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D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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Cythère (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

Lauri Blank -   (5) [1280x768]

Cythère

Un pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies
Qu’éventent des rosiers amis ;

L’odeur des roses, faible, grâce
Au vent léger d’été qui passe,
Se mêle aux parfums qu’elle a mis ;

Comme ses yeux l’avaient promis,
Son courage est grand et sa lèvre
Communique une exquise fièvre ;

Et l’Amour comblant tout, hormis
La faim, sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.

(Paul Verlaine)

Illustration: Lauri Blank

 

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Instantané (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Instantané

La ribambelle d’oiseaux chante.
Le bois s’en est émerveillé.
L’enfant paysan barbouillé
Court au fleuve, au bas de la pente.

Soleil. Chaleur partout présente.
L’air même en est incendié.
Nul nuage n’a vacillé
Dans le grand ciel que rien n’évente.

Le gamin s’étend près de l’eau,
Le soleil lui brûle la peau,
Puis il se roule dans le sable.

Il voit un caillou plat, le prend,
Le jette en cette eau navigable,
Et puis s’éloigne en sifflotant.

(Attila Jozsef)

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Non jamais le vent ne dira (Muriel Carminati)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



Illustration: Marie Alloy
    
Non jamais le vent
ne dira tout ce qu’il sait
très malin le vent
faisant mine d’éventer
des secrets très bien gardés

(Muriel Carminati)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Cahiers de Poésie Verte
Traduction:
Editions: Friches

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L’amour (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
L’amour

Il est l’errante fuite et l’èternelle attente,
Celui qu’on voit sourire éphémère dans l’eau
Ecartant un moment le fugitif rideau;
La parole des bois que la tempête évente.

C’est en vain qu’on le cherche où son ombre est présente:
Don Juan se drapant aux plis de son manteau;
Roméo soulevant la pierre d’un tombeau,
Il est le revenant dont le secret nous hante,

Et nous, le naufragé périssant sur la nef.
Nulle chair n’a frémi que d’un spasme trop bref;
Ce que vous évoquez, nul coeur ne le possède,
Parfums des ébéniers, montez dans la nuit tiède,

Vers les astres portez mon ténébreux essor:
Bien comprendre l’amour, c’est presque aimer la mort.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le Figuier (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



Le Figuier

Parce qu’il est rugueux et laid
parce que toutes ses branches sont grises,
j’ai pitié pour le figuier.

Dans ma villa il y a cent beaux arbres :
pruniers ronds
droits citronniers
et orangers aux bourgeons lustrés.

Au printemps,
tous se couvrent de fleurs
autour du figuier.

Et le pauvre semble si triste
avec ses branches tordues qui jamais
ne s’ornent de bourgeons serrés.

Alors,
chaque fois que je passe à ses côtés
je dis, en procurant
à mon accent la douceur et l’allègresse :
« C’est le figuier, le plus beau
des arbres de mon jardin. »

S’il m’écoute,
s’il comprend la langue que je parle,
quelle douceur si profonde se nichera
dans sa sensible âme d’arbre !

Et peut être la nuit,
quand le vent évente sa palme,
engourdi de joie, le figuier lui raconte :
« Aujourd’hui l’on m’a dit que j’étais beau. »

***

LA HIGUERA

Porque es áspera y fea,
porque todas sus ramas son grises,
yo le tengo piedad a la higuera.

En mi quinta hay cien árboles bellos:
ciruelos redondos,
limoneros rectos
y naranjos de brotes lustrosos.

En las primaveras,
todos ellos se cubren de flores
en torno a la higuera.

Y la pobre parece tan triste
con sus gajos torcidos que nunca
de apretados capullos se visten…

Por eso,
cada verz que yo paso a su lado,
digo, procurando
hacer dulce y alegre mi acento:
-Es la higuera el más bello
de los árboles en el huerto.

Si ella escucha,
si comprende el idioma en que hablo,
¡qué dulzura tan honda hará nido
en su alma sensible de árbol!

Y tal vez a la noche,
cuando el viento abanique su copa,
embriagada de gozo, le cuente:
-Hoy a mi me dijeron hermosa.

(Juana de Ibarbourou)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

 

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Le moine me donna la rose la plus belle du jardin clos (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



Le moine me donna la rose la plus belle
du jardin clos

et ma cellule brûla de cette étincelle
comme une peau

qu’éventerait très fraternellement l’aile
d’un ange trop beau.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Hier après dîner, trois heures environ (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2016



Hier après dîner, trois heures environ,
Je surpris en dormant dans sa chambre m’amie.
La perleuse sueur de sa face endormie
Allait le long du sein roulante en son giron.

Cupidon l’éventait avec son aileron,
Son sein et sa poitrine était nue à demie,
Tellement qu’on voyait sur sa glace affermie
Ainsi qu’un mont de lait son tétin ferme et rond.

Les Zéphyrs éventaient ses cheveux par ondées.
Je n’osai pas baiser son teint de lys et fraise,
Car si au doux sommeil elle trouvait de l’aise,
Et moi encore plus à la voir sommeiller.

(Jean Godard)

 

 

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Disparition (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016



 

Où m’atteindre, qui ne sais où je suis?
Pourquoi je n’aime la voix que fêlée?
Des yeux que n’évente plus aucun vent.
Ce n’est pas moi, c’est l’autre.

(André Frénaud)

 

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CHANSON DU VANNEUR DE BLÉ (Joachim du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015




Chanson DU VANNEUR DE BLÉ

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez :
J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.
De votre douce haleine
Eventez cette plaine,
Eventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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