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Posts Tagged ‘exigence’

Lorsqu’est souveraine et haute la pensée (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018




J’impose à mon esprit altier l’exigence assidue
De la hauteur, et au hasard je laisse,
Et, à ses lois, le vers;
Car, lorsqu’est souveraine et haute la pensée,
Soumise la phrase la cherche,
Et le rythme esclave la sert.

(Fernando Pessoa)

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MAINTENANT, ICI (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Sanchez Elohim 
    
MAINTENANT, ICI

Dans la chambre, il y a du soleil,
une fleur persiste,
une main cherche
l’histoire de l’autre.
Le temps nous emporte.
Unique exigence de sa part.

***

JETZT HIER

Im Zimmer ist Sonne,
eine Blume bleibt,
eine Hand sucht
die Geschichte der anderen.
Die Zeit nimmt uns hin.
Ihr einziger Anspruch.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Quels mots trouver (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



    

Quels mots trouver
qui dénoueraient tes tensions
te videraient de ton angoisse
apaiseraient ce qui te ronge

quels mots trouver
qui te clarifieraient
te révéleraient à toi-même
transformeraient ton regard

des mots
qui activeraient ton sang
germeraient dans ton corps
renforceraient tes racines

des mots
qui t’éveilleraient
à la plus haute exigence

te donneraient
le pouvoir de t’aimer

te pousseraient
au-devant de la vie

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Ma liberté (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Jean-Pierre Augier_enlacés [1280x768]

Ma liberté

Ma liberté
Longtemps je t´ai gardée
Comme une perle rare
Ma liberté
C´est toi qui m´as aidé
A larguer les amarres
Pour aller n´importe où
Pour aller jusqu’au bout
Des chemins de fortune
Pour cueillir en rêvant
Une rose des vents
Sur un rayon de lune

Ma liberté
Devant tes volontés
Mon âme était soumise
Ma liberté
Je t´avais tout donné
Ma dernière chemise
Et combien j´ai souffert
Pour pouvoir satisfaire
Tes moindres exigences
J´ai changé de pays
J´ai perdu mes amis
Pour gagner ta confiance

Ma liberté
Tu as su désarmer
Mes moindres habitudes
Ma liberté
Toi qui m´as fait aimer
Même la solitude
Toi qui m´as fait sourire
Quand je voyais finir
Une belle aventure
Toi qui m´as protégé
Quand j´allais me cacher
Pour soigner mes blessures

Ma liberté
Pourtant je t´ai quittée
Une nuit de décembre
J´ai déserté
Les chemins écartés
Que nous suivions ensemble
Lorsque sans me méfier
Les pieds et poings liés
Je me suis laissé faire
Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

Et je t´ai trahie pour
Une prison d´amour
Et sa belle geôlière

(Georges Moustaki)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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DIEU ÉCRIT DROIT (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
DIEU ÉCRIT DROIT

Dieu écrit droit avec des lignes courbes
Et la vie ne se vit pas en ligne droite
En chaque cellule de l’homme sont inscrites
La couleur des yeux et l’acuité du regard
Le dessin des os et le contour des lèvres
C’est pour cela que tu te regardes dans le miroir
Et que dans le miroir tu te cherches pour te reconnaître
Mais en chaque cellule depuis le début
Fut inscrit le signe véhément de ta liberté
Car tu fus créé et tu dois être réel
N’oublie donc jamais ta très austère ferveur
Ton exigence de toi parmi
Les miroirs déformants les désastres les détours
Pas un seul moment tu ne peux perdre
La ligne musicale de l’enchantement
Qui est ton soleil, ta lumière, ton aliment

***

DEUS ESCREVE DIREITO

Deus escreve direito por linhas tortas
E a vida não vive em linha recta
Em cada célula do homem estão inscritas
A cor dos olhos e a argúcia do olhar
O desenho dos ossos e o contorno da boca
Por isso te olhas ao espelho :
E no espelho te buscas para te reconhecer
Porém em cada célula desde o inicio
Foi inscrito o signo veemente da tua liberdade
Pois foste criado e tens de ser real
Por isso não percas nunca teu fervor mais austero
Tua exigência de ti e por entre
Espelhos deformantes e desastres e desvios
Nem um momento só podes perder
A linha musical do encantamento
Que é teu sol, tua luz, teu alimento

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

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Être l’Être (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017


Et parce que la souffrance est une force,
la nuit de l’attente mène à la sagesse.

Qui peut-être plus homme que l’homme lui-même?

L’exigence du constat se mue en prière.

Désir puissant d’être profond,
d’être l’Être.

La profondeur ne se gagne pas, elle n’a pas de
profondeur, on ne la cerne pas en la plaçant devant soi,
comme quelque chose à atteindre.

(Raphaële George)

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Difficile d’imaginer une passion sans poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Rogelio de Egusquiza
    
Difficile d’imaginer une passion sans poésie
comme il est impensable de croire que la poésie se fait sans passion.

On peut écrire des mots et même des vers sans que ce soit de la poésie.

La passion est une flamme intérieure
qui transporte la vie vers les cimes les plus hautes
tout en ayant en elle l’autre versant, la chute.

La poésie est cette exigence qui tend vers l’absolu.
En ce sens elle est impossible.

Nous nous contentons
de ce qui s’approche de ce mystère
avec rigueur, avec humilité.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Épris d’un pays (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2017



 Illustration: Robert Cattan

    

Épris d’un pays que nous avons bâti
à la mesure de nos erreurs,
de nos détresses, de nos dénis,
nous avançons, endettés par une vie
qui ne nous restituera jamais les espoirs
que nous lui avions concédés.

Quel chemin s’accordera à notre marche,
à nos exigences ?

Jusqu’où l’horizon nous mènera-t-il,
quand il serait vrai que notre image
s’est abîmée en nous ?

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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Te voilà verbe (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Te voilà verbe

Te voilà verbe en face de mon être
un poème en face de moi
Par une projection par delà moi
de mon arrière-conscience
Un fils tel qu’on ne l’avait pas attendu
Être méconnaissable, frère ennemi.
Et voilà le poème encore vide qui m’encercle
Dans l’avidité d’une terrible exigence de vie,
M’encercle d’une mortelle tentacule,
Chaque mot une bouche suçante, une ventouse
qui s’applique à moi
Pour se gonfler de mon sang

Je nourrirai de moelle ces balancements.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: André Nadal

 

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