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Poésie

Posts Tagged ‘exalté’

Je porte en moi (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2017



Dédicace
Pour Henri

Je porte en moi, parmi des clartés de vitrail,
Des fleuves étalés, des cités fulgurantes,
Des bouleaux d’argent pur, des prés de frais émail,
Des jardins constellés de lys et d’amaranthes.

Je nourris des dragons en de lointains bercails;
Mais rien ne transparaît du rêve qui me hante;
Je suis ce manuscrit fleuri d’absurdes plantes
Qui recèle à l’abri de mon double fermail,

– Magique parchemin et dont la garde est vierge,
Que nul doigt n’effleura sous sa gaine de serge, –
Des psaumes exaltés et d’amoureux cantiques.

A toi, j’offre aujourd’hui les cités, les chimères,
Le vitrail d’or liquide et le livre mystique
Où repose mon coeur comme en un reliquaire.

(Marie Dauguet)

Illustration: Guy Baron

 

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ICI ET LÀ (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2016



ICI ET LÀ

Figures, oh ! figures !
Et jusqu’aux aériennes faces de nuages,
figures de pierre, de chair,
tracées au crayon, au pinceau,
jaillies de la sève, branches, feuilles, figure
que trace le vol de l’hirondelle,
figure cassée d’un clochard
vous êtes toujours signes, phrases
tombées du grand écritoire invisible
– analphabète, comment ne pas s’échiner à vous lire,
ne pas en être exalté ?

(Paul de Roux)

 

 

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CHANSON EXALTEE EN SANG ET LUMIERE (Serafina Munoz)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



CHANSON EXALTEE EN SANG ET LUMIERE

Je t’aime en cette nuit
mûrie de miracles
de mon temps sans heures,
en cette tour claire qui veille ma vie ;
en cette plage ouverte
où je baigne mes cités d’écume,
mes enfants doux et mes jours hauts.

Je t’aime avec nuages et éclairs,
et avec brume et avec roses,
et avec soleil… et avec mort.
Je t’aime dans le sel et le rire.
Entre l’épine, entre les fleuves violâtres,
dans cet horizon obscur
qui me frotte son limon par les yeux,
entre le sommeil, entre les hirondelles…

Je te sens dans cette épaule de neige
qui me pousse jusqu’au ciel ;
je te tiens serré en moi-même,
chaud,
me descendant les veines entre mon propre sang.
Mes eaux me répètent (lune fixe) ton visage,
et mon corps se trouble de miels ineffables,
et je libère mes cheveux au vent du délire
pour te voir flotter agile et pur.

Le monde me devient intime
entre tes doigts apprivoisés,
homme qui me peuple de papillons.
Je goûte ta pomme
avec une odeur d’ombre et de point du jour
et je bois dans ta voix les yeux de la rosée.

***

CANCION EXALTADA EN SANGRE Y LUZ

Te quiero en esta noche
madurada de milagros
de mi tiempo sin lloras,
en esta torre clara que vigila mi vida;
en esta playa abierta
donde baño mis ciudades de espuma,
mis niños dulces y mis dias altos.

Te quiero con nubes y relámpagos,
y con niebla y con rosas,
y con sol… y con muerte.
Te quiero en sal y risa.
Entre la espina, entre los rios morados
en este horizonte oscuro
que me frota su limón por los ojos,
entre el sueño, entre las golondrinas…

Te siento en este hombro de nieve
que me empuja hacia el cielo;
te tengo apretado en mi misma,
caliente,
bajándome las venas entre mi propria sangre.
Mis aguas me repiten (fija luna) tu rostro,
y se me azoga el cuerpo de mieles inefables,
y me suelto el cabello al viento del delirio
para verte flotar ágil y puro.

El mundo se me hace intimo
entre tus dedos mansos,
hombre que me pueblas de mariposas.
Yo gusto tu manzana
con olor a sombra y a madrugada,
y me bebo en tu voz los ojos del rocio.

(Serafina Munoz)

Illustration

 

 

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Quand je serre, plein de tendresse (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015




Quand je serre, plein de tendresse,
Ton corps si svelte et qu’exalté,
Dans mon étreinte je t’adresse
De doux propos énamourés,
Tu fais s’échapper en silence
Ton corps si souple de mes mains:
Un sourire de méfiance,
Est tout ce que de toi j’obtiens.
Ta mémoire étant sans faiblesse
Pour mes nombreuses trahisons
Tu m’écoutes avec tristesse,
Lointaine, sans attention.
Je maudis les ardeurs traîtresses
Dont fut coupable ma jeunesse,
Les attentes pour rencontrer
Quelqu’un le soir sous les ramures.
Je maudis l’amoureux murmure,
Le vers si habile à charmer,
Les baisers des filles naïves,
Leurs larmes, leurs plaintes tardives.

(Alexandre Pouchkine)

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C’est toi que je préfère, ô ma paisible amante (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2015




Ah non ! je n’aime pas les plaisirs agités,
La folle frénésie et les sens exaltés
Et les gémissements de la jeune bacchante
Quand son corps sinueux qui sur le mien serpente,
Et ses baisers cruels, ses caresses sans frein
Pressent sur mon désir pour en hâter la fin.

C’est toi que je préfère, ô ma paisible amante,
Que tu me rends heureux et que tu me tourmentes
Quand ma prière enfin ayant raison de toi,
Tendre mais sans ardeur tu te donnes à moi,
Quand tu n’écoutes rien et ne réponds qu’à peine,
Froide dans ta pudeur, au transport qui m’entraîne,
T’animant toutefois un peu plus chaque instant,
Partageant pour finir, malgré toi, mon élan.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Pascal Renoux

 

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IL S’EN PASSE DES CHOSES PENDANT QUE VOUS DORMEZ… (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2015



IL S’EN PASSE DES CHOSES
PENDANT QUE VOUS DORMEZ…

Pendant que Dieu montre du doigt
Aux vents les routes de l’espace,
Vois le chêne qui se déplace
Dans ses gros pantalons de bois !

Arrêtez la fuite des arbres
Leurs quadrilles intermittents,
Et vite, changez-les en marbres
Alors qu’il en est encor temps !

Croyez-vous que l’orme s’endorme
Lorsque les volets sont fermés ?
Eh non. Il va voir d’autres ormes,
Tous ceux qu’il a le plus aimés.

Dans les tréfonds des nuits du monde
Immobiles sous la clarté,
Les tilleuls aussi se répondent
De tous leurs parfums exaltés.

La truffe fleure au bas des pierres
Éparse aux taillis maigriots.
La source entr’ouvre ses paupières.
Les sapins frottent leurs griots.

Les buissons dansent sous la lune
Où l’églantier se tend la main.
Des forêts, il n’en est pas une
Qui soit telle le lendemain.

Et toujours cette sarabande
Se bouscule aux quatre saisons
Que les loups désertent en bande
Noire sur l’or des lunaisons.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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