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Posts Tagged ‘exhiber’

Je la connais (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 


    
Je la connais

Le tintement de l’heure au sommet des églises
scande un pas solitaire et mon ombre perdue
se débat sur les murs en sursauts de pendu
la nuit vient maquiller la maigre fiancée grise

si je dors elle arrive et tempête chez moi
si je dis le vin bon elle brise mon verre
si je gagne au bonheur elle envoie d’un revers
rouler le jeu je ne sais plus ce que je crois

si je serre une main elle crache dessus
si je montre le blanc elle exhibe le noir
elle brille et s’aiguise à la meule du soir
elle rit elle danse et je suis son bossu

ma sans-sommeil ô ma grinçante
ma questionneuse ma rusée
ma radoteuse ma butée
mon frein brûlé ma folle pente

je suis ta chose et tu me hantes
toi le marteau qui sans fin plantes
dans mon étau les treize coins
des questions de ta question.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Chaque geste comprend une portion de destin (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Chaque geste comprend une portion de destin
et c’est pourquoi tous exhibent
une dose surprenante de nécessité
qui semble peser de son poids propre.

Néanmoins,
il doit exister une autre unité de mesure
pour calculer avec précision
la quantité de destin de chaque geste.

Et ainsi de chaque mot,
qui est un geste verbal,
de chaque image visible,
qui est un geste fait de la substance même du regard,
de chaque signe qui nous frôle
et qui n’est qu’un fil de la trame de l’air.

Même un accident est un geste du destin,
peut-être une hyperbole du destin,
comme un emportement de son lyrique excès.

Et même le hasard est un geste du destin,
le seul peut-être qui rassemble tous ses pouvoirs,
comme un bouquet détaché dont les fleurs se répandent.

Car le destin lui-même a besoin
de liberté pour improviser.

(Roberto Juarroz)

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Le besoin de sens (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



Le besoin de sens, comme une maladie qui emprisonne les hommes et consume leur vie.

Mais si Diogène, dans l’assemblée des doctes, exhibe le corps d’un simple hareng…
Si, devant tous les courtisans, l’enfant désigne la nudité du roi…

Le sérieux du sens, le sérieux du jeu.
Mais, pour unique ressource vis-à-vis du monde, la joyeuse candeur
qui, en toutes choses, nous dévoile le trésor du non-sens.

Cette lucidité merveilleusement respirable,
cette légèreté immensément transparente.

(Gérard Pfister)

Illustration: Jules-Bastien Lepage

 

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Il ne faut pas exalter (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Il ne faut pas exalter
les hommes de mérite
afin de ne pas éveiller
de ressentiments.
Il ne faut
ni priser les biens rares,
car ce serait inciter au vol,
ni exhiber les choses enviables,
pour ne pas troubler les coeurs.
Aussi,
le Sage,
dans son gouvernement,
fait le vide dans le coeur de ses sujets.
Il détruit en eux
désir et passion
qui peuvent les troubler,
mais veille à bien les nourrir.
Il doit affaiblir leur volonté
tout en fortifiant leur corps.
Il doit obtenir
que le peuple soit ignorant
mais satisfait
et que la classe cultivée
n’ose agir.
S’il pratique le non-agir,
l’harmonie est préservée.
L’ordre est maintenu.
L’empire gardé.

(Lao Tseu)

 

 

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Et ces nombres ânonnés dans le rêve (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2016



pano causse Changefège  arbres  d'or [800x600]

Et ces nombres ânonnés dans le rêve ne délimitent rien
Le territoire du cœur déroule sa pente
Je connais cet ami, si je mords cette bouche
(chaque automne la terre du causse
exhibe ses rouges : merveille de lumières rasantes
quand l’incandescence s’enivre de surenchère)

(Cédric Le Penven)

Illustration

 

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