelant de leurs cendres fécondes,
A coulé lentement toute une éternité.

Jamais! Puis me voilà dans la nuit rejeté.
Tout est fini pour moi, cependant que les mondes,
L’autre éternité, vont continuer leurs rondes,
Aussi calmes qu’aux temps où je n’ai pas été.

Juste le temps de voir que tout est mal sur terre,
Que c’est en vain qu’on cherche un coeur à l’univers,
Qu’il faut se résigner à l’immense mystère,

Et que, sanglot perdu, lueur aux cieux déserts,
Pli qui fronce un instant sur l’infini des mers,
L’homme entre deux néants n’est qu’un jour de misère.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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Fantaisie (Pétrus Borel)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Fantaisie

Oiseaux ! oiseaux que j’envie
Votre sort et votre vie !

Votre gentil gouvernail,
Votre infidèle pennage,
Découpé sur le nuage,
Votre bruyant éventail.

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Vos jeux, aux portes du ciel ;
Votre voix sans broderie,
Écho d’une autre patrie,
Où notre bouche est sans fiel.

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans besoin et sans arroi ;
Sans ambition qui ronge ;
Sans bastille où l’on vous plonge ;
Sans archevêque et sans roi !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans nobles, sans conquérants ;
Sans juges à cœur aride ;
Sans famille qui vous bride ;
Et sans héritiers riants !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

Sans honteuse volupté ;
Sans conjugaux esclavages ;
Francs ! volontaires ! sauvages !
Vive votre liberté ! ! !

Oiseaux ! oiseaux ! que j’envie
Votre sort et votre vie !

(Pétrus Borel)

Illustration: Georges Braque

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Pas de transparence (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Pas de transparence
mais l’illumination brève
d’un arbre qui griffe le ciel
une parole que tu prononces
pour contredire l’éventail du soleil.

(Christian Viguié)


Illustration

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Que d’yeux (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Juliette Brigand-Damville 20

Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Etre espère, ont réclamé leurs droits !
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste ?
Oh ! qu’il fait seul ! oh ! fait-il froid !
Oh ! que d’après-midi d’automne à vivre encore !
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre !
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone

(Jules Laforgue)

Illustration: Juliette Brigand-Damville

 

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Complainte d’un certain dimanche (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Complainte d’un certain dimanche

L’homme n’est pas méchant, ni la femme éphémère.
Ah! fous dont au casino battent les talons,
Tout homme pleure un jour et toute femme est mère,
Nous sommes tous filials, allons!
Mais quoi! les Destins ont des partis-pris si tristes,
Qui font que, les uns loin des autres, l’on s’exile,
Qu’on se traite à tort et à travers d’égoïstes,
Et qu’on s’use à trouver quelque unique Évangile.
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Dans ce village en falaises, loin, vers les cloches,
Je redescends dévisagé par les enfants
Qui s’en vont faire bénir de tièdes brioches;
Et rentré, mon sacré-coeur se fend!
Les moineaux des vieux toits pépient à ma fenêtre,
Ils me regardent dîner, sans faim, à la carte;
Des âmes d’amis morts les habitent peut-être ?
Je leur jette du pain : comme blessés, ils partent!
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.

Elle est partie hier. Suis-je pas triste d’elle?
Mais c’est vrai ! Voilà donc le fond de mon chagrin!
Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Son mouchoir me flottait sur le Rhin….
Seul. — Le Couchant retient un moment son Quadrige
En rayons où le ballet des moucherons danse,
Puis, vers les toits fumants de la soupe, il s’afflige…
Et c’est le Soir, l’insaisissable confidence…
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Faudra-t-il vivre monotone?

Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Être espère, ont réclamé leurs droits!
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste?
Oh! qu’il fait seul! oh! fait-il froid!
Oh! que d’après-midi d’automne à vivre encore!
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre!
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone.

(Jules Laforgue)


Illustration

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ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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