Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘évider’

Si l’angoisse (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Casey Baugh -   (6)

Si l’angoisse qui nous évide
abandonnait sa grotte glacée,
si l’amante dans notre coeur
arrêtait la pluie de fourmis,
le Chant reprendrait.

(René Char)

Illustration: Casey Baugh

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Comment vous faire appréhender (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Laurent Fièvre
    
Comment vous
faire appréhender
mon désarroi ?

Cette absence
qui évide
mon ventre
à n’en plus
finir ?

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Le visage sans un mot se désagrège (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

le visage sans un mot se désagrège
le cauchemar dans la chair
t’évide centimètre par centimètre

après le naufrage le navire
dent déchaussée
avec la vase ne fait plus qu’un

(Yang Lian)

Illustration: Caroline Duvivier

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’irai plus loin (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Caroline Duvivier
    
J’irai plus loin

—Je ne sens rien de moi crever votre écriture
Je suis la page blanche et l’encre reste en vous.

—J’écris pourtant sur vous Votre corps est ma table
Les mots me sont dictés par votre parchemin.

— Je ne suis pas l’objet que vous croyez décrire
De chair de sang vous évidez ce que je suis.

—Penser à vous s’infuse en mes veines
Que vous n’ayez qu’un sens m’est inadmissible.

—Vous faites bifurquer ce sens imaginaire
De mon fleuve secret vous ignorez le cours.

—Je ne vous quitte plus La nuit je suis la barque
Qui ne pourrait sans vous rompre ses amarres.

—Vous mentez par ma personne interposée
Mais j’habite un miroir où vous êtes éteint.

—J’irai plus loin plus loin pour accoster votre rivage
Ce rivage du corps qui déserta sa peau.

— Vous cherchez un rivage et je ne suis qu’une île
Au grand large du corps que vous ne pouvez voir.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Laisse ta faim t’évider (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



laisse ta faim t’évider
et les eaux du fleuve
viendront glisser
entre tes rives

(Charles Juliet)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hors du vide (Alfredo Casta Monteiro)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

Léon Spilliaert moonlight

hors du vide
un doux écho à la dérive

no ouvido
o eco do ego à deriva

noué au vide
l’égo évide l’écho

eco debido al oído
que el ego vivido olvida

eco em vão
no ouvido do ego à deriva

écho d’une envie vide
rivé à l’ouïe l’égo dérive

eco de envidia
a la deriva en el oído

écho vain rivé au vide
qui évide l’égo

eco do ego vão no ouvido
devido à deriva

rivée au vide
l’ouïe avide d’écho

del ávido oído deriva el eco
oído hueco

no ouvido
o eco vão do ego vazio

vacille l’égo vide
rivé à l’ouïe

vacío el ego vivido
que en el oído deriva

l’ego vacille hors du vide
l’ouïe rivée à l’écho

do ego vazio duvido
duvido do eco oco

eco del ego hueco
que el oído vacía

no ouvido um vazio
o eco do ego é oco

noué au vide vacille l’égo
en échos vains

vano y hueco el ego
y vacío su eco

vazio é o ego cego
e seco o seu eco

échos secs
qui en vain vacillent

vano y vacío el ego ciego
hueco su eco seco

échos d’égo vacillent
et assaillent le vide

olvido vacío
en el eco del ego seco

eco no vazio cego
é oco o eco que sai do ego

assailli l’égo sec
que le vide noue et évide

(Alfredo Casta Monteiro)

Illustration: Léon Spilliaert

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une arête dans la gorge (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2016



Une arête dans la gorge
peut évider la voix.

Mais la voix vide parle aussi.
Seule la voix vide
peut dire le saut immobile
vers nulle part,
le texte sans paroles,
les trous de l’histoire,
la crise de la rose,
le rêve de n’être personne,
l’amour le plus désert,
les cieux abolis,
les fêtes de l’abîme,
la conque brisée.

Seule la voix vide
peut parler du vide.
Ou de son ombre claire.

*

Una espina en la garganta

Una espina en la garganta
puede vaciar la voz.

Pero la voz vacía también habla.
Sólo la voz vacía
puede decir el salto inmóvil
hacia ninguna parte,
el texto sin palabras,
los huecos de la historia,
la crisis de la rosa,
el sueño de ser nadie,
el amor más desierto,
los cielos abolidos,
las fiestas del abismo,
la caracola rota.

Sólo la voz vacía
puede hablar del vacío.
O de su clara sombra.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Odilon Redon

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :