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Posts Tagged ‘excuse’

Il n’y a pas d’excuses (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

longue robe  l

Deux marches, ce sera la distance
pour que mes pieds ne piétinent pas
ta robe et alors deux marches
plus tard j’arriverai
avec un peu de retard
à consommer l’espace
qui reste – ah, pour les mains
il n’y a pas d’excuses –
à les transformer en caresses
les maladresses.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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De vous qui entendez (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Pétrarque    
    
De vous qui entendez, en mes rimes éparses,
Tous ces gémissements dont j’abreuvais mon coeur
Dans les égarements de ma prime jeunesse,
Quand j’étais autre qu’à présent, au moins un peu.

Pour ces écrits, plaintes, ressassements
Ballottés entre vains espoirs, vaine douleur,
J’espère compassion si ce n’est excuse :
N’avez-vous pas souffert l’épreuve de l’amour?

Mais maintenant je vois bien que je fus
De tous la longue fable, et souvent j’ai honte
De moi, quand je médite sur moi-même:

Et de ma frénésie c’est le fruit, cette honte,
Avec le repentir, et savoir, clairement,
Qu’ici-bas ce qui plaît, c’est bref, ce n’est qu’un songe.

***

Voi ch’ascoltate in rime sparse il suono
di quei sospiri ond’io nudriva ‘l core
in sul mio primo giovenile errore
quand’era in parte altr’uom da quel ch’i’ sono,

del vario stile in ch’io piango et ragiono
fra le vane speranze e ‘l van dolore,
ove sia chi per prova intenda amore,
spero trovar pietà, non che perdono.

Ma ben veggio or si corne al popol tutto
favola fui gran tempo, onde sovente
di me medesmo meco mi vergogno;

et del mio vaneggiar vergogna è ‘l frutto,
e ‘l pentersi, e ‘l conoscer chiaramente
che quanto piace al mondo è breve sogno.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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Excuse (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


A la femme tu fais son procès: elle irait toujours d’un homme à l’autre!
Ne la critique pas: c’est d’un homme constant qu’elle poursuit la quête

***

Entschuldigung

Du verklagest das Weib, sie schwanke von einem zum andern!
Tadle sie nicht: sie ucht einen beständigen Mann.

(Goethe)

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Excuse mélancolique (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Excuse mélancolique

Je ne vous aime pas, non, je n’aime personne,
L’Art, le Spleen, la Douleur sont mes seules amours;
Puis, mon coeur est trop vieux pour fleurir comme aux jours
Où vous eussiez été mon unique madone.

Je ne vous aime pas, mais vous semblez si bonne.
Je pourrais oublier dans vos yeux de velours,
Et dégonfler mon coeur crevé de sanglots sourds
Le front sur vos genoux, enfant frêle et mignonne.

Oh! dites, voulez-vous? Je serais votre enfant.
Vous sauriez endormir mes tristesses sans causes,
Vous auriez des douceurs pour mes heures moroses,

Et peut-être qu’à l’heure où viendrait le néant
Baigner mon corps brisé de fraîcheur infinie,
Je mourrais doucement, consolé de la vie.

(Jules Laforgue)

Illustration: Fabienne Contat

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Rien ne dure (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

Monde à la triste figure,
Tout barbote dans l’ordure.
L’excuse est que rien ne dure.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’excuse (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
L’excuse

Je songe à composer un sonnet
sur des dames dévêtues. Une

gentillesse à leur égard
bien entendu.

(Robert Creeley)

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Les mots bleus (Daniel Bevilacqua)(Christophe)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



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Les mots bleus

Il est six heures au clocher de l’église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l’attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu’on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m’élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l’instant fragile
D’une rencontre
D’une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l’appellerai sans la nommer

Je suis peut-être démodé
Le vent d’hiver souffle en avril
J’aime le silence immobile
D’une rencontre
D’une rencontre

Il n’y a plus d’horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu’elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu’on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l’on donne
Sont comme les baisers que l’on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l’instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d’amour sans paroles
N’a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
les mots qu’on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus

(Daniel Bevilacqua)(Christophe)

 

 

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J’aimais le riz (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 

Illustration: Laurent Connabel
    

J’aimais le riz

J’aimais le riz, j’aimais l’intelligence,
j’aimais l’amour mais je ne m’aimais pas.
Les mots sont doux s’ils s’envolent des phrases,
si comme Icare ils fondent au soleil.

Et je suis là, je marche sur la terre
de mon pas lourd. Je vois tant de fantômes
qu’entre eux je glisse en demandant excuse
d’être vivant tout en ne vivant pas.

Quand, libéré, je secouais mes chaînes,
je ne pensais qu’à l’autre me lier.
Oh ! j’ai grand-peur d’être le seul au monde
à ne savoir où poser mon vertige.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Excuse (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Excuse

Aux arbres il faut un ciel clair,
L’espace, le soleil et l’air,
L’eau dont leur feuillage se mouille.
Il faut le calme en la forêt,
La nuit, le vent tiède et discret
Au rossignol, pour qu’il gazouille.

Il te faut, dans les soirs joyeux,
Le triomphe ; il te faut des yeux
Eblouis de ta beauté fière.
Au chercheur d’idéal il faut
Des âmes lui faisant là-haut
Une sympathique atmosphère.

Mais quand mauvaise est la saison,
L’arbre perd fleurs et frondaison.
Son bois seul reste, noir et grêle.
Et sur cet arbre dépouillé,
L’oiseau, grelottant et mouillé,
Reste muet, tête sous l’aile.

Ainsi ta splendeur, sur le fond
Que les envieuses te font,
Perd son nonchaloir et sa grâce.
Chez les nuls, qui ne voient qu’hier,
Le poète, interdit et fier,
Rêvant l’art de demain, s’efface.

Arbres, oiseaux, femmes, rêveurs
Perdent dans les milieux railleurs
Feuillage, chant, beauté, puissance.
Dans la cohue où tu te plais,
Regarde-moi, regarde-les,
Et tu comprendras mon silence.

(Charles Cros)

 

 

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Quelqu’un m’a dit (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




    
L’essentiel

Quelqu’un m’a dit – avec du miel –
Que dans mes poèmes, charmants,
Je négligeais « l’essentiel »
Et que vraiment, vraiment, vraiment…

Et j’ai baissé le nez, confuse,
Me demandant obscurément
Quel est ce crime sans excuse
Digne du plus grand châtiment ?

Qu’appelle-t-on l’essentiel ?
Et quelle est cette faribole ?
Pour moi, c’est un nuage dans le ciel,
Une hirondelle en plein vol,

C’est le ruisseau, c’est la fontaine,
Le conte « il était une fois… »
Des quatre jeudis la semaine
Ou bien la galette des Rois.

Et si je n’ai point de « message »
A vous transmettre gravement,
Pourquoi me déguiser en mage
Et feindre un terrible tourment ?

L’essentiel, c’est que ma Muse
Ne s’ennuyant ne vous ennuie,
Ni que, bêcheuse, elle refuse
De vous distraire un jour de pluie.

(Brigitte Level)

 

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