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Poésie

Posts Tagged ‘éventé’

Réveil (Malcolm Lowry)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Réveil

L’homme ressemble à un homme qui se lève tard
Contemple l’assiette sale de son dîner
Aussi les bouteilles vides
Toutes lampées dans les larges comment vas-tu d’une nuit
Un verre pourtant contenant encore
Un fond comme sinistre appât
Combien l’Homme ressemble à celui-là
Titubant parmi les arbres rouillés
Allant chercher un déjeuner de pois de sardines
Et de rhum éventé.

***

Eye-Opener

How like a man, is Man, who rises late
And gazes on his unwashed dinner plate
And gazes on the bottles, empty too,
All gulphed in last night’s loud long how-do-you-do,
—Although one glass yet holds a gruesome bait—
How like to Man is this man and his fate—
Still drunk and stumbling through the rusty trees
To breakfast on stale rum sardines and peas.

(Malcolm Lowry)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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En regardant les esquifs à San Sabba (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



En regardant les esquifs à San Sabba

J’entendis leurs cœurs
Crier vers l’amour
Dans le vol des rames
Et les herbes des
Prairies soupirer :
Ah, ne reviens plus!

O cœurs, soupirs d’herbes,
D’amour éventés
Que vos bannerets
Vainement lamentent!
Le vent fou qui passe
Ne s’en revient plus.

***

Watching the needleboats at San Sabba

I heard their young hearts crying
Loveward above the glancing oar
And heard the prairie grasses sighing:
No more, return no more!

O hearts, O sighing grasses,
Vainly your loveblown bannerets mourn!
No more will the wild wind that passes
Return, no more return.

(James Joyce)


Illustration

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Child wife (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Vous n’avez rien compris à ma simplicité,
Rien, ô ma pauvre enfant !
Et c’est avec un front éventé, dépité
Que vous fuyez devant.

Vos yeux qui ne devaient refléter que douceur,
Pauvre cher bleu miroir
Ont pris un ton de fiel, ô lamentable soeur,
Qui nous fait mal à voir.

Et vous gesticulez avec vos petits bras
Comme un héros méchant,
En poussant d’aigres cris poitrinaires, hélas !
Vous qui n’étiez que chant !

Car vous avez eu peur de l’orage et du coeur
Qui grondait et sifflait,
Et vous bêlâtes vers votre mère – ô douleur ! –
Comme un triste agnelet.

Et vous n’aurez pas su la lumière et l’honneur
D’un amour brave et fort,
Joyeux dans le malheur, grave dans le bonheur,
Jeune jusqu’à la mort !

(Verlaine)

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Est-ce le chemin (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Est-ce le chemin
Tournant dans ces arbres éventés
Qu’il faut que j’emprunte ?

***

Is this the dirt road,
Winding through windy trees,
That I must travel?

(Richard Wright)

Illustration: Henri Jannot

 

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