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Poésie

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Les réponses ont pris fin (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



 


    
Les réponses ont pris fin.
Peut-être n’ont-elles jamais existé
et elles ne furent que miroirs
confrontés avec le vide.

Mais à présent les questions ont pris fin aussi.
Les miroirs se sont brisés,
même ceux qui ne reflétaient rien.
Et il n’y a pas moyen de les refaire.

Pourtant,
Peut-être reste-t-il quelque part une question.
Le silence est aussi une question.

Il reste un miroir qui ne peut pas se briser
parce qu’il ne se confronte avec rien,
parce qu’il est à l’intérieur de tout.

Nous avons trouvé une question.
Le silence sera-t-il une réponse aussi ?
Peut-être, à un moment déterminé,
les questions et les réponses sont exactement pareilles.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Le feu m’entoure (Ali Foudah)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
Le feu m’entoure de tous côtés
mon coeur est exactement au centre
Comment ne sentez-vous pas l’odeur de ma chair brûlée ?

(Ali Foudah)

 

Recueil: Adbdellatif Laâbi La poésie palestinienne contemporaine anthologie
Traduction:
Editions: Messidor

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ANGE (Efraín Huerta)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Alexander Anufriev  (2)

ANGE I
L’ange
Au
Garçon d’ascenseur:
« Menez-moi
Au
Dernier
Étage
Après
Je
Poursuis
Seul. »

*

ANGE II
Et
Si
Moi
Je tombe
Que
Je
Ne
Dépasse
Pas
Le
Ciel

*

HAUTEUR

Je suis
Exactement
A
Un mètre
Et 74 centimètres
Au-dessus
Du
Niveau
Du mal.

(Efraín Huerta)

Illustration: Alexander Anufriev

 

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La question est de savoir (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Quand à moi, j’emploie un mot, déclara le Gros Coco d’un ton assez dédaigneux,
il veut dire exactement ce qu’il me plaît qu’il veuille dire…ni plus ni moins.

– La question est de savoir si vous pouvez obliger les mots
à vouloir dire des choses différentes.

– La question est de savoir qui sera le maître,
un point c’est tout.

***

‘When I use a word,’ Humpty Dumpty said, in rather a scornful tone,
‘it means just what I choose it to mean — neither more nor less.’

‘The question is,’ said Alice, ‘whether you can make words mean so many different things.’

‘The question is,’ said Humpty Dumpty, ‘which is to be master — that’s all.’

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions:

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Je n’ai jamais très bien su (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



    

Je n’ai jamais très bien su,
quand je commençais d’écrire un livre,
ou même un poème, n’importe quel texte,
ce que je voulais exactement dire.

Mais c’est l’ignorance de la suite à donner aux premiers mots
qui m’a toujours stimulé.

Pour moi, il n’y a jamais de fin possible à rien,
mais des suites, rien que des suites.

Je ne cesse de commencer le commencement de ce que je ne saurais jamais finir
et que d’ailleurs personne ne saurait achever à ma place.

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

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À certains moments, une joie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
À certains moments, une joie. Quand, écrivant ou
lisant, on se trouve en suspens dans les remous et les
mouvements contraires. Peau vive, tendue entre
dedans et dehors battant synchrones, vibrante d’être
exactement où il faut, sans comprendre, sans plus
désirer maîtriser.

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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LA VIE (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
LA VIE

Le passé n’est pas, mais il peut se peindre,
Et dans un vivant souvenir se voir ;
L’avenir n’est pas, mais il peut se feindre
Sous les traits brillants d’un crédule espoir !
Le présent seul est, mais soudain s’élance
Semblable à l’éclair, au sein du néant !
Ainsi l’existence est exactement
Un espoir, un point, une souvenance !

(Jules Verne)

 

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LE SABLE DANS LA MAIN (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
LE SABLE DANS LA MAIN

On le sentira toujours couler
le sable dans la main :
poing fermé
mince filet
petit tas.

Ce geste machinal
où file avec le sable
quoi d’autre d’exactement
il est toujours le même.

Sauf qu’aujourd’hui j’y pense
laissant couler du sable
de mon poing sur le sable
le plus lentement possible
avant d’ouvrir les doigts.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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J’AURAIS BIEN AIMÉ ÉCRIRE CE MOMENT-LÀ (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
J’AURAIS BIEN AIMÉ ÉCRIRE CE MOMENT-LÀ

Le chat ce matin
nous a regardés longtemps
par la fenêtre de la cuisine.

Ce n’était que lui
et nous n’étions que nous.
Mais il aimait venir nous regarder
derrière la vitre
quand nous dedans le regardions
comme aujourd’hui
nous regarder.

Et j’aurais bien aimé écrire ce moment-là.
Exactement comme lui faisait
avec ses yeux.
Chercher à rendre dans un poème
plus qu’un regard
mais une présence
et une absence tout à la fois.

Mais tu as ouvert.
Le chat a hésité s’est fait prier
il a sauté dans la cuisine.
Et rien ne s’est passé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Ma mortelle dame (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Katsushika Hokusai
    
ma mortelle dame au corps cadavérique

d’une douceur bête exquisément,équipée
(devenant exactement passionnée agrippe

Volontiers en des gloussements de suprême sexe

ma protubérance muette-articulée)
Désirant que mon bel obus vexe

l’intuitif sillon qui se moque…
Et le vif clapotis-de-son-cerveau me mord

tendrement,
comme la lente concession-de-chair

chaude me,Prend;en de plus folles vagues de lumière
sentantbon
parfumées :
d’éclats imprononçables
Arrachés,
au soleil immense(dont le jour bave
sur la nuit—)et l’abrupt navire-de-ses lèvres

se désintègre,en une explosion!mièvre

***

my deathly body’s deadly lady

smoothly-foolish exquisitely,tooled
(becoming exactly passionate Gladly

grips with chuckles of supreme sex

my mute-articulate protrusion)
Inviting my gorgeous bullet to vex

the fooling groove intuitive…

And the sharp ripples-of-her-brain bite
fondly into mine,
as the slow give

of-hot-flesh Takes,me;in crazier waves of light
sweetsmelling
fragrant:
unspeakable chips
Hacked,
from the immense sun(whose day is drooled
on night—)and the abrupt ship-of-her lips

disintegrates,with a coy!explosion

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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