Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘évolution’

HONTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



lllustration: Céline Roussin
    
HONTE

Ils sont partout sur terre
tu les sens dans tes veines
douleur, malheur, présents en toi,
honte de ne pouvoir même les mesurer
savoir passionné où tu t’étouffes jour à jour
en adjurant une improbable évolution
de s’en charger et, tout en feignant de croire
que ta peau pénétrée du rien suffit
à l’harmonie du vivre,
tu regardes à l’horizon les nuages
pâlis se faire peu à peu
larme de jour et fleuve de lumière
puis malgré l’ombre amère au coeur
tu te remets à boire silencieux le goût de vivre

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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En ce temps-là (Max-Henri de Larminat)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



En ce temps-là, les nuages formulaient à chaque instant de nouveaux animaux,
et je lisais dans le ciel l’histoire de la création

Couché dans l’herbe,
il m’arrivait pourtant de m’endormir inconsidérément.
Quelques maillons de l’évolution des espèces
m’échappaient pour toujours.

(Max-Henri de Larminat)


Illustration

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Fins dernières (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



 

Fins dernières

C’est fête aujourd’hui, mon amour,
Je viens frapper à votre porte.
Notre bonheur est de retour :
Vous êtes mort et je suis morte.

Faites-moi, dans ce lit sans draps,
Une place, que je me couche
Entre ce qui fut vos deux bras,
Près de ce qui fut votre bouche.

Nous allons à deux nous plonger
Dans le Grand Tout qui nous réclame
Nos corps vont se désagréger
Pour un effroyable amalgame.

Notre chair, lambeau par lambeau,
Va se dissoudre en pourriture,
Reprise, à travers le tombeau,
Par le creuset de la nature ;

Nos os, par un beau soir d’été,
Tomberont les uns sur les autres…
Ne plus savoir — ô volupté ! —
Quels sont les miens, quels sont les vôtres !

À leur tour ils s’effriteront
En une impalpable poussière
Et tels, enfin, ils monteront
Dans un infini de lumière.

Nos atomes purifiés,
Emportés par le vent qui passe,
Comme en des vols extasiés,
S’éparpilleront dans l’espace.

Et sous les évolutions
D’éternelles métamorphoses
Nous danserons dans les rayons
Où nous ferons fleurir les roses.

(Marie Nizet)

 

 

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