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Poésie

Posts Tagged ‘évidence’

Une seule matière (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Carole Moutte
    
Une seule matière

Le mystère de l’évidence
nous a-t-il aveuglés ?
Le réel est une construction
que la matière n’abrite pas.
Le monde indéchiffrable
à jamais nous échappe

et nous constitue.

Le Poème, trace d’une langue
perdue, bloc détaché
de l’oubli premier
à jamais témoigne
d’un amour égaré
dans les replis du Temps.

Une seule matière

nous échappe
et nous constitue :
quelle est sa teneur ?
Le Poème dévoile
sans l’éteindre
l’évidence du mystère.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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La langue oubliée (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019




    
La langue oubliée

Ah si le Secret nous était redonné !

Et si la vérité était l’absence de vérité ?

Et si le secret était dans l’évidence ?

La poésie est la langue oubliée.

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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La nature est un gaspillage (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



La nature est un gaspillage.
La pensée l’est aussi.

Mais il y a, entre elles deux, des ilots de solitude
où parfois se concentre l’oublié,
où l’homme de nouveau peut invoquer l’harmonie.

Bien qu’à l’évidence le gaspillage continue.

(Roberto Juarroz)

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Tout semble si simple (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



    

Tout semble si simple, si parfaitement naturel…
On voudrait briser ce soleil pour voir ce qu’il renferme,
tordre cette pluie, faire parler le silence des animaux…
C’est comme si nous étions les seuls à ne pas savoir le secret
quand tout vivrait dans son évidence.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Claire lumière (Francesca Y. Caroutch)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



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Claire lumière

Carence d’avoir
et surcroît d’être bleu scarabée
Mise en abîme des évidences

Nous sommes les Parques
qui tissons notre propre destinée

Les pensées d’anthracite ou de nacre
ondoient dans un demi-sommeil

La sentinelle a prévenu :
C’est trois jours après la mort
que l’on doit s’éveiller
dans une apocalypse de lumière
Précipite-toi vers la clarté
dans la matrice de l’espace

Le vide ne peut blesser le vide

(Francesca Y. Caroutch)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Le maître d’œuvre (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Le maître d’œuvre

Ce que je ne vois pas dans la lumière de l’amour
je l’ignore.
Je suis passé dans ce monde
sans le voir, sans l’entendre
et je dors près de mes outils.
Quand vous verrez, entre les pins, l’apparition
la plus simple
et la lumière
dans ses habits de pierre sauvage.
Quand vous écouterez du cœur
un peu dure, un peu moqueuse, assez tendre
cette parole qu’elle sait.
Ne serez-vous pas reconnues,
contenues, doucement surprises
femmes de cet univers que j’ignore
par l’amour, la pensée de pierre
et le muscle de l’évidence.

(Henry Bauchau)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Comment la confiance peut-elle vivre ? (Karyn Boyle)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Comment la confiance peut-elle vivre ?

Autour de nous tout s’effondre
et s’effondrera plus encore
jusqu’à ce qu’il ne reste pas pierre
pour soutenir notre pied.
Comment peux-tu croire encore,
toi qui n’as pas d’objet de foi ?
Comment la confiance peut-elle vivre
ainsi, sans aucune racine ?

Est-elle elle-même racine ?
Est-elle elle-même la graine
et l’arbre du monde lui-même croît-il
d’elle ?
En ce cas notre destin réside
chez les cœurs taciturnes.
Pour l’amour de leur silence
le jour peut poindre de nouveau.

Pour l’amour de leur plénitude
le chaos peut fleurir
de la puissance des merveilles – qui se taisent
mais veulent être crues.
Tout peut être brisé.
Il guérira de nouveau
tant que reste vivant
notre germe le plus intime.

Venez, tout ce qui croît intégralement
dans une transparente évidence,
à nous, nous qui comptons
et sommes sur nos gardes,
apprenez-nous que ce jour
où nous cesserons de compter
sera l’accomplissement de notre vie
et notre puissance d’avenir !

(Karyn Boyle)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

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La poésie d’abord c’est l’imprévu (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
La poésie d’abord c’est l’imprévu.

L’imprévu s’inscrit dans la tête, ne se vérifie pas.

Par exemple, le 9 est jaune
— c’est d’abord un étonnement,
puis une découverte
– puis une évidence.

Cet éclair,
cette évidence,
cette certitude,
c’est la poésie.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Merveilles
Traduction:
Editions: L’herbe qui tremble

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On a du mal à être celui (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Illustration: Francis Ray
    
on a du mal à être
celui dont on parle
vite d’évidence sauf
qu’on ne voit pas du tout

mais on ne veut pas gêner
faire perdre du temps

peut-être que celui qui parle
voit parce qu’il est dehors

s’il était dedans
il ne verrait rien

(Antoine Emaz)

 

Recueil: LIMITE
Traduction:
Editions: Tarabuste

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