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Posts Tagged ‘excuse’

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour… (Théodore Agrippa d’Aubigné)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Au tribunal d’amour, après mon dernier jour…

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,
Mon coeur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour,

À la face et aux yeux de la Céleste Cour
Où se prennent les mains innocentes ou pures ;
Il saignera sur toi, et complaignant d’injures
Il demandera justice au juge aveugle Amour :

Tu diras : C’est Vénus qui l’a fait par ses ruses,
Ou bien Amour, son fils : en vain telles excuses !
N’accuse point Vénus de ses mortels brandons,

Car tu les as fournis de mèches et flammèches,
Et pour les coups de trait qu’on donne aux Cupidons
Tes yeux en sont les arcs, et tes regards les flèches.

(Théodore Agrippa d’Aubigné)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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Dessein de quitter une dame (François de Malherbe)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse

Beauté, mon beau souci, de qui l’âme incertaine
A, comme l’océan, son flux et son reflux,
Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,
Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

Vos yeux ont des appas que j’aime et que je prise.
Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté :
Mais pour me retenir, s’ils font cas de ma prise,
Il leur faut de l’amour autant que de beauté.

Quand je pense être au point que cela s’accomplisse
Quelque excuse toujours en empêche l’effet ;
C’est la toile sans fin de la femme d’Ulysse,
Dont l’ouvrage du soir au matin se défait.

Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire
De me l’avoir promis et vous rire de moi.
S’il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire
Et s’il vous en souvient, vous n’avez point de foi.

J’avais toujours fait compte, aimant chose si haute,
De ne m’en séparer qu’avecque le trépas
S’il arrive autrement ce sera votre faute,
De faire des serments et ne les tenir pas.

(François de Malherbe)

Recueil: Poèmes par coeur
Traduction:
Editions: Seghers

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Ta jeunesse rose qui sentait si bon (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Konstantin Razumov   39052

Ta jeunesse rose qui sentait si bon

Au bout de la rue
tout au fond
comme éclose
tu arrivais rose
d’avoir trop couru
tu sentais bon

J’aime t’avoir vue
ton air blond
et confuse
avec des excuses
que je n’ai pas crues
tu sentais bon

Où ai-je perdu
tout au fond
comme enclose
au milieu des choses
du temps révolu

Ta jeunesse rose
qui sentait si bon

(Louis Calaferte)

Illustration: Konstantin Razumov

 

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Baguenaude en quête de baisers (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2019



 

Baguenaude en quête de baisers

Cette baguenaude en quête de baisers
qui prolonge les visites et jamais ne conclut
et puis s’échine à inventer des excuses,
ma spécialité, ma spécialité.

Hors de moi en amour,
de moi-même exclue,
nécessité rapide,
c’est ça le salut.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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Il n’y a pas d’excuses (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

longue robe  l

Deux marches, ce sera la distance
pour que mes pieds ne piétinent pas
ta robe et alors deux marches
plus tard j’arriverai
avec un peu de retard
à consommer l’espace
qui reste – ah, pour les mains
il n’y a pas d’excuses –
à les transformer en caresses
les maladresses.

(Patrizia Cavalli)

Illustration

 

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De vous qui entendez (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Pétrarque    
    
De vous qui entendez, en mes rimes éparses,
Tous ces gémissements dont j’abreuvais mon coeur
Dans les égarements de ma prime jeunesse,
Quand j’étais autre qu’à présent, au moins un peu.

Pour ces écrits, plaintes, ressassements
Ballottés entre vains espoirs, vaine douleur,
J’espère compassion si ce n’est excuse :
N’avez-vous pas souffert l’épreuve de l’amour?

Mais maintenant je vois bien que je fus
De tous la longue fable, et souvent j’ai honte
De moi, quand je médite sur moi-même:

Et de ma frénésie c’est le fruit, cette honte,
Avec le repentir, et savoir, clairement,
Qu’ici-bas ce qui plaît, c’est bref, ce n’est qu’un songe.

***

Voi ch’ascoltate in rime sparse il suono
di quei sospiri ond’io nudriva ‘l core
in sul mio primo giovenile errore
quand’era in parte altr’uom da quel ch’i’ sono,

del vario stile in ch’io piango et ragiono
fra le vane speranze e ‘l van dolore,
ove sia chi per prova intenda amore,
spero trovar pietà, non che perdono.

Ma ben veggio or si corne al popol tutto
favola fui gran tempo, onde sovente
di me medesmo meco mi vergogno;

et del mio vaneggiar vergogna è ‘l frutto,
e ‘l pentersi, e ‘l conoscer chiaramente
che quanto piace al mondo è breve sogno.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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Excuse (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


A la femme tu fais son procès: elle irait toujours d’un homme à l’autre!
Ne la critique pas: c’est d’un homme constant qu’elle poursuit la quête

***

Entschuldigung

Du verklagest das Weib, sie schwanke von einem zum andern!
Tadle sie nicht: sie ucht einen beständigen Mann.

(Goethe)

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Excuse mélancolique (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Excuse mélancolique

Je ne vous aime pas, non, je n’aime personne,
L’Art, le Spleen, la Douleur sont mes seules amours;
Puis, mon coeur est trop vieux pour fleurir comme aux jours
Où vous eussiez été mon unique madone.

Je ne vous aime pas, mais vous semblez si bonne.
Je pourrais oublier dans vos yeux de velours,
Et dégonfler mon coeur crevé de sanglots sourds
Le front sur vos genoux, enfant frêle et mignonne.

Oh! dites, voulez-vous? Je serais votre enfant.
Vous sauriez endormir mes tristesses sans causes,
Vous auriez des douceurs pour mes heures moroses,

Et peut-être qu’à l’heure où viendrait le néant
Baigner mon corps brisé de fraîcheur infinie,
Je mourrais doucement, consolé de la vie.

(Jules Laforgue)

Illustration: Fabienne Contat

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Rien ne dure (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

Monde à la triste figure,
Tout barbote dans l’ordure.
L’excuse est que rien ne dure.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’excuse (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
L’excuse

Je songe à composer un sonnet
sur des dames dévêtues. Une

gentillesse à leur égard
bien entendu.

(Robert Creeley)

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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